‹ Physique céleste contenant Le système du mondeChapitre 103 sur 259 · INDIQUÉE DANS L’ÉVANGILE · texte numérisé non relu

INDIQUÉE DANS L’ÉVANGILE

§ 209. Cet objet sera traité en détail dans la Métaphysique; je me borne ici à faire voir comment se trouvent à la fois indiqués dans le nouveau Testament et l’origine de l’intelligence et celle de son éternité. Il est fait mention de ces deux objets dans la Physique, Origine du langage, t. IV, p. 285, 766; Ame, t. III, p. 67 ; t. IV, p. 634.

Il a été prouvé que la différence entre l’homme et l’animal ne résulte que de la parole et du langage, qui manque chez les animaux, dont les organes des sens ne diffèrent pas de ceux de l’homme ; le résultat des sens des animaux ne diffère pas de ceux d’un miroir dans lequel persistent les images tant que les objets sont présents, et d’où elles disparaissent avec l’éloignement de ces mêmes objets.

Chez l’homme , chaque image des objets, pareille à celle des animaux, obtient un représentant acoustique qui est une parole (dérivé de parabole, irapaSoXii; irap à, à côté; éa/Xetv, placer, ou accouplement). Dans l’absence des objets, ce sont les paroles, c’est-à-dire leurs représentants, qui les remplacent; de sorte qu’au moyen de ces représentants, il se trouve créé un monde intellectuel, un microcosme, lequel manque chez les animaux. Ce microcosme est composé des éléments des flaides arrivant des objets par les organes des sens et se combinant avec les équivalents électriques des nerfs pour devenir des combinés desentiments animaux ; c’est donc de l’accouplement de ces sentiments animaux avec d’autres acoustiques, leurs représentants, que provion-

nent les couples logiques, les paraboles ou les paroles , dont est peuplé le microcosme, qui est l'intelligence ou l’âme; ce même microcosme est l’individu, lequel ne change pas à cause de l’interruption de la production de nouveaux, sentiments, interruption qui s’opère chez toute créature vivante. Les organes des sens se détruisent 6ans que pour cela le microcosme éprouve aucun changement, mais il reste conservé en l’état où il était au moment de la ûn de la vie.

Je cite ici les passages qui dévoilent l’origine commune de la parole et de 1 'âme, et ceux dont on peut connaîtré qu’il n’y a qu’un seul monde et que l’individu après la mort est le même qu’avant la mort; il ne disparaît que l’appareil de création des sentiments logiques.

I. Évangile selon saint Jean. « La parole était au com- « mencement ; la parole était avec Dieu , et cetlo parole « était Dieu.

« Elle était au commencement avec Dieu.

« Toutes les choses ont été faites par elle, et rieu de co « qui a été fait n’a été fait sans elle. C’est en elle qu’était la a vie, et la vie était la lumière des hommes.

«Et la lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne « l’ont point reçue. »

Les ténèbres étant ici en contraste avec la lumière, qui est la parole ou la langue, co qu’on comprend indique l’état du manque de lumière ou de parole et de langue : tel est l’état des animaux, lesquels restent pendant la durée de leur vie en seul et môme état; c’est pour cela qu’après leur mort il ne reste rien, car même pendant la vie animale rien n’est créé.

Cet exemple conduit à connaître l’origine de l’opinion des matérialistes, qui raisonnaient pour l’homme comme s’il était à l’état des animaux, et ainsi déduisaient une disparition totale après la mort : du corps qui éprouve une décom-

position incontestable, et 2* de l’âme, laquelle n’avant chez les animaux aucune existence pendant la vie, n’existe plus après la mort. Les matérialistes ignoraient que tel n’est pas

le c;i s chez l’homme qui, pendant la vie, créa son âme, laquelle doit persister après la mort, parce qu’elle n’est que l’ensemble des sentimeuts logiques, lesquels sont incorruptibles.- , ...

II. Matthieu, chap. xxvm, 16. « Mais les onze disciples «s’en allèrent en Galilee, sur la montagne où Jésiis leur « avait ordonné d’aller. i ; ;

« Et quand ils le virent , ils l’adorèrent, même ceux qui « âvâiébt douté*

« Et Jésus s’approchant leur parla et leur dit : Toute « puissance m’est donnée dans le ciel et sur la terre.

« Allez donc et instruisez toutes les nations, les baptisant « au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.

« Et leur apprenant dé garder tout ce que je vous ai com- « mandé : et voici, je suis toujours avec vous jusqu’à la « fin du monde. »

Après la mort reste l’intelligence ou l’àme telle qu’elle se trouva en conservant l’ensemble des sentiments logiques. L’ignorance de l’état expansif de ces sentiments rendait jusqu’à présent inconcevables les récits historiques des faits opérés dans l’intelligence des disciples, qui se mettait à l’unisson avec celle de Jésus-Christ. Od admettait l’âme limitée en un espace comme le sont les corps. On ignorait q*ue leis sentiments logiques dont l'âme se compose sont soumis à une expansion indéfinie en conservant leur forme. Cet état est devenu parfaitement évident dans les dernières paroles de Jésus-Christ, disant : « Je suis toujours avec vous « jusqù’à la fin du monde. »

Adam donna des noms au! animaux : c’est une marque qu’il y avait chez lui parole et intelligence. Cependant, malgré la longue durée de sa vie, les sentiments logiques se réduisirent à très-peu de chose ; au moment de sa fin, I’élât animal d’Adam est clairement indiqué dans les paroles du Créateur disant à Adam : « Tu es poussière et tu retournéiràs en poussière. »

li n’y a donc quo dans le nouveau Testament que se ma: nifeste une Trinité sous trois personnes douées d’attributs différents, en œâme temps que chacune d’elles est infinie.

On y reconnaît aussi comme évidente la conservation éternelle de l’intégrité de l’intelligence ou de l’âme dans le même état où elle se trouve pour chaque individu à la fin de sa vie temporelle, laquelle ne sert qu’à la production d’une ûme éternelle.

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