L. BOtVEAlLT
gîque par M. Cn* RicnEx, Il a constaté qu'elle étaîL à peu pr^s
eus.,
tuait
sans action
assez rapidement les lapins tuberculeux.
Il est difficile de comparer son énergie avec celle de la fameuse tuberculinedu savant allemand ; car M, Kocn opérait sur des cobayes avec de la tuberculine humaine, landîs qu'il s'agit ici de la tuberculine aviaire sur des lapins.
Les eaux-mt^res alcooliques ont été réunies aux alcools de lavage du précipité obtenu par Talcool à 60", le tout est distillé pour retrouver l'alcool, puis évaporé au bain-marie à refus. 11 reste une masse visqueuse, brune» û laquelle j'ajoute assez d'alcool; fort pour que la masse contienne 75 p. 100 d'alcool; il se fait un nouveau précipité très abondant cette fois, mais qui, au lieu d'être solide et blanc, est brun et visqueiïx. Ce précipité hivé à l'alcool à î)5" se colore à peine, je Tai redissous dans Teau et J'ai constaté qu'il contenait une trfes forte quantité de peptones.
Les eaux-mères alcooliques de ce précipité ont été traitées comme les précédentes, mais l'extrait correspondant a été traité par Talcool à 90'\ Il se dépose encore un précipité huileux insoluble dans Talcool à celte concenlration, qui a été lavé, séparé et redissous dans une petite quantité d'eau, J*ai constaté que cette portion insoluble dans lalcool à 90*^ possédait des propriétés voisines de celles de la portion insoluble dans l'alcool à 75'', elle contient également une forte teneur en peptones* Ces deux solutions aqueuses précipitent l'une et Tautre le chlorure mercuriquo et réduisent k froid le nitrate d'argent ammoniacal. Le précipité mercurique décomposé par rhydrogène sulfuré donne une solution d'un brun noir d'où il est absolument impossible de séparer le sulfura de mercure.
Enfin la solution dans l'alcool fort est évaporée à moitié et décomposée parla moitié do son volume d'étber; il se produit immédiatement deux couches; la supérieure, éthéro-alcooliquc; rinférieure contenant de Teau, de la g^lycérine et des
sels. En effet la glycérine est fort peu soluble dans Téther, surtout si celui-ci est quelque peu humide.
La couche de glycérine est séparée, concentrée au bainmarie et redissoule dans Teau, la solution éthéro-alcoolique est distillée et traitée à nouveau par un peu d'alcool et beaucoup d*éther; il se dépose une seconde fois de la glycérine que Ton sépare, et la solution éthérée est traitée de même. Il reste à la fin une solution éthérée contenant une petite quantité de matières en solution et entre autres une petite quantité d'un composé très odorant, insoluble dans Teau et qui semble être un acide gras.
Nous avons donc en définitive séparé notre bouillon en 5 portions :
i® Précipité insoluble dans alcool à 60° 2» — — — 75°
4° Précipité insoluble dans Talcool étliéré. 5« Partie soluble dans l'alcool éthéré.
Chacune de ces portions sera soumise à l'analyse physio- • logique, mais cette partie de ce travail n'est pas encore achevée.
La portion (S) semble être très faiblement toxique pour les animaux tuberculeux, elle est d'ailleurs inoffensive pour les animaux sains. C'est dans cette partie que j'ai recherché la créatinine, car c'est là qu'elle se trouverait s'il y en avait, vu sa très grande solubilité dans l'alcool et dans l'éther; je n'en ai pas trouvé trace.
Étude des corps des bacilles.
M. HAMMERScHLAf;, dout j'ai déjà cité le nom à propos du dosage dans le bouillon de culture de la tuberculose humaine, a fait des bacilles une étude chimique très intéressante.
L BOUVEAULT.
11 a soigneusemoQt séparé les bacilles du bouillori, les a lavés, d'abord à Teau, puis à Tacide acélique; il a fait ensuite un dosage d'eay. Il a trouvé que dans ces cas le bacille humide perdait 88,7 p* 100 de son poids par la dessiccation, dans un autre cas 83,1 p. 100.
Le bacille desséché a été ensuite repris par un mélange d'alcool et d*éther, ce dissolvant a enlevé dans uo cas :283 p. 100, dans l'autre 26, â p. lût) de la quantité tulale. L^auteur a constaté que ce produit soluble était constitué par des graisses, un peu de lécithine, mais sans cholestérine. II a fait enfin Fanalyse élémentaire de la partie insoluble dans TalcooL II a trouvé :
H ^ 8,07 Aïst^ 9,e9 Cendres = 8
Cette analyse montre» par sa faiblesse en azote, que ce
produit est un mélange d'une matière albuminoïde, et d'une matière non azotée, qui est la cellulose.
En effet en reprenant la masse insoluble dans Talcool éthéré par la potasse à 1 p. 100, on a pu dissoudre une ma* lière albuniinoïde donnant toutes les réactions habituelles, (acide xantboprotéique, réactif de Millox, réactif de Tanret). Il reste un résidu qui constitue la cellulose; en elTet, il se disssout dans l'acide sulfurique concentré en donnant une solution qui réduit la liqueur de Fehling.
M. Hammerschlag attachail un grand intérêt à rextraction de la lécithine qui n existe pas dans les autres bacilles, A côté de la lécithine et de la graisse, se trouve dans l'extrait alcoolo-élhéré une matière toxique que Ton peut en extraire au moyen de 1 eau. Ce poison agit à faible dose sur les animaux et les tue assez rapidement.
J'ai elfectué sur le bacille de la tuberculose aviaire des recherches analogues, quoique moins complètes. J'ai con^ staté que le bacille, chauffé pendant deux h trois jours à 50"
avec une solution de soude à iO p. iOO se dissout presque entièrement. La liqueur a été ensuite filtrée au filtre Ghambekland, elle avait pris une forte odeur de mélhylamine qui est probablement duc à la décomposition de la névrine do la lécithine.
La liqueur filtrée, additionnée de quelques gouttes d'un sel cuivrique, prend une magnifique coloration d'un rose violacé.
Enfin la solution alcaline acidifiée par l'acide sulfurique donne un précipité floconneux qui se dissout partiellement dans l'éther, mais qui se dissout entièrement dans la potasse. Ce précipité est un mélange d'un acide gras et d'une matière albuminoïde.
En somme, on voit que le bacille de la tuberculose aviaire semble, par sa composition chimique, tout à fait analogue à celui de la tuberculose humaine; les dédoublements qu'il accomplit dans le bouillon sont également' de même ordre, mais les composés qu'il produit sont infiniment moins toxiques.
Afin d'extraire du corps même du bacille la toxine que j'y supposai contenue, je m'y suis pris d'une manière difi^érente de celle indiquée par M. IIammersctilag. J'ai traité par la soude à 10 p. 100, je l'ai presque neutralisée par l'acide sulfurique et j*ai terminé la neutralisation par l'acide carbonique, puis j'ai abandonné le tout dans le vide au-dessus de l'acide sulfurique. Il s'est fait, au bout d'un certain temps une abondante cristallisation de sulfate de soude, les eauxmères quand on les juge assez concentrées, peuvent être avantageusement employées pour l'étude physiologique de la toxine. Le sulfate et le bicarbonate de soude qui se forment avec cette dernière étant sans action sur l'organisme à faible dose. L'étude physiologique n'a pas encore été faite.
l. BOLIVEAULT.
Coocîtisions.
La comparaison des analyses du bouillon, avant et après la culture, m'a monlré que. quand cotte dernière se faisait dans do bonnes condilions, la tleslruetion des matériaux fixes atlri^naît prosqui* la moitié du résidu fixe total.
Comme aliment non azoté le bacille consomme presque exclusivement do la glycérine, et est presque sans action sur le sucre de canne. Pour ce qui est des aliments azotés, un peut conclure des dosages que j ai fails que les divers produits sont d'autant plus facilement assimilés par lui qu'ils sont plus simples, et que Tammoniaque ou une aminé peut en être plus facilemenl dégagée.
J'ai démontré qu'il existait dans le bouillon normal de Fammoniaque en ([nantit é assez faible, 0^%3 par litre environ. Celte ammoniaque est, ou simplement à Tétai do sel,ouàrétat de combinaison avec la matière organique, mais combinaison assez instable pour qu'une solution étendue de baryte et la température de tïiV puissenl la mettre en liberté. Or celte ammoniaque a disparu après la culture. La créaline et la créatinine sont susceptibles de fournir de 1 ammoniaque sous des aclions iiydraïîniles assez faibles; je n'aî pu en retrouver dans le bouillon cultivé.
Au contraire les substances azotées dans lesquelles l'azote est lié assez solidemenl au reste de la molécule pour ne former de l'ammoniaque qu'en présence d'actions hydratantes énergiques, ne sont attaquées que lentement et incomplètement par le bacille. C est le cas de la sa reine, et des diverses matières albuminoïdes qui se trouvaient dans le bouillon primitif (gélatine et peplone},'
LU
IIISTORIOUE «IBUOGRAPIIIE THÉORIE ET FAITS
Par M. Charles Richet.
On mo permettra de résumer brièvement Torigine de cette hématotliérapie qui a eu une si rapide fortune. Les faits nombreux dont je donne plus loin la bibliographie assez complète indiquent qu'un grand effort a été fait de tous côtés par nos contemporains pour trouver dans le sang des animaux vaccinés ou réfraclaires un remède ou un vaccin aux maladies virulentes. Certes il y a maintenant encore dans Thématothérapie appliquée à la médecine plus d'espérances que de réalités. Mais les espérances sont grandes, et elles s appuient sur des faits positifs qui ne sont ni contestables ni contestés.
En 1881, comme je faisais, en qualité d agrégé de la Faculté de médecine, mon cours de physiologie à la Faculté, en parlant du sang et des substances chimiques contenues dans le sang, désignées sous le nom très vague de matières extrac- /{'re^, j*indiquai la grande importance de ces substances si peu connues, et je rappelai à cette occasion une belle observation, toute récente, de M. Chauveau, sur la résistance des moutons
CHARLES lUCHET.
al g «'«riens au charbon. Alors que les montons français succombeol tonJDurs à l'inocnlalion «charbonneuse, les moulons algériens résistent \ A quoi peut tenir celte dilférence, sinon au sang et aux matières extractîves contenues dans le sang? Qui sait, disais-Je alors, si rinjecLion du sang d'un mouton algérien à nn mouton français ne le rendrait pas rebelle à Tinoculation cliarboniieuse? Ce serait une bien intéressante expérience t\ tenter.
Cette expérience a été faite quelques années plus tard par mon ami M, Rondeau, qui avait été mon préparateur pour le cuursdepliysiologie. Il rafaite/ilcstvrai. on peu autrement que je Ta vais indiquée, et dans des eôndilïons qui ne me semblent pas très favorables, 11 a injecté à un mouton du sang de chien, animal, comme on sait, à peu près réfractaire au charbon, et il a inoculé ce mouton avec du charbon ; mais Texpél'ieuce échoua, et le mouton transfusé avec du sang de chien mourut.
Il est évident que M, Rosheau a eu le grand mérite de faire le premier une expérimentation tlirerlo; mais, comme son essai ne réussit pas, il semble que loul ce qu'il pouvait conclure de son unique expérience, comme il a sans floute conclu alors, c^est que le sang des animaux réfractaires, transfusé à des animaux non réfractaires, ne leur confère aucune immunité.
Aussi bien cette expérion«*e ne fut-elle publiée que beaucoup plus tard, après que la démonstration de l'efficacité de riiématothérapie eut été faite. {>2t) novembre 181)0. HulL de la Soc, (le BiùL)
A vrai dire, une idée émise dans un cours, un projet d'expérience, ou une expérience qui n'a pas réussi, voire même une expérience qui a réussi et qui n'est pas publiée, rien de tout cela ne constitue une priorité quelconque. Par conséquent je puis dire que la première démonstration de riiématothérapie a été thinnéo par M. IIkhicoî rt et moi dans
1. Compleê refutuê de VAcad» des sciences^ f AHO, t. CXf, p. 33m
llÉMATOTUKItAIME EN GÉNÉRAL.
une noie que M. Ver.xeiiil a présentée à l'Acadéinie des sciences le 5 novembre 1888, noie qui a pour litre : De la transfu* sion pfirifnnéaii' et de t immunité quelle confère,
Yoîf i par quelle série d'expériences nous avons été conduit à cette expérimentation.
Nous avions quelques mois auparavant trouvé sur on chien une tumeur cancéreuse, qui contenait un niicrorganisnie un peu difîéreni du Staphyfococcits pyogenes alhits. Ce staphylocoque, que nous appelâmes S, pf/osepticus^s>Q montra très toxique pour le hipin, el au contraire assez inoilensif pour le chien. Puisque le chien est réfraclaire, on peut sans doute rendre le lapin réfractaîre en lui transfusant du sang de cliien. C'est ce que nous tenlAmes, d^aburd par la tranfusion intra-veineuse qui échoua, puis par lu Lranslnsion péritonéale ; el |nous eûmes la joie de voir guérir les lapins transfusés, alors que les lapins témoins étaient tués par le staphylocoque.
Voici, à titre de document, une expérience que je donne textuellement, telle qu'elle a été publiée en 1888.
a Le 4 octobre, 7 lapins sont inoculés avec 4 goutles de culture de S, pf/osepiicus : 6 ont reçu, quaraute-liuit heures auparavant, du sang de cbien dans le périloine. Le lémoin meurt moins de vingt heures apri^s Tinoculation. Des 6 autres, l\ meurent, Tun, cinquante heures, Taulre soixanle-dix heures^ le troisième, quatre-vingt-dix heures après Tinoculatîou. Les trois autres survivent; ils sont encore vivants aujourd'hui.
i* Four expliquer Hnconstance apparente de ce résultat, il faut remarquer que le sang transfusé a été pris à deux sources dinérentes : 1" sang d'un chien intact; les lapins qui avaient rcru ce sang n*out pas résisté à l'inoculation; T sang d'un chien ayant subi quelques mois auparavant des inocidations de S. ptjoseptkm. Les trois lapins qui avaient reçu ce sang ont tous trois résisté à Tinoculation du S, pyosepticus.,. Il nous semble donc assez probable que le sang des chiens inoculés précédemment avec le X. pyoseptifus, puis absolu-
CHARLES RIGHET,
ment guéris^ coofère une immuaité plus coraplr*to que le sang des chiens înlacls.,. »)
Et iiou?^ terminions par la proposition stiivanle qui résumait nuire pensée, et que les expériences nUérieures, tant des autres observateurs que de nous-mêmes, ont démonlrée Atre exacte :
n Cette influence du sîing de chien, donnant aux lapins une sorte d'immunité pour les maladies auxquelles résiste le chien, s*étend peut-être à «rautres microrgauismes (le charbon^ la tuberculose). Nous poursuivons nos recherches dans ce sens. >
Il ne paniîl pas qu'il y ait lieu, après cette citation, de douter que nous n*ayons alors non seulement démontré par un premier exemple que le sang des animaux réfraclaires ou immunisés contient des principes qui donnent l'immunité, maiîî encore, par une généralisation assez. légitime, élahli sur une premit'^re hase expérimentale le principe même de rhématolhérapie.
Avant de rapporter quelques-unes des découvertes qui ont suivi, faisons un retour en arriére; car certaines observations et expériences peuvent (Hre considérées comme analogues; et uouo devons les mentionner.
D'abord ou peut invoquer la simple transfusion du sang faîte dans un bul thérapi'utique; et cette première tentative remonte au xvu" siècle, à Dems qui essaya de guérir un fou en lui transfusant du sang d*agneau. Mais évidemment cela n'a qu'un lointain rapport avec Vhêma(hoivrapif* ff immunisaù'on, qui a pour hut d'apporter un élément chimique qui s*oppose au développement d*une maladie infectieuse.
Il en est de même pour les transfusions qui ont pour objet de remédiera Thémorragie, à Tanémie, aux empoisonnements divers, l'apport d\ui nouveau sang étani destiné à suppléer au sang qui fait détaul chez l'animal transfusé.
Je ne peux rapporter ici les cas, assez nombreux, dans
HF'MATOTHÉftAPIE EN r.ÉNÉRAL,
lesquels la transfusion a été pratiquée au cours de la phtisie pulmonaire; car il s'agissait tle donner des forces k Forganisme épuisé, de restituer du san;^ perdu dans des hémoplisies; et d'ailleurs, à Tépoque où ces opénilioiis oui été pratiquées, la nature bacillaire de la tuberculose n'avait pas été encore démoulrée. Ces observations, empruntées à rarticle tt lilood ï* do Y Indes Caia/ôf/ue, et à l'article de M. de rtr.uNA qui a paru daus les Archives de phijsiologle^ iSTlK p. 43 et 353, t. III, ont été reprodnites dans la thèse de M. DelaxglfJ.
On remarquera qu Viles ne sont accompagnées d*aucuno étude expérimentale; en etïet ce sont des faits empiriques où la théorie de rimmunisation par le sang des réfractiures ou des vaccinés, n'avait pas même étt^ soupf^onnée. Le sang était considéré comme un aliment réparateur, ou bien comme un reconstituant des hématies faisant défaut à un organisme anémié.
Nous devons attacher plus d'importance aux expériences sur la transmission de la vaccine par le moyen du sang.
M. Raynalîii, éludiantles efTotspatliogéniqtiesdola transfusion, arriva à un résultat intéressante Une génisse en éruption vaccinale fournit par la veine jugulaire ISÛ grammes de sang qui furent transfusés dans la veinejugulaire d'une autre génisse, vierge de cowpox; 28 jours après, on tenta de vacciner celte génisse sans succès. Ainsi la transfusion avait produit Timmuuité chez Tanimal récepteur de sang vaccinal. M. Uw^Auti lit alors quelques essais pour transférer, si possible, rinimunité vaccinale par le sang chez des enfants. Mais il n*obtint que des résultats négatifs, et iF semble attribuer son insuccès &la trop petite quantité de sang trafisfusé.
Reste donc son unique expérience sur la génisse. Eh bien! elle est très ditrérenle des expériences d*hémalothérapie
1. Thèse de doctorat de Parts, 18!) 1, p. 119, « ConU'ibuiion îi IV>lude ph}- [■•iologique et thérapeutique du sérum. >*
2. Comptent rendue de l'Acaiff^mie des nciencen, T, miirn 1877 et Hevuc nvn* sueite de médecine el de ehirut'gie. 1817, t. I, p. 21T.
îm
CHAHLES RICHET.
telles que nous les comprenons aujourd'hui ; car il avait pris comme animal transfuseur un animal en pleine maladie aigûe, et par coiiséquenl introduit, en mrme temps que le sang, des microrganismes vivants et actifs. Il faut admettre» en effet, avec M. Chalîvkau, que, quoiqu'il n*y ait pas beaucoup de germes mîcrol>îques dans le sang, cependant il en existe, et sans doute assez pour donner non une maladie intense, mais une maladie attihiuée, suflîsant à amener TtHat ré frac taire.
Ce qui confirme cette opinion, ce sont les plus récentes expériences de MM. Sriuus, Cuambon et MÉNAttr»* qui, en tninsf usant la presque totalité du sang d'un veau ayani rimmuni té vaccinale, mais n'étant plus en puissance de maladie, dans la veine d*un autre veau, ne purent à ce dernier conférer aucune immunité.
Ainsi la très intéressante tentative de M. Haynaud ne peut rien prouver; car, en transfusant le sang d\m animal en éruption vaccinale, il a sans doute donné la maladie vaccinale elle-même, et alors rien de surprenant qu'il ail en même temps conféré rimmunité.
D'autres expériences, faites dans une toute différente direction, allaient exercer une grande influence sur la marche des idées en hémato thérapie.
En 1884, un élève de M, StiHMTDT, à Dorpat, M. Gkohmann* montrait que le plasma sanguin, sans intervention de globules blancs ou rouges, exLorçait une action nocive sur les microrganismes- Il put constater que le B, anthraris diminuait de virulence (sur les lapins), après avoir été au contact du plasma do sang.
En 1887 y un médecin hongrois, M, Fodor, dans une communication faite à TAcadémie hongroise des sciences de
K Hidl. f(r la Soc, de BioL, 20 di^c. 1890.
2. Vnt} par M, Luharsch, m Uber die baklenenvernichierulen EigenachEifleii "iufcs. V, CfftUrdihh f. BakL, 2ti oci. 18S0, t. VI, p. \%i. Je n m pas pu me rer ia Lht^»c de M. Grobmann,
des Blufcs prorm
HÉMATOTHÉHAPIE EN GÉNÉRAL. 239
Budapest^ le âl juin, montrait que le sang a la propriété de détruire les bactéries; et il opposait cette puissance chimique du sang à Tingénieuse hypothèse de M. Metcumkoff sur la phagocytose, et à une autre théorie de M. Wyssokovitch qui attribuait au foie et à la rate la propriété de détruire les microbes injectés dans le système circulatoire (Wyssokovitch, Zeitsch. fiïr Htjgiene, 1886, t. I, fasc. 1, p. 45).
L'année suivante M. Nijitall, élc^ve de M. Flugge, dans un travail important, démontra, mieux que ne l'avaient fait ses prédécesseurs, M. Gboumann et M. Fodor, cette puissance bactéricide du sang. (Bakterienfeindliche Ëinlliisse des thierischen Kiirpers. Zeitsch, fiïr Hyf/iene, 1888, t. IV, p. 353.} Mais c'était toujours pour combattre l'opinion de M. Metsch- NiKOFF sur la phagocytose, et il ne semble pas qu'il ait fait quelque expérience in vico, ni mt^me proposé d'en faire ; car son but était uniquement l'étude de celte importante question de bactériologie générale : Comment les microbes meurent-ils dans le sang ou on les a injectés ?
C'est, comme on le voit, tout autre chose que [de dire : Le sang cTun animal réfractaire ou immunisé confère tétat dimmunité.
Après ce travail de Nuttall, parurent de très nombreux mémoires sur Taction bactéricide du sang. Mais il me paraît inutile de les mentionner ici ; car c*est une question qui est assez différente du principe de T hématothérapie. Il suffira de consulter le Centralblatt fiïr Bakteriologie et le Jahresberichte fur Lehre der pathogenen Microrganisnien de M. Baumgarten pour se rendre compte combien aujourd'hui cette question a été souvent étudiée dans d'excellents mémoires, notamment par M. BucHNER, M. Ludarscii et M. IIankln. D'ailleurs ces divers travaux sont tous postérieurs à l'année 1888,
Ainsi donc, — en laissant de côté les expériences in vitro