I. Le refroidissement est favorisé : i° par la vitesse du
mouvement orbicnlaire, dont les carrés sont en raison inverse des cubes des distances. B', B", B", . . B1X indiquent chaque bande qui circule autour de l’Hélioagète en une masse seule ou subdivisée en portions m\ m", mm, m", m'", M', M", M", dans un
des espaces annulaires A', A", A". 2° A cause de la grande vitesse des portions m', M' de l’espace annulaire A' le refroidissement s’opéra rapidement et la couche de vapeur opaque gela; elle devint une enveloppe solide de glace transparente et les nuées disparurent; la chaleur lumineuse fut même toute dispersée et les soleils s ', s', S' devinrent invisibles.
IL Le refroidissement des masses m", m", M" s’opère moins rapidement dans l’espace A"; toutefois, à cause de la longue durée, les enveloppes de vapeur opaque gelèrent, de sorte qu’il ne resta des soleils lumineux que ceux qui contiennent une grosse portion M* de masse.
III. Même dans l’espace annulaire A* la vapeur opaque se congela autour des portions m ", m", M", ainsi qu’on le reconnaît par l’absence totale de nébuleuses entre le Soleil et l’Hélioagète. La seule nébuleuse visible est celle de l’Hélioagète, qui est d’une grosseur excessive ; elle est très-lumineuse, même à la très-grande distance qui la sépare de nous, malgré le gros amas de vapeur.
A. DISTRIBUTION DES SOLEILS DANS LE QUATRIÈME ESPACE ANN CLAIRE DU SYSTÈME PLANÉTAIRE.
§ 86. La vapeur opaque se congela autour des portions p.IT, mIT médiocres de masse brûlante ; des soleils qui en résultèrent le nôtre fait partie; il expulsa une bande de masse brûlante qui produisit les planètes; chacune de celles-ci expulsa une bande de masse brûlante qui forma les satellites; toute la chaleur lumineuse des planètes et des satellites a été consumée. Après le refroidissement
parfait, chacune des quatre planètes intérieures produisit environ 4° paires de comètes jumelles en parcourant autant de périodes cométogéniques. Les soleils crIT pareils au nôtre n’apparaissent que comme des étoiles télescopiques. La vapeur opaque des portions supérieures
de la masse brûlante se congela également, et il en résulta des enveloppes solides de glace ; c’est ainsi que les rayons de cettè masse se propagent en direction rectiligne et la font apparaître, non plus comme nébuleuse, mais comme soleil s'r d’un éclat supérieur à celui des soleils g", et cela non-seulement à cause de leur grosseur plus considérable, mais aussi à cause de la grande densité de chaleur lumineuse. Ces soleils paraissent comme des étoiles à peine visibles à l’oeil nu. La différence entre les soleils <7,T qui se trouvent déjà arrivés à l’âge de vieillesse, et les soleils s" d’un âge moins avancé, consiste en ce que ceux-ci , n’ayant pas encore expulsé une bande de masse brûlante, ne tournent pas autour de leur axe, comme le font les soleils o'r avancés en âge.
Les masses m't, M,t des grosses portions restent entourées de vapeur opaque, et paraissent comme des nébuleuses amorphes ; leur forme n’a aucune régularité, parce que telle était précédemment la forme de la masse M,T lorsqu’elle se sépara par la subdivision de la bande B'T. La vapeur produite pendant des milliers de siècles forme de gros amas qui restent permanents; leur nombre s’élève jusqu’à aoooo; ces amas sont éclairés par la masse brûlante et paraissent comme des globules séparés; pour cette raison, on a appelé nébuleuses globu~ laires l’ensemble de la masse brûlante et des amas de vapeur.
Dans ces nébuleuses globulaires des portions inférieures m" des masses M,T se produisirent des soleils qui se revêtirent, par la congélation de leur vapeur, d’une enveloppe solide de glace transparente. Après la for-
nia lion de ces enveloppes solides de la couche inférieure de vapeur autour de toutes les autres portions de niasse brûlante, des amas de vapeur restèrent séparés en forme de gros ballons de glace mince, vides au milieu, possédant toujours leur mouvement orbiculaire, et éprouvant mille perturbations de la part des soleils ambiants : ce genre de corps volumineux, sans poids perceptible, sont les pagosphères. Ces pagosphères ou amas de vapeur autour des nébuleuses globulaires sont visibles tant qu’elles se trouvent autour de la masse brûlante, mais lorsqu’elles s’en séparent elles cessent d’être visibles. Leur existence n’est constatée que parleur passage entre les soleils et la Terre; ils interceptent une partie de leur lumière, et en reproduisent par la réfraction toutes les couleurs, sans aucun ordre analogue à celui des couleurs du spectre. Le nombre de corps de ce genre est plusieurs millions defois plus grand que celui des soleilset des planètes; ils sont connus sous le nom de planétoïdes dans le système planétaire. Les étoiles filantes, les pluies d’étoiles et les bolides appartiennent au même genre. Pour désigner ce genre de corps, j’ai employé le mot de pagosphère(7ràyoç , glace), qui signifie une surface sphérique composée de glace. Nous verrons dans l’explication des aérolithes que le bruit et la nuée observés dans l’atmosphère résultent de pagosphères qui crèvent en s’avançant vers la Terre; elles obtiennent par le frottement une lumière électrique. [Phys., t. III, p. 917.)