MALADIES DU FOIE
lorsque l'organe est hypertrophié, non douloureux, il est indiqué de tonifier ses vaisseaux par une application froide, qui en provoque les contractions. La percussion, en pareil cas, peut être développée jusqu'à un certain degré, en rapport avec l'état de sensibilité hépatique et l'état de résistance et d'épaisseur de la paroi abdominale. On est fixé à ce sujet par la palpation du foie. Mais, en général, lorsque l'indication est l'eau froide, il est bon de commencer par une application chaude, qui évite une contraction de la paroi musculaire, fréquente chez beaucoup de malades, même peu nerveux, et permet d'arriver à l'eau froide et à une percussion souvent assez forte, utile à titre de massage du foie. La douche sous-marine trouve ici une excellente indication : grâce au relâchement de la paroi obtenu parla contre-pression de l'eau, le jet de la douche peut masser doucement le foie hypertrophié. Quand le foie est très douloureux, on commence par la face postérieure ; quand il est impossible d'intervenir localement par une application directe, il faut recourir à des procédés dérivatifs : bains de siège, bains de pieds.
A l'hépatite, à la périhépatite et à la cholécystite, on opposera des apphcations locales froides si les malades peuvent les supporter, ou très chaudes, révulsives, des cataplasmes sinapisés, qui calmeront la douleur.
Cirrhose hépatique. — La cirrhose, quelle que soit sa forme, a peu de chose à attendre de l'hydrothérapie. Peut-être la douche chaude locale, en faisant dilater les vaisseaux hépatiques, pourrat-elle favoriser le fonctionnement de l'organe et aider la cellule hépatique à lutter contre la lésion qui l'envahit. Tel est le mécanisme de l'action de cette douche sur la phase de congestion et d'hypertrophie sanguine qui caractérise généralement le début des cirrhoses.
Quand l'atrophie du foie est m.anifeste, peut-être encore la même douche donnera-t-elle passagèrement une amélioration circulatoire et fonctionnelle ; c'est un espoir que l'on peut toujours laisser au malade.
Ictère. — Dans l'ictère, les soins de la peau ont une importance assez grande pour qu'on soumette les ictériques à l'hydrothérapie, et l'on distinguera deux cas : il y a prurit, il n'y a pas prurit. Contre k prurit, on emploiera l'eau très chaude, ou l'eau tiède, en application assez longue pour que le malade se sente soulagé. S'il n y a pas de prurit, on ne craindra pas d'arriver, s'il est possible, à l'eau froide, afin d'obtenir une réaction très grande de la peau.
Troubles de la circulation porte (hypertension portale). -
Dans bien des cas, sans qu'il y ait vraiment lésion hépatique, il se
produit cependant dans le foie des modifications assez profondes pour qu'elles se révèlent par des symptômes cliniques et par des troubles de l'excrétion urinaire. Les diabétiques arthritiques, par exemple, ont très souvent un gros foie. Beaucoup de malades, atteints d'obésité abdominale, présentent de l'insuffisance hépatique, et leur foie déborde les fausses côtes. Les paludéens surtout ont presque toujours de la congestion du foie. Ces malades sont presque tous des intoxiqués, des arthritiques à nutrition troublée, et le symptôme hépatique de cet état est une congestion le plus souvent indolore, qui entraîne un trouble de circulation dans la veine porte : ralentissement du cours du sang, créant un obstacle à la circulation générale, d'où hypertension artérielle d'origine portale.
Quand les troubles de la circulation porte sont assez intenses pour déterminer de Vascite, les indications hydrothérapiques sont les mêmes : applications abdominales et hépatiques chaudes, destinées à favoriser le débit sanguin dans le système porte. On peut y joindre, s'il n'existe aucun symptôme douloureux, des applications froides toniques, qui compléteront cette action.