C. — Exprh'iences suf lescobaijes et les pigeons
Les cobayes el les pîgeoas sont tués par le Slaph^jlococcus pyosfiptîcHs. PeuWlre sont-llfl un peu moins sensibles que les lapins; mais sur les pigeons, ce qui est remarquable, c'est la rapidité avec laquelle se déclarent les accidents.
Le 20 juin 1888, on injecte à 10 heures du niatio une culture virulente à 3 pigeofii* pesaiïl : 2t>0, BO et 230 grammes : XX i^outtes au premier; V au second et l au troisième* Le premier meurt à 4 h. 30 minutes; le deuxit^me meurl à »» heures; le troisième survit^ mais il présente des lésions ulcérulives très étendues*
Des conditions de la virulence du Staphylococcus pyoseptlcns.
La virulence du Staphfjlocorcus pf/osepficns, si Ton opère sur un lapin neuf, ni transfusé ni vaccinéj dépend de difTé-
rentes causes ;
i** De la composition du bouillon de culture ;
2" De la durée de celte culture ;
3'^ De la température à laquelle il a été cultivé.
V Elle est maximum avec un boiiîUon de bœuf, prt^paré à froid et contenant 2 p. 100 de peptone pure.
S*' Elle est maxinioni quand la durée de la culture est de 40 à 48 heures,
3*^ Elle est maximum quand la température de la culture est entre 37", 5 et 38'.
La dose injectée ne semble pas exercer d'iniUience prépondérante. Avec des liquides très virulents la mort survient parfois aprt's injection d'une seule goutle. Même, dans quel-
UN MICROBE PYOGÈNE ET SEPTIQUE. 281
ques cas, la mort survient plus vite par Tinjectlon de faibles doses que par Tinjection de fortes doses. Les expériences suivantes vont le prouver.
EXPÉRIENCKS I ET II.
Le 0 août 1888, on injecte ù un lapin II gouttes, à un autre IV gouttes d'une môme culture ; ils meurent tous deux dans Ja nuit du 7 août.
Expériences III, IV et V.
Le 20 août on injecte à 2 heures à un lapin I goutte, à un autre II gouttes, à un troisième III gouttes.
I^ lapin qui a reçu une goutte meurt dans la nuit du 20 au 21 ; les deux autres meurent plus tardivement dans la nuit du 21 au 22 août.
Expériences VI et VII.
Le i" août, on injecte à 2 heures à nn lapin IV gouttes, à un autre lapin VIII gouttes de la mAme culture. Celui qui a reçu IV gouttes meurt le 2 août à 2 h. 30 minutes; celui qui a reçu VIII gouttes meurt le même jour à 4 h. 30 minutes.
Expériences VIII, IX et X.
Le 22 juin, on injecte à 3 lapins : XIII, XI el IX gouttes de la même culture. Celui qui a reçu XI gouttes meurt, les 2 autres survivent.
Expériences XI, XII et XIII.
On injecte à un lai)in I goutte, ù un autre VI gouttes, à un autre XII gouttes. Celui qui a reçu I goutte meurt, les 2 autres survivent.
Expériences XIV, XV et XVI.
Le 17 décembre, on injecte à un lapin A XL gouttes, à un lapin B XX gouttes; k un lapin C IV gouttes; à un lapin D, 1 goutte. Le lapin D survit, les 3 autres mourent; mais c'est le lapin C qui meurt le premier le second jour, tandis que le lapin A et le lapin B meurent plus tardivement ; le lapin A le 4« jour, le lapin B le 7« jour.
On peut dire que, lorsque la culture du Staphylococcus pyosepticm est faite dans do bonnes conditions, la mort doit survenir en moins de 48 heures, après inoculation d'une goutte. S'il n'en est pas ainsi, c'est que la culture n'a pas atteint son maximum de virulence.
J. ÎÏÉRICOrRT ET rif, BTCIÎET,
Reste à expliquer comment une dose petite amène plus sûrement la mort qu'une dose forte. Nous ue prétenJoos pas en donner une explication adéquate: toutefois le fait suivant, souvent observé, nous permet de faire une hyj»othèse à cet égard.
(Jnandj au bout de 2 heures environ après rinoculalion, on ensemence im liouillon de culture avec quelques gouttes du liquide df* Fénorme o-déme qui s'est développé au Heu même de rinoculatîon le Siaph/iococcus pijosrpncm se cultive sans qu'on obsen^e aucun changement morphologique. Mais le microbe parait s'être régulièrement atténué; il esl devenu très peu virulent, et, inoculé de nouveau à tics lapins, il n*amène plus qu'un faible œd^^me et n'est plus mortel.
Ainsi, après deux beures de séjour dans Torganisme du la I lin, le Sfaphijlococrus pyosepticm s'est atténué ; les liquides de l'organisme du lapin ont exercé sur sa vitalité une inlluence destructive et l'ont, par an [>rocédé chimique quelconque, atténué d'abord, puis anéanti.
On peut donc supposer que, si la quantité de liquide injecté est considérable, elle provoque une sécrétion plus active d'un liquide atténuateur et, par cooséquent, une destruction phïs rapide.
Mais il ne faut pas que la quantité du liquide virulent soit trop forte, car alors la mort survient très rapidement.
C est là assurément une hypothèse, mais ce qui n'est pas une hypothèse, c*est ce tait paradoxal, qu'on tue plus rapidement et plus sûrement avec une dose de 111 gouttes qu'avec une dose de VllI gouttes,
Entiu nous devons reconnaître que, malgré tous nos elTorts pour roconstiluor la virulence de notre slaphf/lacoqut^ nous Tavons vu successivement croître, puis décroître, Klle a été maximum vers la fin d'août 1888; une dose d une goutte tuant en 18 heures, puis, successivement, cette virulence a diminué, si bien qu'à présent nous obtenons encore d'énormes œdèmes, mais rarement la mort rapide de ranimai.
UN MICROBE PYOr.ÈNE ET SEPTIQUE.
De la vaccination contre les effets du Staphylococcus pyosepticus.
Nous ne donnerons pas ici toutes les expériences de début par lesquelles nous avons pu établir qu'on peut vacciner par le Staphylococcus pyosepticus contre le Staphylococcus pyo^ septicusj mais seulement les faits les plus démonstratifs.
KXPÉRIENCK I.
Le 27 août i888, à 10 heures du matin, on inocule avec IV gouttes un lapin vacciné, et, avec I goutte de la môme culture, un lapin non vacciné. Le lendemain la tumeur du lapin non vacciné est énorme ; il meurt à 3 heures.
Le lapin vacciné a un œdème gros comme une petite noisette; sa température est, le 28 août, de 39«,7;>; le 20 août de 30*>5; et le 30 août de 30<*,0:>; il a, au lieu de rinjection, une petite tumeur de la grosseur d'un pois et survit.