Y II
RÉSISTANCE A L’ACTION DES TEMPÉRATURES ELEVEES (page 301)
M. Sachs rapporte les expériences tentées, d’après ses conseils et sous sa direction, par M. Herm. Fiedlcr, sur diverses graines sèches et humides.
1° Graines séchées à l’air ; elles ont germé.
Les graines de pois après avoir supporté une température de 74°
Les graines de seigle — — — 68
Les graines d’orge — — — 64
Les graines de Lie — — 72
Le 3 graines de maïs — — — 68
2° Graines humides ; elles ont germé.
Les graines de pois après avoir supporté une température de 53° Les graines de seigle — — — 52
Les graines d’orge — — — 50
Les graines de blé — — — 52
Les graines de maïs — — — 52
La résistance à l’action de la chaleur augmente donc avec le degré de dessiccation ; ce fait explique comment Duhamel a pu faire germer des grains de blé qui avaient supporté une température de 11 2°, 5;
1 Physiologie végétale, traduction de M. Miclieli. Paris, 1868, page 72.
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la dessiccation était plus complète que dans les expériences précédentes. — M. Doyèrea pu exposer à une température de 115° et même de 120° des grains de blé complètement desséchés à froid . sans leur faire perdre leur faculté germinative.
D’après M. Pasteur, les spores secs de Pénicillium glaucum supportent sans inconvénient une température de 128°; la plupart meme se développent après une exposition d’une demi-heure à l’action d’une température de 119 à 121° ; ils perdent leurs propriétés germinatives quand ils restent une demiheure soumis à l’influence d’une température de 127° à 132°. — Les spores d ’Ascophora elegans se comportent de la même manière. .
II. Hoffmann a trouvé que des spores secs d'Uredo destruens et segetum peuvent être chauffés jusqu’à 128°; mais s’ils sont humides , ceux de YUredo se getum ne résistent pas au delà de 50°, 5 à 02°; ceux * de YUredo destruens peuvent supporter 70° et même 75°.
D’après M. Payen, Y Oïdium aurantiacum résiste à une température de 120°.
INFLUENCE DE LA TEMPÉRATURE
INFLUENCE DE LA TEMPÉRATURE SUR LE DÉVELOPPEMENT DES PLANTES1 (page 304.)
« En discutant sous quelles conditions de température se développent plusieurs plantes communes à l’Europe et à l’Amérique, on est conduit à des résultats d’un certain intérêt.
« La connaissance de la température moyenne d’un lieu situé entre les tropiques donne déjà une idée assez précise de son agriculture ; en effet, la température de chaque jour diffère peu de celle de l’année entière, durant laquelle la vie végétale s’exerce sans interruption aucune ; il en est tout autrement pour les régions placées en dehors de la zone torride. La chaleur moyenne annuelle n’est plus alors une donnée suffisante pour apprécier l’importance agricole d’une contrée. Pour savoir ce que la terre produira, il faut connaître la chaleur particulière aux différentes saisons ; en un mot, c’est la température moyenne du cycle dans lequel s’opère la végé-
1 Boussingault, Économie rurale , considérée dans ses rapports avec la chimie, la physique et la météorologie. 2e édition, tome II, page COJ.
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tation qu’il importe d’évaluer, pour savoir quelles sont les plantes utiles que l’on peut exiger du sol.
« Dans l’examen de cette question, on cherche d’abord quel est le temps écoulé entre la naissance d’une plante et sa maturité; on détermine ensuite la température de l’espace qui sépare ces deux époques extrêmes de la vie végétale. En comparant ces données pour une même espèce de plante cultivée en Europe et en Amérique, on arrive à ce résultat curieux: que le nombre de jours compris entre le commencement de la végétation et la maturité est d’autant plus grand, que la température moyenne sous l’influence de laquelle la plante végète est moindre. La durée de la végétation sera la meme, quelque différent que soit le climat, si cette température est identique de part et d’autre ; elle sera, ou plus courte ou plus longue, selon que la chaleur moyenne du cycle sera elle-même plus ou moins forte. En d’autres termes, la durée de la végétation paraît être en raison inverse de la température moyenne ; de sorte que, si Von multiplie cette température moyenne par le nombre de jours durant lesquels une même plante végète dans des climats distincts , on obtient des nombres à peu près égaux . Ce résultat n’est pas seulement remarquable en ce qu’il semble indiquer que sous toutes les latitudes , à toutes les hauteurs , la même plante reçoit dans le cours de son existence une quantité égale de chaleur; il peut aussi
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trouver une application directe en permettant de prévoir la possibilité d’acclimater un végétal dans une contrée dont on connaît la température moyenne des mois. »
Nous avons réuni dans les tableaux suivants les résultats des observations de M. Boussingault, tant en Europe qu’en Amérique.