DES NÉBULEUSES PLANETAIRES EN FORME DE SIECLE
§ 211. Les nébuleuses, en forme de meule et de toute autre forme, sont composées toutes, sans exception, de météores. Ces météores sont de gros amas de petits ballons produits de la congélation de vésicules de vapeur qui résultent des molécules de la couche superficielle de la masse brillante des jets expulsés d’un soleil, lorsqu’il y a eu apparition d’étoile nouvelle.
Fig. ï«.
Les masses brûlantes ainsi expulsées sont donc l’origine des éléments matériels des météores, lesquels conservent éternellement leur mouvement orbicnlaire, qui est le môme
qûe celui des planètes. C’est dans le grand télescope qu’il est possible de voir les détails véritables des nébuleuses ; car
Fig. Î7. Fig. Î8.
la même nébuleuse se présente, \° dans les télescopes faibles comme unie et de forme circulaire, telle que N (6g. 26); 2° elle se voit dans les télescopes puissants avec un arc feg qu’on croyait être deux brase/etei/, qui excèdent de beaucoup le contour fsg de la masse totale; 3’ dans le Fig. «s. grand télescope, on peut dis-
tinguer les huit traînées de météores entourant les huit bandes «le masses brûlantes :
on y voit que ce qu’on attri-
buait aux deux bras est une traînée e'f (fig. 27) avec un noyau e' à l’extrémité, noyau qui manque dans la nébuleuse O $1 28).
L’arc gef (6g. 26) ou les bras e/, eg se présentent dans les télescopes habituels , lorsque les nébuleuses sont vues presque en face; mais si les meules «les nébuleuses sont
EN FORME DE MEULE
vues obliquement sous la direction frj (Pig. 26), on aperçoit le noyau c (fig. 29) périphérique, noyau qui devient visible dans le grand télescope lorsque même les meules sont vues en face. L’absence d’un deuxième noyau dans la nébuleuse O (fig. 28) prouve que l’état de nébuleuses à bras ou à deux noyaux, loiu d’être permanent, est, au contraire, transitoire et propre àux nébuleuses annulaires; plus tard, les nébuleuses (fig. 29) perdent les bras ou le deuxième noyau c, et testent à un seul noyau et sous forme de meule complète O (fig. 28) ou O (fig. 30).
Origine des bras et mode de leur disparition. Après avoir obtenu, au moyen de grauds télescopes, la preuve directe de l’identité des bras et du deuxième noyau, lesquels apparaissent dans les télescopes habituels, il devint évident qdë ces bras sont tin arc de forme de la bande de la masse \ mn expulsée la première avec le maximum de poussée centrifuge, niasse qui a dû parcourir la distance 2’A. Il a été prouvé (§ 1 62) que cette masse passa par le cratère sans en recevoir de choc tangentiel , tandis que cela a eiitieü |)oür la masse im” du même jet expulsée, lorsque la fotatioh avait commencé et acquérait une vitesse de plus èn pliis grande.
Les deux moitiés du jet dè la masse mu restant unies, l’une d’elles, savoir l’inférieure^ m”, avance dans son orbite, tandis que l’autre, { m,x, éprouve, de la part de la première, une traction dans là direction de l’orbite, et 2" d’autre part, une poussée centripète exercée de la pesanteur qui y est très-faible à cause de la très -grande distance. C’est donc la moitié supérieure y m“ de la masse qui reste en dehors du contour de l’orbite, et en se pliant devient un grand arc tjej (fig. 26), lequel, 1° vu en face, a l’apparence d’un ou de deux bras, et 2" vu obliquement sous la direction (fig. 29), apparaît comme un noyau c.
Disparition des bras ou du deuxième noyau. Les molécules matérielles se trouvent en équilibre rompu dans toute
autre forme, excepté la forme ovalaire ; il y a doue déplacement de molécules durant tout l’espace de temps T, pendant lequel les jets de masse conservent une forme différente de la forme ovalaire : cet espace T de temps est le môme que celui de la durée de l’état nébuleux de chaque système planétaire. La disparition des bras ou du deuxième noyau est donc comme dans la nébuleuse O (fig. 28) un indice que la masse m11 est déjà accumulée en un corps; que de cette durée T la plus grande partie, soit T — i , s’est écoulée, et qu’il ne reste encore plus que le temps t pour que l’état nébuleux disparaisse et qu’il se montre un système composé de planètes lumineuses, comme le sont toutes les étoiles doubles.
Fig. 30.
Espèces de nébuleuses. 1° 11 y a des différences entre* les nébuleuses d’àges différents ; 2° il y a aussi des différences dans l’aspect qu’offre la même nébuleuse vue dans des instruments de puissances différentes ; 3” meules vues de face se présentent sous la forme circulaire; vues obliquement, elles sont en forme d'ellipse, et vues de profil, paraissent comme des filets minces de nuées.
EN FORME DE MEULE
Nébuleuses annulaires et nébuleuses unies.
Parmi les nébuleuses O (fig. 30) vues unies dans les autres télescopes, plusieurs se présentent avec des anneaux a, b , c , d dans le grand télescope ; mais plusieurs autres continuent à se montrer unies, môme dans le grand télescope. De sorte que la môme nébuleuse se voit, 1“ unie N (fig. 26) dans les télescopes faibles, tandis qu’elle est vue annulaire et à deux bras dans les télescopes puissants ; dans le grand télescope, on voit que parmi les nébuleuses apparues unies, les unes se résolvent en anneaux et les autres sont sans anneaux, mais résolubles en points lumineux.
§ 212. Classification des nébuleuses suivant leur âge. La durée T est un laps de temps qui commence où la masse brûlante apparaît comme une étoile nouvelle et qui fuit à l’époque où apparaît une étoile double à la place qu’occupait la nébuleuse résoluble et sans anneaux. Pour qu’il se forme un système de planètes lumineuses, il faut que les jets ou les bandes de masse brûlante s’arrondissent et prennent chacune la forme ovalaire dans laquelle s’opère l’établissement de l’équilibre. Entre ces deux époques, les jets de masse brûlante se trouvent successivement entourés de météores de couches de plus en plus épaisses ; la forme allongée de la masse disparaît graduellement, tandis que se dessine la forme ovalaire; le grand arc qui excède disparaît également, tandis que les dimensions des météores croissent continuellement : c’est de ces dimensions des météores que dépendent plusieurs séries de faits que nous allons énumérer.
I. Nébuleuses invisibles. Les jets de masse brûlante apparue comme étoilo nouvelle se couvrent d’une épaisse couche de vapeur opaque qui les rend invisibles, de môme que les nuages épais rendent invisibles le Soleil et obscurcissent la Terre en plein jour. C’est en un pareil état d’opacité que la vapeur se trouve autour de la masse brûlante dont elle disperse les rayons, et n’en laisse arriver à l’œil qu’une
quantité trop faible pour produire un sentiment. Cet état a une durée T qui représente un grand nombre de siècles ; parce que, depuis trois siècles, rien ne s’est encore montré aux points où ont été les étoiles nouvelles de 1572 et de 1 604 ; on ne pourra fixer la durée T que plus tard, lorsqu’on parviendra à apercevoir deux nébuleuses aux points où étaient les deux dernières étoiles nouvelles.
II. Nébuleuses annulaires. Pour que l’espace occupé par les jets de masse brûlante devienne visible, il faut des météores de forme ovalaire et de dimension suffisante pour concentrer dans leur foyer une grande quantité de rayons dispersés par la vapeur opaque des couches inférieures. A cause de leur forme ovalaire, les météores se trouvent comme do grosses lentilles biconvexes ayant une très-forte convexité du côté de la masse brûlante, et une convexité moindre du côté d’où ces rayons émergent pour passer dans l’espace vide et arriver à l’œil.
Les trois intervalles entre les traînées sont médiocres dans les quatre orbites intérieures; pour cette raison, ils restent inaperçus dans les télescopes, et l’on n’y distingue que cinq intervalles : 1° quatre entre les orbites extérieures et 2° l’intervalle entre Hermès et son soleil ; ainsi, dans les télescopes habituels, le nombre des anneaux ne surpasse jamais celui de cinq. Le nombre diminue parallèlement à cause de l’accroissement des dimensions des météores, qui font diminuer les intervalles au point qu’ils deviennent inaperçus, et que reparaît l’état observé dan3 les nébuleuses unies.
1° Nébuleuses penlédactyles (3axrij>toç, anneau). Ce sont celles dont les météores ont une faible dimension et qui, pour cela, sont imperceptibles; les nébuleuses pareilles sont irrésolubles; telle est, par exemple, celle dev d’Andromède, laquelle est une meule annulaire vue obliquement.
2® Nébuleuses tétradactyles. C’est l’intervalle autour du soleil qui disparaît avant les quatre extérieures, et la nébuleuse apparaît avec quatre anneaux.
EN FORME DE MEULE
3° Nébuleuses tridactyles. L’intervalle lipoplanètc (hmu v, manquer) entre Arès et Zeus disparaît, et la nébuleuse apparaît avec trois anneaux.
4° Nébuleuses didactyles. Plus tard disparaît l’intervallo supérieur entre Zeus et Clironos, et il reste deux anneaux.
o° Nébuleuses monodaclyles. L’intervalle entre Chronos et Ouranos disparait, et il ne reste qu’un seul intervalle, le plus vaste, entre Ouranos et Poséidon.
III. Nébuleuses circulaires à un ou à deux noyaux. Il a été indiqué ci-dessus que le deuxième noyau disparaît comme disparaissent les bras, et c’est ainsi que les nébuleuses cessent d'être poseidoniennes.
IV. Nébuleuses elliptiques et nébuleuses perforées. Les meules unies et non poseidoniennes, vues de face, ont la forme circulaire, et, vues obliquement, la forme d’ellipse. Les meules monodaclyles qui sont poseidionicnnes, vues de face, font apparaître un disque entouré d’un anneau et avec des bras ; mais vues sous différentes obliquités croissantes, elles présentent : I, un noyau elliptique entouré d’un anneau elliptique ; II, entre le noyau et le bord de l’anneau qui le suit, on voit : 1° un trou noir qui est un espace vide; 2* ce trou prend la forme d’une hémiellipse; 3° l’espace vide prend la forme d’une ligne; III, une plus grande obliquité fait se projeter le bord du noyau sur l’anneau elliptique, dont les deux sommets rappellent les deux anses observées dans Saturne (fig. 32, 33 et 34).
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