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HÉMATOTHKRAPIE ET THANSFL*STON HÉRITONKALE. 295
On voit par là que, pour np pas délermioer la morl du lapin, il ne faut pas injecter pluîî de 40 grammes par kilogramme. C'est là encore une assez forte «iose, et il faut se contenter d'une dose moyenne de *iû à *U> grammes.
Il faut savoir aussi que la mortalité varie dans une assez large étendue suivant la nature du chien Iransfuseur. Un lapin a survécu H jours à une transfusion de 59 grammes; un autre, après transfusion de 7Û grammes, a vécu 3 jourSj alors que presque toujours ces fortes doses déterminent la mort en quelques heures. Dix lapins ont survécu à des doses de KO, 49, 15, 44, 43, 42, 41, 40, 40 et 40 j^rammes de sang, tandis que quatre sont morls en moins de ï24 heures après transfusion de 44, 44, 40 et 40 grammes de sang.
L*expérience suivante montre bien qu1l y a, pour le sang de chaque chien transfuseur, une toxicité spéciale que, faute de mieux, et jusqu'à plus ample informé» nous pouvons attribuer à la qualité chimique du sang injecté. Le 4 janvier, douze lapins sont transfusés, quatre avec du sang d*un chien à jeun depuis 0 jours, quatre avec du sang d'un chien nourri exclusivement avec de la viande, quatre avec du sang d'un chien nourri avec du pain. Les quantités de sang injecté étaient rigoureusement les mômes. Or, le 16 janvier, deux des lapins du premier loL étaient morts ; nulle mort pour les autres lots.
Soit 100 le poids initial de chaque lot le 4 janvier ; ce poids était, le 16 janvier, de 42 pour le premier lot (chien a jeun), lOripour le second lot (cliien à la viande), 92 pour le troisième lot (chien au pain).
D'ailleurs il nous a suffi de retracer dans chaque expérience la courbe des poids quotidiens chez les lapins transfusés pour voir que les sangs des divers chiens sont de qualité bien différente. En effet, certains sangs font baisser énormément le poids des lapins, tandis que d'autres, mt^me à dose plus forte, ont une action bien moindre.
Puisque le sang a disparu du péritoine au bout de quelques
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jours, il s'ensuit qu*on peut recommencer la transfusion sur le mémo kpin h plusieurs reprises. Mais il faut avoir soin de ne pas trop rapprocher la seconde injection de la première^ car alors les eiïets loxifjues s'accumulent. Si Ton laisse quelques semaines d'intervalle, la nouvelle transfusion se comporte exactement comme la première.
Nous citerons, entre autres expériences, un lapin qnî a reçu, le 19 novembre 1888, 2o grammes de sang (par kilo- ^amme) ;
Le 1^2 décembre, 27 j^rammes de san^ ;
Lo 2 janvier 1889, 32 ijrammes de sang;
Le 21 janvier, là grammes de sang ;
Le 19 février, 28 grammes de sang.
Ce qui fait, en trois mots, lechilTre assez considérable de 124 grammes do sang étranger. Il a très bien guéri de ces diverses transfusions,
E. De diverses autres expériences de irans fusion,
a. On peut injecter du sang de chien à des cobayes, et on constate que les cotmyes sont bien plus faciles à empoisonner que les lapins par le sang de chien.
Sur vingt-cinq transfusions péritonéales de sang de chien à des cobayes, la mort est survenue, sauf une exception, chaque fois que la dose a dépassé 2o grammes {par kilogramme), soit avec des doses de 03, 51, i2, 38, ri6, 33 grammes. 11 y a eu des morts avec des doses de 20 et de 17 grammes.
Même lorsque le cobaye ne meurt pas, il maigrit pendant trois ou quatre semaines, et il faut un très hmg temps pour qu'il reprenne son poids initiaL
(i. Le sang de canard est bien plus toxique pour le lapin que le sang de chien. La dose toxique semble être voisine de 7 grammes. Un lapin est mort en G heures après transfusion de 21 grammes, un autre est mort en 20 heures après transfusion de 9 grammes. Un autre a survécu après transfusion de 5^,D. Par conséquent le sang de canard est sept à huit fois plus toxique que le sang de cliien.
IlÉMATOTRÉnAPIE ET TRANSFUSION PÉniTOISÉÂLE. 297
Y» Quant au sang d'anguille, ainsi qiio Ta montré M. A.
Mosso dans un travail remarquable, il est tout à fait toxique. Il su Hit d*uii gramme de ce sang ptmr tuer en quelques minutes un lapin vigoureux, (!etie expérience paradoxale (et positive) nous montre à quel point sont peu avancées nos connaissances sur la chimie physiologique du sang, et les ferments solubles (venins ou ptomaïnes) qui y sont contenus.
En injectant du sang de carpe, nous avons constaté qu'il n*a pas les propriiltés toxiques du sang de Fanguille : avec 5 grammes de sang do carpe, un lapin a survc^cu.
<î. Kn introduisant par la sonde œsophagienne du sang de chien dans le système digestif du lapin, nous avons constat*^ que les effets toxifjues iraient notablement diminués. Nous avons fait 18 transfusions stomacales; nous avons eu deux morts avec les doses de 2 1 '^ et de 85 grammes. Mais des lapins ont survécu aux doses de 70, C3, ^H et 32 grammes. Comme ces quantités seraient mortelles s'il s'agissait d'une transfusion péritonéale, on peut en conclure, soit que l'absorption stomacale est plus lente que Fabsorption péritonéale, soit que les sucs digestifs altèrent quelque peu les substances chimiques qui constituent le pouvoir toxique du sang.
c. Nous avons tenté de pratiquer la transfusion rectale, et nos expériences à cet égard sont nombreuses. La transfusion rectale est plus facile que la transfusion slomacale ; mais elle a un grave inconvénient. Quelques minutes après qu'il a subi une injection de sang dans le rectum, b? lapin parvient là se débarrasser par quelques contractions intestinales du sang qui s'était amassé dans le rectum, Je sorte qu'il est presque impossible de savoir ce qu'il a gardé» et, par conséquentj d'apprécier la quantité de sang qu'il a absorbée.
Toutefois, on verra que, dans certains cas, la transfusion rectale n'est pas sans avoir exercé quelque inllnence, et il y a eu absorption d'une quantité de sang suffisante pour amoindrir les etlets pathogéniques du Slaphijhcocim pyoscpikus.
§ IL — Effets de la transfusion sur l'infection par le Staphylococcus pyosepticus
Les effets pathologiques du Staphylococcus pyosepticus peuvent être groupés ainsi :
A. Mortalité.
B. Fièvre.