V. DISTINCTIONS DES AGES DES CORPS DU SYSTÈME SOLAIRE
§ 88. La naissance des corps d’un système quelconque date de l’expulsion d’une bande de masse brûlante qui n’est que le millième de la masse qui reste dans le corps central. Les satellites, les planètes, les soleils, les astres d’un même système vinrent dans l’espace sous la forme d’une bande de masse brûlante. Ainsi les âges des corps d’un même système céleste ne doivent pas être comparés à ceux des oiseaux ou des poissons d’une même couvée, mais plutôt aux familles des plantes, dans lesquelles une seule semence produit succéssivement des fleurs et des fruits dont les uns mûrissent lorsque les autres fleurissent.
La vie astronomique des corps consiste en séparation de la chaleur lumineuse de la masse brûlante, pendant que celle-ci exécute un mouvement orbiculaire d’une vitesse qui diffère dans chacune des bandes b', b", b", . . provenant de la division de la bande principale B. La température de la masse brûlante expulsée est égale, dans
toute sou étendue, le froid de l’espace ambiant est partout le même; mais la différence entre les vitesses orbiculaires V et v fait qu’il sort des portions douées d’une vitesse orbiculaire supérieure V une quantité de chaleur 0 4-0' plus grande que celle 0 cpii sort des portions égales circulant avec une vitesse inférieure v.
De la subdivision de chacune des bandes b', b", b", bix, produites par la bande principale B, expulsée de l’Hélioagète, résultèrent des portions contenant des masses de diverses grosseurs, /x, m, m, M, qui circulent dans un même espace annulaire avec une égale vitesse orbiculaire. Comme, en pareil cas, les masses sont entre elles dans le rapport des cubes des rayons, tandis que les éloignements de la chaleur sont entre eux dans le rapport des surfaces ou des carrés des rayons, il en résulte que les parties inférieures |x, m se refroidissent plus rapidement que les parties supérieures m, M.