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Ictère ini&te.
La présence simultanée des deux matières colorantes (biliphéine, hémaphéine) est décelée par la teinte particulière, indécise, sale, que l’acide nitrique communique à l’urine, le mélange du brun et du vert donnant une couleur intermédiaire de feuille morte.
Plusieurs de ces classifications , ainsi qu’on a pu facilement s’en convaincre, n’onl qu’une base toute étiologique , c’est-à-dire constituent une simple énumération des causes internes ou externes. Celle de Murchison, que son étendue nous a empêché de transcrire, est également dans ce cas. Mais Murchison, homme pratique, avant tout, et paraissant faire peu de cas des résultats expérimentaux (ce qui est un tort réel, à nos yeux), n’affiche du moins aucune prétention à édifier une classification physiologique.
D’autres ont un caractère mixte, comme celle de Frerichs.
Quant à celles qui ne sortent pas des données de la physiologie pathologique, elles participent nécessairement des nombreux desiderata de ces données. Toutefois, il est juste de rendre hommage aux tentatives persévérantes et ingénieuses de maîtres érudits qui, comme M. le professeur Sée, par exemple, s’efforcent de resserrer de plus en plus les liens étroits qui devraient unir indissolublement la physiologie et la pathologie.
Quant à la classification de M. le professeur Gubler, elle est d’une simplicité réellement séduisante, et ce mérite la recommande d’autant plus, que la confusion et la complexité sont grandes ailleurs. Or, ce qui est obscur au fond, n’est pas la vérité en général. De plus, un cachet vraiment clinique s’attache aux résultats préconisés par M. Gubler ; mais cette classification embrasse-t-elle tous les faits et surtout toutes les formes d’ictères?
Quoi qu’il en soit, nous estimons que la science attend encore une classification définitive de l’ictère,
suffisamment compréhensive, et basée sur des données ayant le caractère de vérités scientifiques. Les recherches modernes prouvent que l’on est engagé dans la véritable voie du progrès, et nul doute qu’elle ne finisse par être parcourue ; jusqu’alors il est permis de la considérer comme un terrain fortement remué, sans doute, mais où il n’est pas encore possible de récolter définitivement. Il y a donc encore place pour les vitalistes purs dans la question des théories doctrinales sur l’ictère ; et peut-être n’est-ce pas là un trop grand mal, ne fùt-ce que pour la pondération des pouvoirs...., en fait de doctrines médicales.
Ce n’est pas à dire que les résultats obtenus à la faveur des recherches à la fois expérimentales et cliniques, et sur lesquels nous avons, autant que possible, insisté, soient stériles pour ce qui est des applications nosolog’iques et pratiques. Le diagnostic, le pronostic, la thérapeutique peuvent respectivement y puiser une part réelle d’avantages.
Le diagnostic , à part les signes cliniques proprement dits, trouvera des éléments efficaces dans les données fournies par les réactions complètes ou incomplètes dans l’urine, pour la détermination de l’ictère vrai ou bilieux, ou de^l’ietère faux, autrement dit hématique, quelles qu’en soient les variétés. Cette détermination une fois faite, on comprend facilement ce qui peut en résulter pour le pronostic ; puisque c’est habituellement dans les ictères d’origine hématique que l’on rencontre les formes graves, on pourra dès lors se tenir dans l’attente de phénomènes insolites et de la plus haute gravité, surtout dans les cas où les ac-
cidents nerveux n’ont pas ouvert la scène, ce qui arrive quelquefois.
Ces renseignements puisés dans l’étude physiologique de l’état morbide, s’ils n’ont pas encore donné à la thérapeutique des moyens assurés de prévention ou de curation, n’en sont pas moins précieux pour inspirer des indications importantes en vue des accidents graves auxquels il est permis de s’attendre, indications auxquelles les ressources delà matière médicale actuelle peuvent assurément permettre de satisfaire; mais, sur ce point, les études physiologiques constituent la véritable voie du progrès, et les esprits y sont trop sérieusement engagés aujourd’hui pour que la thérapeutique, qui ne peut avoir une autre base rationnelle, ne trouve tôt au tard son véritable appui dans les résultats obtenus.
Arrivé au terme ce ce travail, nous tenons à déclarer que si, à part les imperfections obligées d’une aussihâtiveconfection, il renferme quelquesomissions, quelques lacunes même, elles sont le fait de notre volonté et ne doivent pas nous être imputées à erreur, Nous nous sommes expressément attaché à faire porter notre étude sur des faits fondamentaux, formant relief, en quelque sorte; et à laisser de côté les phénomènes accessoires plutôt capables d’obscurcir que d’éclairer cette étude déjà très-difficile par ellemême. En cela, d’ailleurs, nous nous sommes conformé au précepte posé par un maître 'dont nous respectons hautement l’autorité et la compétence :
« L’œuvre du théoricien, dit M. Gubler(l), exige un double travail : d’abord dégager les phénomènes
(1) De la Cyrrhose, etc., thèse, p. A.
fondamentaux des circonstances accessoires qui peules obscurcir ou les dissimuler, en reconnaître la véritable nature et en démontrer la succession dans un certain ordre; ensuite expliquer, à l’aide des faits généraux, les rapports de causalité qui unissent les uns aux autres ces phénomènes successifs et déterminent leur mode d’évolution. »