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VISION

Œil, vision, — Ce qu'on aperçoit de Toeil au dehors n'est qu'une faible partie des organes qui le composent; cependant, sans avoir recours à la dissection, ou simplement en prenant l'œil d'un animal, nous pouvons en distinguer les parties principales.

Nous voyons d'abord la cavité osseuse de rœil ou l'orbite, qui sert de logement à l'oeil lui-môme, lequel est protégé par les paupières munies de cils, sortes de voiles mobiles qui le garantissent du contact des corps étrangers, car elles ont une sensibilité telle qu'elles se contractent et se ferment au moindre con- ^^ct qui les irrite.

Le globe de l'œil, dont il ne paraît audehors qu'une demi-sphère, est d'abord enveloppé du blanc de Tœil, membrane fibreuse^ nacrée, appelée sclérotique ou cornée, et qui est opaque, dans les 4/5 de l'œil. Cette cornée se contioue en avant, où elle est transparente, et où elle est percée d'une ouverture de 5 à 6 lignes de diamètre; la cornée transparente est plus courbée en avant que

la cernée orpâique. Les ra5^ii8 liuniacntx qti^ tombent sur Topaque^oiit en partie réfléchis par elle, oe qui donne aux y^\x% le britlant qui permet de^s'y mirer. Une autre partie' lies fayoïu pénètre dans «ette m^aobrane qui, étant une lame transparente plUB dense que r^ir, réfracte ces rayons, les rapproote û% la perpendiculaire, d'autant plus fert^^ue la membrane sera pins bombée et 'iqne les rayons divergents feront avec sa surface un angle plus aigu.

Derrière la cornée se trouve une chambre antérieure remplie à*une humeur aqueuse nul, ayant un pouvoir réfringent plusconsîdérable que l'air, ne réfrACte pas les rayons avec autant de force que la cornée, ni en aens contrah^, comme le fferàit de 'l^ir qui leur rendrait leur direction priniftlve. L'action de cette humeur, qui est composée de sels, d'eau et d'un peu d'albumine, rapproiéhe les rayoms, les rend moins divergents, et en fait passer une plus grande quantité dans l'ouverture de la pupille.

Cette lumière rencontre «aînw Tiris, diaphragme, ou eleison membraneuse, c<>lorêe diversement selon les individtis, oui présente dans son milieu une ouverture circulairekie grandeur variable, qui est la pupille ou la prunelle. L'iris absorbe ou réfléchit encore une partie de la lumière, et c^est seulement celle qui tombe sur la pupille qui' péHètre vers le fond de l'œil. Aus^i, plus rouviertiure est large, plus il passe de l^nuère ; si iilMtc belle-ci est faible ou en petite quantité,^ la pupille se dilate, tandis qu'eiie se resserre ^oiB

l^influenoe d'une lumière vive. Les animaux qui voient la nuit et poursuivit leur proie ain*ès le. coucher du soleil ont en général Ui p>upiHe très-dîlatable. On- voit que c'est riri», qui agrandit ou resserre cette ouverture^ eti qui règle par conséquent la quantité de lumière que nous devons recevoir. L'iris est.

pour cela formé de fibres musculaires dont., les plus. excentriques se contractent d'elles-mêmes pour dilater la pupille, et les autres^, qui entourent l'ouverture, servent à U resserrer.

Les raypns^de lumière qui ont trav^*sé ln^ pupille tomben:t. sur le cristallin» sorte deu lentille tt:ansparente bi-oonvexe, logée daBflj une membrane rdîaphane, la capsule daGris->taJliUp. placée dérrièie Tiris, et qui. parait sécréter le.cristallîu; car, lorsquloa retire cerrluirîcf dei'oail.d'un animal. vîvaAtfjcommedaiiSi l'Opération de la. caXaracte^. sans détruire l&t cap^uie,,.on.voit. celle-ci remplacen rancieoj criStalHti par un nouveau^

ÏÀ crJB^allia change, encore la direetioiè.

des rayons. lumineux, et agissant. à la ma-nière. des rentUles bi^cojavexes (q^oiquiefs»», face postérieure soit plus. courbe queiceUede. devant), les fait converger vers u» foyer; o^t ilsse réunissent

Ce: foyer se. trouve placé sur la rétiae», membrane molle et blanchitre qui ^toure une masse gélatineuse , diaphane eti volur mineuse» placée derrière le cristallin, etqu!oa appeUé l'humeur vitrée»Cestsurla rétine, qpi. est jnne membrane nerveuse, que se peignent ea.pptit et à. l'envers les images desld^tÉU.

Cette rétine n'est séparée de la sclérotique, qui forme le globe de l'œil, que par une autre membrane, la choroïde, qui est imprégnée d'une matière noire, à laquelle le fond de l'œil doit cette apparence foncée que nous voyons à travers la pupille. Cette matière noire fait ainsi de rœil une sorte de chambre noire; elle absorbe la lumière après qu'elle a traversé la rétine et empêche qu'elle ne soit réfléchie dans d'autres directions, ce qui troublerait la vision et la netteté des images. Chez les Albinos, où cette coloration, composée de fer et de charbon, manque, la vue est très-imparfaite le jour ; ce n'est que le soir que leur vue devient distincte, parce qu'ils reçoivent moins de lumière réûéchie.

La rétine où se peignent les images, n'est qu'un épanouissement du nerf optique qui, partant du cerveau, traverse le globe de l'oeU, U sclérotique, et s'épanouit sur la rétine. Dû il apparaît sous forme d'un nombre incalculable de papilles cylindriques, qui ont quelque analogie avec celles de la langue, qui sont très-serrées les unes contre les autres, et ressemblent sous le microscope à une mosaïque.

Lorsque les images peintes sur la rétine se transmettent, par l'incermédiaire du nerf optique, aux deux hémisphères du cerveau, la iensatîon.que ceux-ci perçoivent est visuelle. — Mais chaque œil a bon nerf optique qui se croise à quelque distance du cerveau, de sorte que. si on coupe le nerf de droite c'est l'œil de gauche qui devient aveugle; d'autres parties du cerveau causent également la cécité lorsqu'elles sont détruites, ce sont les

hémisphères cérébraux et les lobes optiques qui lient les nerfs optiques aux hémisphères. Mais, dans le fait de la vision, nous sommes • continuellement obligés de corriger, par les notions que l'expérience nous a fait acquérir et par ce que nous apprennent les autres sens, les impressions que nous transmet la rétine.

Ainsi, pour apprécier la distance d'un objet qui s'éloigne de nous, il faut d'abord que nos yeux changent de direction à chaque position nouvelle ; l'impression que produit sur nous ce changement nous sert à évaluer la distance, mais seulement lorsque nous avons fait depuis longtemps l'expérience de la justesse de ce moyen, car ler, aveugles de naissance auxquels on fait l'opération de la cataracte et qui n'ont pas la même expérience que nous, croient que tous les objets qu'ils voient pour la première fois sont près d'eux, et ils ont besoin de s'assurer de leur distance en les touchant.

Estimation des grandeurs. — C'est encore rintelligence et les expériences faites par le toucher qui nous empêchent de nous tromper sur les grandeurs, et de confondre un objet d'une hauteur de 35 mètres à 2 mètres de distance avec un objet qui n'en a que 40 à la distance de 6 mètres ou que 5 à 12 mètres; nous corrigeons ainsi les illusions de nos yeux et personne ne croit que le plafond et le sommet d'une longue galerie se touchent, bien que nos yeux nous les représentent ainsi, ni que le ciel touclie à la terre, comme l'apparence le ferait croire, ni que les arbres de deux rangées p.v^ajlèles d'une avenue se

touchent à son extrémité, ni qu'an monument très-élevé qui paraît incliné de notre côté lorsque nous sommes au pied, le soit réellement.

Une illusion plus commune est celle qui fait paraître le soleil plus grand quand 11 est près de se coucher à l'horizon que lorsqu'il est au dessus de nos têtes, quoique nous en soyons plus éloignés. Cette grandeur apparente provient surtout de Taffaiblissement qu'éprouve la lumière en traversant des couches d'air plus épaisses et qui nous lait paraître les astres plus près de nous quand ils le sont moins.

Les deux images d'un même objet qui se peignent dans les deux yeux ne nous donnent cependant l'idée que d'un a&il objet, mais si nous dérangeons un des yeux de sa position en le pressant du doigt, ou si nous louchons, nous voyons deux objets, parce que les images se forment sur des points de la rétine qui ne se correspondent pas. On attribue cette unité de vue à ce qu'une partie des nerfs optiques perçoit les objets comme un seul nerf, pour les deux yeux.

Persistance des sensations sur la rétine.^' Phénakistû ope. — Lorsqu'on est resté longtemps dans l'obscurité, la plus faible lumière vous éblouit comme le fait d'ordinaire le soleil. La rétii:e, du reste, se fatigue à regarder longtempài un même objet, et devient insensible à la couleur des objets; après avoir regardé longtemps un point btoc sur une masse noire, si nous regardons ensuite une masse blanche, nous croyons y voir un

point noir^ la rétine étant devenue insensible au blanc. Elle le serait également au bleu et à toutes les couleurs si. après les avoir fixées longtemps, nous regardions du blanc; celuici nous paraîtrait vert, jaune, violet, rouge» excepté bleu. L'impression produite par les objets» du reste, dure un certain temps après que leur image est ôtée de devant nos yeux ; aussi si l'on fait passer successivement et rapidement des images différentes devant Tceil, de manière que l'Impression de l'une ne soit pas encore éteinte lorsque l'autre commence, la sensation qui en résulte est celle d'une seule image ou d*un seul objpt Une roue qui tourne avec vitesse ne paraît plus avoir de rayons séparés mais un seul diamètre :

un corps qui décrit un cercle avec rapidité ressemble à un anneau ; un cercle peint de toutes les couleurs du prisme ne nous donne que la sensation de lumière blanche, parce que toutes ces couleurs se superposent et se mêlent, et recomposent ainsi le blanc.

C'est encore sur cette propriété qa'est fondé le phénakisticope où des figures d'hommes sont dessinées et peintes sur des c irtons divisés en un certain nombre do parties. Sur chaque partie, un homme, par exemple, accomplit la moitié ou le quart d'une action; s'il salue, il lève le bras ; sur le carton suivant il porte la main à son chapeau, sur Ije 3« il le soulève, au 4® il met le chapeau bas, puis sur lès suivants il le relève et le remet sur sa tête. Un rapide mouvement de rota»

tion imprimé au carton ne donne à la rétine "qui reçoit les images reproduites dans une

^0m "un ijwi Jbwuiiil I VTH^

glace placée devant le carton, qu'une seule sensation, composée d'une suite de sensations toutes différentes. Et l'homme nous apparaît saluant avec rapidité et remettant son cha-|^

Seau sur sa tête un grand nombre de fois> n ^a^ie beaucoup ces dessins» en y représentant des scieries, des jets d'eau, des mouvements de toutes sortes, sauts, danses, etc. Cataracte. — Pour que la vision soit distincte, il importe que tous les milieux traversés par la lumière restent transparents; cette perte de transparence entraîne toujours la cécité. Ainsi, dans la cataracte, où le cristallin devient opaque, la lumière n'arrive plus à la rétine, et il faut extraire ou abaisser ce cristallin. S'il se forme sur la cornée transparente des taches blanches ou taies, la vision devient également impossible.

Nous voyons aussi nettement les objets à une petite distance qu'à une grande ; cependant, quelquefois , cette faculté précieuse, dont la raison est encore inconnue, nous manque.

Myopie. — Les myopes, au contraire, ont la vue trop courte et ne voient distinctement qu'à une distance de 10 à 15 centimètres, par suite d'une trop grande courbure de la cornée ou du cristallin, qui se rencontre souvent dans la jeunesse et disparaît avec l'âge. Les rayons sont alors tellement déviés qu'ils se croisent avant d'arriver sur la rétine; on remédie à ce défaut par l'usage des lentilles bi -concaves qui augmentent la divergence des rayons et ramènent le foyer sur la rétine. C'est une infirmité qu'on peut, du

peste, contracter en s'habituant à la vision à courte distance, et c'est ainsi que des jeunes conscrits se rendent myopes à volonté par un usage continu de verres grossissants. Avec Tâge cette infirmité s'affaiblit

Lorsque la rétine est paralysée, comtna dans la goutte sereine, la vision est impossible; la sensibilité très-singulière de cette membrane nerveuse qu'on peut pincer et déchirer sur un être vivant sans douleur pour lui, est très-blessée d'une lumière trop forte, qui la rend incapable d'agir.

Presbytisme. — Il est des personnes qui voient distinctement les objets à une distance de quelques mètres et qui ne reçoivent de près que des images confuses. Cette infirmité d'une vue trop longue, appelée presbytisme, oblige, par exemple, à placer les caractères d'imprimerie qu'on lit ordinairement facilement à 20 ou 25 centimètres, à 80 ou 90 centimètres ; elle provient d'un trop grand aplatissement de la cornée ou du cristallin, qui diminuent de convergence, ce qui recule au delà delà rétine le foyer des rayons partis d'un objet placé à la distance de la vue distincte ordinaire. Les rayons qui viennent des objets éloignés divergent très-peu et peuvent être rassemblés sur la rétine, mais ceux qui parviennent d'objets rapprochés divergent beaucoup ; le pouvoir réfringent du cristallin ou de la cornée est trop faible pour les réunir, et l'image n'est pas formée. Aussi voit-on la pupille des presbytes toujours contractée, et faisant un effort continuel pour ne laisser passer dans l'œil que des rayons qui tombent

sur le milieu du cristallin eèqal n^ost pas-t>&^soin d'être beaucoup déviés de leur routi»

pour 88 peindre sur ia rétine. Gette^ în#n!fé se renconl3*e surtout ch^ les yieîHardbSy à cause du dessèchement des- organes produit par' l'âge. On corrige ce défaut par r^opkKl de lentlIIeB bi-€onvexes, qui' dînânuent' la divergence des rayons avant leur* en^e dans ^ rœil, et ramènent le foyer sur Is^rétîne.

Double vision. — Lorsque je ferme alter*nativement Toeil gauche, en ouvrant le droit, puis que je ferme le droit en rouvrant le gauche, en fixant une' lampe, un abatjour •, uifô pile de livres , des objefôqoeK^ conques, je remarque que* ces objets «em-^blent se déplacer, aller à. droite qttand j'ouvre l'œil gauche, aller à gauche quasd j'omTO l'œil droit ; je ne les vois pas non plus de même : par exemple, Tespace qui sépare deux objets est plus grand quand je Jes^ regarde par l'œil gauche s'ils sont à mai droite, et, plus petit s'ils sont à ma gauche;si je les regarde de l'œil droit et> qu'ils soient à ma gauche, l'espace qui les sépare est plu» ^ grand, et; s'ils sont à ma droite, Û est plus pe^ tit 11 est donc bien évident que chaque cwl ne voit pas les objets dans la même position; mais lorsque j'ouvre les deux yeux, je vols tes objets dans une position réelle, qui serap* proche toujours beaucoup d'une despositians:

que j'ai observées en fermant un œiL Ce»!

deux images qui se forment dans chaque ^1 concourent donc à nous donner l'impression' réelle et complète d'un seul objet ; car l'œil gauohey en voyant l'image plus du côté droite

voit des détails sur la face gauche de cet objet, que rœil droit, pour qui l'image est plus à gauche, ne verrait pas; l'œil droit, à son tour, voit sur la surface droite de l'objet ce que l'oeil gauche ne verrait pas; la. notion totale se complète; et, lorsque les deux yeux regardent à la fois, l'esprit reçoit une impression totale, qui résulte de l'impression partielle de chaque <Bil.

Stéréoscope, — Nous attribuons aux objets que nous voyons le relief et les contours qu'ils ont réellement, parce que, après les avoir touchés souvent et examinés, nous connaissons leur forme ; mais ce n'est pas l'œil qui nous apprend beaucoup à ce sujet; il voit la surface des ot^jets, et ce n'est qu'à l'aide des ombres et des jeux de la lumière qu'il peut nous donner quelque notion de leur relief. A distance ou dans l'ombre, il est souvent impossible de distinguer autre chose que la forme superiicielle des corps, de savoir, par exemple, si un objet est rond ou carré. Les trompe-l'œil en peinture ou en écriture, où les ombres et les effets.de lumière sont bien observés, nous laissent souvent dans le doute si nous voyons une copie ou la réalité. C'est donc surtout l'intelligence qui combine les images reçues par les yeux et donne la sensation du relief. Toutefois, nous avons vu le rôle que remplit chaque œil dans cette tâche.

Le, stéréoscope est précisément fondé sur cette propriété d'une vision unique avec des images différentes. U consiste en une boite au fond de laquelle on place deux dessins à

peu près semblables du même objet, tels que le verrait en réalité chaque œil séparé. Une petite fenêtre, recouverte d'une feuille d'étain, s'ouvre ou se ferme sur le devant de la boîte, et sert de réflecteur destiné adonner de la lumière à Timage.

Deux tubes terminés à la partie supérieure par des lentilles en forme de prisme triangulaire servent à amplifier les images, à faire dévier les rayons qui se dirigent vers les yeux qu'on appliqué près des lentilles, et, par cette déviation, à faire paraître les images en un seul point, au milieu des deux dessins, images qui, de même que les objets dans la nature, nous apparaissent avec leurs reliefs. On a remplacé les prismes par les deux moitiés d'une lentille bi-convexe, avec chacune desquelles on possède des lentilles parfaitement symétri(iues, ce qui est le point important des stéréoscopes.

Les images placées dans le stéréoscope, statues, portraits, bas-reliefs, paysages, vues diverses^, scènes animées, sont généralement obtenues à l'aide de la photographie. Il suffit en effet de prendre deux images du même objet au daguerréotype, en se dérangeant seulement un peu à droite pour l'une, puis un peu à gauche pour l'autre, mai> toujours à la même distance, pour avoir de,*', images qui présenteront des reliefs suffisant^'.

On a observé également qu''*:^ *: leur, le jaune, par exemple, vue à ga .. \ , et une autre le bleu, vue à droite, donnent, au stéréoscope, une couleur mixte, le vert, lorsqu'on regarde avec les deux yeux

INSTRUMENTS D'OPIIQUE

Loupes, lentilles, verres grossissants, — Pour augmenter la puissance de la vue, il suffit de rendre Timage qui se peint sur notre rétine plus distincte et plus grande que nous ne la percevons ordinairement, afin d en mieux voir tous les détails.

On se sert pour cela d'une lentille trèsconvexe ou d une sphère transparente, appelée loupe ou microscope, et Ton place les objets à examiner au foyer de cette loupe. A la distance ordinaire de la vue distincte, c'est-à-dire à 30 centimètres, les petits objets envoient sur notre rétine une trop faible lumière et une trop petite image pour être bien perçus dans toutes leurs parties ; en approchant ces objets le plus près possible, les rayons de chaque faisceau lumineux sont enr core trop divergents et ne concourent point ensemble sur la rétine ; par suite, l'image reste confuse.

La loupe sert précisément à donner aux rayons la direction nécessaire pour rendre bien distincts les objets, comme s'ils avaient subi eux-mêmes un grossissement.

Une boule de verre, une goutte d'eau peuvent servir de microscope ; les plus parfaits sont ceux de diamant, de grenat, de rubis ou de saphir. Pour profiter du grossissement produit, il importe de bien placer la loupe et de varier la position de l'objet selon la vue de l'observateur. Un myope doit trouver

dans une m(^me loupe un moindre grossissement qu'un presbyte.

Il est facile de construire un microscope composé d'un pouvoir grossissant beaucoup plus grand, en prenant deux lentiHes convergentes, à foyer court, c'est-à-dîre à foyer très-rapproché de la lentille môme. Le verre ou la lentille qui est placée près de l'objet a son foyer placé à une distance très- courte, c'est l'objectif; l'autre, Toculaire, derrière lequel se place l'œil de l'observateur, a une distance beaucoup plus grande depuis son foyer jusqu'aux deux points opposés de ses bords. L'image déjà grossie par l'objectif l!est encore une fois par Toculaire, qai la redresse et la fait voir dans sa véritable position.. On emploie même quelquefois phis de deux leutilles. On obtient ainsi des grossissements de 500 fois^ 1,500 fois et même de plusieurs milliers de fois.

Foyer des lentilles. — Je prends un verre grossissant, je l'expose aux rayons du soleil, et' je p!ace derrière lui une feuille de ^spier blanc, que j'approche et que j'éloigne tour à tour. Je remirque que l'image ronde du soleil, qui se forme sur cette espèce d*écran, est plus grande lorsque l'écran est près du verre que lorsque je l'en éloigne un peu. En l'éloignant davantage, je vois cette image se rapetisser de plus en plus, et il vient un moment où elle ne forme plus qu'un point A ce moment, tous les rayons lumineux sont tellement concentrés, que ce point devient un foyer ardent, et mon papier brûle comme si je l'avais approché d'une allumette enflammée^

Mais fiî, ^près avoir ainsi fait un ,trou à mon papier en le brûlant, j'éloigne encore davantage l'écran de la lentille, je m'aperçois, que Hmage du soleil grandit peu àipeu, et qu'elle reprend les proportions qu'elle avait torsqu ell^ était près du verre. Il vient môme jm moment où. cette image disparaît «t fait' place simplement à l'ombre du verre, ombre qui ne diffôre en rien de l'ombre de mon doigt ou de tout autre corps opaque, comme si les rayons ne le traversaient plu&

Le point où je puis enflammer le papier, iC'est-à'dîre la distance entre l'écran ^ et ie verre à laquelle fc^e produit cet effet, est appelé le foyer du verre ou de la. lentille,

SI maintenant je colle contre ma lentille dé V/6n*e un petit triangle de papier, et que je. tienne le verre de manière que le sommet du triangle soit bien en haut et la base bien en bas, je vois que, lorsque Le papier est près du verre,^ l'image du triangle est semblable, quoique plus petite, au triangle lui-môme; mais lorsque j'ai reculé l'écran au delà du point ou du foyer qui embrase mon papier, je trouve que l'image de mon triangle s'est renversée. Le sommet est en bas et la base ■est en l'air ; je rapproche l'écran du verre en dépassant le foyer, l'image se redresse ; je recule Téeran au delà du foyer, l'image se renverse.

J'examine, pour me rendre compte de ce , phénomène, comment est construit mon verre grossissant et. je vois qu'il est bombé ou biconvexe des deux côtés ; j'en conclus que»

lorsque la lumière tombe sur une lentille, ses rayons se dévient en passant de Tair dans le verre, se réfractent dans celui-ci, se réfractent une seconde fois en en sortant et en revenant dans Tair, et qu*alors, en continuant leur route, ils se coupent tous ou se rejoignent dans un point plus ou moins éloigné de la lentille et qu'on appelle foyer ; j'en conclus encore que, lorsqu'ils y sont concentrés, ils peuvent enflammer les corps ; et que, au delà de ce foyer, ils produisent une image renversée des objets d'où ils proviennent.

Pour redonner à cet image l'aspect naturel, il faut, à l'aide d'une seconde lentille, ramener les rayons à leur direction primitive, inverse de la précédente.

Lorsque l'on place un objet lumineux ou seulement éclairé entre la lentille bi -convexe et le foyer de cette lentille, c'est-à-dire si on rapproche beaucoup l'objet de la lentille, on obtient des rayons qui se réfractent dans la lentille, mais qui ne convergent pas à sa sortie. Ils arrivent à l'œil qui se place derrière cette lentille, et lui donnent une image agrandie de l'objet. C'est la loupe ordinaire.

Lunettes, — Lorsqu'on eut observé que la superposition à distance de verres convexes et concaves avait la propriété de grossir les objets, on eut naturellement l'idée de s'en servir pour mieux voir de loin, et de rapprocher les distances en adaptant ces verres à chaque extrémité d'un tube. On créa ainsi la lunette d'approche. Cette découverte, qui ne date guère que de 1600 environ, fut due au hasard et non à la volonté d'un homme;

Lippershey fut son premier constructeur.

On se sert aujourd'hui de lentilles ou de verres bombés sur chaque face, mais bombés en sens opposés ; de lentilles bi-concaves ou creusées de chaque côté; ou de ménisques convergents à bords tranchants, ou divergents à bords épais. C'est avec ces verres bombés du côté des objets et concaves du côté de l'œil qu'on constitue les lunettes qui permettent de voir de tous les côtés, tandis qu'avec les premiers seuls, ou ne voit guère les objets nettement que dans un très-petit espace, autour du centre de la lentille.

Longites-vues. — Les lunettes terrestres, ou longues-vues, se composent de quatre lentilles convergentes, dont deux sont placées entre l'oculaire et l'objectif, de manière à redresser l'image. L'oculaire y sert toujours ÛB loupe.

Ces lentilles sont ordinairement placées dans un tuyau composé, de trois parties mobiles ; les deux lentilles intermédiaires sont dans le même tuyau, les deux extrêmes ont chacune leur tuyau spéciaL Les objets donnent d'abord sur l'objectif une image renversée; les rayons continuent leur route jusqu'à la seconde lentille, où ils convergent vers son foyer et vont former une nouvelle image redressée au foyer principal de la troisième lentille, où on la regarde par l'oculaire.

Télescopes — Les télescopes se composent de miroirs métalliques courbes, placés au fond d'un long tube et combinés de manière à former par réflexion une image réelle d'un objet très-éloigné. La concavité du miroir est

tournée vers les astres, dont l'image formée en avant du miroir est vue au moyen d'une •loupe ou d'un oculaire. On noircit les parois Internes des tubes pour éviter toute réflexion de lumière, comme on le faii du reste dans toutes les lunettes dont nous avons parlé.

Les objets, étoiles, planètes, etc., que les astronomes observent, étant très-éloignés, 11 importe que les lunettes à leur usage grossksent considérablement les images qu'elles en donnent Aussi les lunettes astronomiques comprennent-elles deux lentilles bi-convexes (convexes des deux côtés), un » objectif d'un long foyer et un oculaire de très-peu d'étendue (pour réunir beaucoup de lumière), qui grossit encore l'imuge, comme la loupe. Le grossissement est du reste d'autant plus grand que Touverture de l'objectif est plus grande et celle de l'oculaire moins grande. Ou reste, les objets sont vus dans une position renversée et le grossissement est d'environ 600 à 900 fois.

La lunette de Galilée, ou des théâtres et de spectacle, se compose d'un objectif bi-convexe t" convergent et d'un oculaire bi-concave divergent Ce dernier est placé entre l'objectif •et son foyer principal de manière à rendre divergents les rayons convergents de l'objectif, absolument comme s'ils provenaient de l'objet placé entre les deux lentilles. L'objet se trouve ainsi grossi sans être renversé.

Mioro&cofje solaire. — Le microscope solaire, qui sert à examiner les objets de petites dimensions, est formé d'un miroir plan, qui réfléchit les ravons du soleil, et de trois

lentilles convergentes dont les deux premières servent à concentrer la lumière sur Tobjet à: examiner, et la troisième à amplifier l'image qui en est transmisa

Hus l'objet est voisin du foyer et plus le grossissement est fort ; c'est pour cela qu'on rend la lenttlle objective mobile de manière à rapprocher à volonté de l'objet et à augmenter la grandeur de l'image.

Les objets microscopiques qu'on observe de cette manière, animaux, vers habitants de gouttes d*e^u ou de matières en putréfaction, révèleot tout un monde d'infiniiïient petits excessivement curieux. On peut même voir se former des cristaux de dissolutions salines, et assister à la solidification régulière de ces particules infiniment minces de matière.

On place ordinairement les objets à exa^ mi»er sur des lames de verre qui glissent entre deax plaques métalliques, disposées convenablement

On remplace souvent le microscope solaire par un microscope à lumière électriqîie, qui a à peu près la forme d'une lanterne magique, et pormet à toute heure d'étudier les objets sur un écran où l'on en projette l'imaga

Mégascope, •— Fantasmagorie, — Le mégascope sert à donner de grandes images des objetft Lorsqu'on ne se sert pas de lumière solaire^ on peut rendre le mégascope portatif et réelairer par une lampe. C'est ainsi qu'est construite la lanterne magique. Les objets ou verres peints de diverses figures sont éclairés

par la lumière d'une lampe placée à. Tintérieur d'une caisse de fer-blanc et sont posés en avant du foyer principal d'une lentille bi-convexe. Les images amplifiées par cette lentille et par une autre qui les projette, sont reçues sur un tableau blanc ; on présente toujours les verres à l'envers, sans quoi la lentille convexe les reproduirait elle-même à l'envers.

La fantasmagorie est une lanterne magique mobile qui s'approche ou se recule d'un écran en taffetas gommé derrière lequel elle est posée. On place le speétateur devant»

dans l'obscurité; il voit l'image se peindre sur récran, et selon que l'on avance ou qu'on recule la lanterne et l'objet, l'image grandit ou diminue, et semble s'avancer ou s'éloigner du spectateur et produit des apparitions et disparitions successives.

Chambre obscure. — La chambre obscure est destinée à donner, sur un tableau, une image plus petite d'un objet ou d'un paysage, îl est facile d'en faire une en fermant toutes les fenêtres d'une chambre, et en bouchant toutes les ouvertures qui pourraient laisser passer de la lumière. On perce un seul trou dans un volet, on y place une lentille convergente, autrement dit un verre grossissant, et on met au foyer de cette lentille, foyer qu'on reconnaît par tâtonnement, un écran de papier blanc sur lequel se peignent les objets, maisons, rues, hommes, qui se trouvent devant l'ouverture. On a soin de tourner la concavité de la lentille bi-convexe ou convergente vers les objets extérieurs.

Maïs les images ainsi reçues étant renversées, on dispose, pour les redresser, un miroir placé à 45°, qui reçoit les images de la lentille ; et l'on peut observer les images qu'il réfléchit sur un verre dépoli placé horizontalement à la paroi supérieure de la chambre.

Il est quelquefois plus aisé de recevoir d'abord les images sur un miroir oblique, qui les renvoie ensuite sur la lentille placée horizontalement, laquelle les transmet renversées au fond de la chambre, sur un écran qu'on peut également rendre oblique pour ftcÙlter la vue des images.

Chambre claire. — La chambre claire ou caméra lucida, s'emploie pour dessiner les paysages, les édifices, etc. C'est un prisme quadrangulaire dont un des angles est droit à 90°, un autre à 135o et les deux derniers égaux entre eux, chacun à 67^1 / 2. Les rayons venus du corps pénètrent dans le prisme perpondteulaîrement par une de ses faces^ qui est verticale; ils sont réfléchis par la face inférieure inclinée, puis par une autre face, latérale oblique, et ressortent par la face supérieure horizontale. Un observateur, en regardant sur cette face, et surtout sur l'angle opposé à la face perpendiculaire, croit voir les objets au-dessous du prisme dans une direction horizontale, et il en peut suivre tous les contours avec un crayon sur un carton placé horizontalement au-dessous. On remplace souvent ce prisme quadrangulaire par un prisme isocèle*

Kaléidoscope. — Le kaléidoscope se compose de miroirs inclinés qui reproduisait et

multiplfentnmage des objets placés devant et entre eur, de manière à former' des ro* saces, etc. Plus on incline les miroirs, plts on a d'images; un angle de 1/5, 1/6, 1/iO de drcooférence , donne 5, 6; 10 Images; les petits objets remués par le'mouvecneDt donnent de nouveaux dessins analogues à ceux nécessaires à l'impression des étof* fes, etc. On a même ainsi des images en ligne droite ou bordures, lorsque les miroirs sont parallèles Tun à l'autre, et des images en coin, en plaçant les miroirs à angles droits.

On a adapt(^ au kaléidoscope ordinaire ime lampe à réflecteur qui éelaire ^imag^ et au moyen d'une chambre noire on transporte rimage sur une glace dépolie ou un éiran, où Ton décalque avec un papier transparent les contour» des dessins.

Diorama, — Le diorama est composé d© deux toiles peintes diflféremment ; Tune éclairée par devant ou d'en haut par réflexion, la seconde, plus foncée de couleur, éclairèd par derrière seulement ou par réfraction, à l'aide de croisées verticales qu'on n'ouvre que lorsqu'on ne veut plus voir le premier tableau.

On fait passer- la lun :',-ri des croisées par parties et par -des milieux diversement co-»

lorés, avant de la faire tomber sur les toiles.

Comme les couleurs naissent de Tarraiitgement des molécules des objets, toutes les substances employées pour peindre sont incolores, seulement elles réfléchissent tel ou tel rayon de la lumière complète.

On ne peint que des effets de jour et de nuit, mais on leur donne des dégradations insensibles à. Taide de milieux interposés.

Apparitions^ spectres» — Lorsqu'on se regarde dans une glace transparente et sans tain, et que l'espace en avant et en arrière est également éclairé, on ne voit pas d'image se produire. Mais si on rend obscure la partie en avant de la glace, et qu'on éclaire un objet quelconque caché à la vision directe, on a une image de cet objet qui se détache avec intensité derrière la glace, à distance égale de celle de l'objet L'obscurité fait ici l'offîce du tain.

On a profité de cette disposition pour produire au théâtre des. apparitions de spectres, dont on ne voyait que Timage et dont les mouvanents et la figure étaient ct^pendant ceux de personnes réelles.

Pour la production de ces spectres dans une demi-obscurité, on dispose trois glaces sans tain de 8 mètres de long sur 4 mètres de haut dans un même cadre, et inclinées à 45^ par rapport au plan de la scène. Ces glaces doivent être très-nettes. Les acteurs dont les images doivent être réfléchies par les glaces pour produire les apparitions, se placent sur l'avant de la scène, contre l'orchestre, dans un vide fait exprès. Leur position, relativement à l'inclinaison des glaces, doit être telle que les images soient bien verticales et en contact avec le plancher du théâtre» au moins pour les spectateurs placés au même niveau, car pour ceux qui sont plus élevés, les images semblent quitter la

terre. On projette alternativement de la lumière sur rimage, ce qui amène des apparitions et des disparitions successives, et Tobscurité qui règne au fond du théâtre sert de tain à la glace sur 1 .quelle se peignent les spectres.

Phares. — Les phares servent à éclairer de loin les côtes.

Les simples feux de port sont composés d'Une ou deux lentilles; les feux de premier ordre en ont plusieurs formant des figures à 6, 8 pans; ils tournent par un mécanisme d'horlogerie autour des lampes, de manière à transmettre la lumière de tous les côtés.

D'autres lentilles inclinées, formant le dôme et la base des phares, sont disposées pour réûéchir horizontalement toute la lumière qui leur parvient, et elles concourent à former les fais- CMiaux et les nappes lumineuses.

On voit quel chemin a fait Tindustrie des phares depuis les simples feux de bois des anciens jusqu'à la concentration des rayons d'uhe lampe à double courant d'air sur un miroir métallique réfléchissant. Depuis cette invention, et surtout depuis que Fresnel eut l'idée d'imprimer au réflecteur un mouvement uniforme de rotation qui dirigeait la lumière tour à tour vers tous les points de l'horizon, le plus grand progrès accompli est certainement l'emploi des lentilles à échelons, dont l'usage accroît l'intensité de lumière et permet aux feux fixes ou mobiles et aux feux colorés d'éclairer au loin jusqu'à 20 lieues. En tournant, il se produit des éclipses de feu qui servent à faire reconnaître aux

marins le lieu où ils se trouvent, le nombre de ces éclipses étant connu.

Pour construire ces lentilles en échelons, on dispose autour d'une lentille centrale une série d'anneaux de. verre ayant le môme centre que la lentille et dont on a calculé la concavité, de manière que tous aient le même foyer et fassent l'effet d'une seule lentille, dont la construction serait très-difficile et l'effet toujours incomplet C'est ainsi que sont aujourd'hui construits la plupart des phares établis pour porter en mer la lumière à de grandes distances, 60 à 80 kilomètres.

On place la lumière produite soit par plusieurs becs de lampe, soit par la combustion du gaz de l'éclairage, soit par Télectricité au foyer commun de ces lentilles complexes ; les rayons lumineux, après avoir traversé sa surface sans subir aucune divergencô et p9St suite aucun affaiblissement, sortent au dehofs en un large et intense faisceau parallèle, d'une portée considérable.

Achromatisme. — Lorsque la lumière tombe sur une lentille, nous avons vu qu'elle dévie de fea route ; mais de plus les lentilles, comme les prismes, décomposent la lumière blanche, et donnent sur leurs bords, qui paraissent alors irisés, les couleurs du specfir^ C'est que les divers mouvements décomposés ou les rayons colorés se réfractent différemment et font leur foyer dans des points différents pour chacune des couleurs. Aussi les objets vus à travers les verres concaves ou convexes ont-ils toujours près de leurs bords des franges irisées, comme on peut s'en con-

vaincre en reg^o^^at avec i an de eesirerres, un objet quelconque éclairé par 1« soleil.

Lorsque l'on place les lentilles derrière un oculaire à travers lequel on tes 'regarde, celui^i «uperpose au centre ces diverses images ; il y a une sorte de recomposition blanche pour les couleurs centrales, mais les couleurs extrêmes ne sont pas recomposées et restent visibles.

Pour remédier à cet inconvénient, qui nuit à la netteté de la vision, ou, camane on dit, à V achromatisme des lentilles, il faut accoler une lentille bi-convexe à une lentille bi-concave, ou placer entre l'ocuiaire et l'objectif un verre qui rassemble les rayons epars ; rigoureusement, il faudrait eept len« tUles iK)ur ramener chaque rayon «a œiïlTe^ maisc&ux suffisent généralement*

Mesure des pressions. par la lumière 4t les couleurs. — Lorsque Ton serre un petit écrou avec les doigts, la pression dévdoppée est de 220 kilog. Lorsqu'on décalque uue lettre avec une presse à copier ordinaire, on presse avec une force de 8 à 900 kilog. On «pQot mesurer de même la pression de toutes les presses, étaux, balanciers, systèmes de leviers, etc.

11 suffit pour «ela de .{dacer, entre les surfaces comprimantes, une plaque de verre de 2 à 3 centimètres; la lumière qui traverse cette plaque comprimée se trouve modifiée; il y a un eflet de double réfraction, c'est-àdire qu'on obtient deux images ou deux faisceaux de lumière au lieu d'un; l'un des

rayons, rordinaire, qui est d^abord blanc, change de couleur et arrive au gris bléa après avoir trarersé toutes les couleurs du speclre, lorsque la pression égale 535 kilog., l'autre rayon, ou rayon extraordinaire, donne les couleurs complémentaires dti premier rayon et part du noir pour arriver au gris blanc. Une pression de 54 kilog. colore le rayon ordinaire en jaune brun ; 64 kilog. en rouge clair ; 70 kilogi^ violet foncé; 77, indigo; 84, bleu;138, vert pâle; 442, vert jaune; 4^, jaune vif; 483, orangé; 216, pourpre; puis la dégradation des couleurs recommence ea sen» inverse; 228 kilog. donnent le violet; 240, rindîgo; 290, le v^t; 305, le jaune impur; 535, le gris bîeu.

On pieut ainsi mesurer, à l'aide de ce dyna-

naoraètre optique et en ajoutant de nouvelles

plaques de verre, des pressions, de 43;000kil.,

26,000 kil., 39,000 kil., etc.

1 Couleurs camplémenlaires. — Le nom de

! couleurs complémentaires que nous venons

I d'employer et que nous avons déjà mentionné

s'appHque aux couleurs simples ou composées,

qui donnent du blanc lorsqu'on les mélange

ou . qu'on les réunît par un moyen quelconque,

I — Quant aux sept coulfurs : rouge, orangé,

[ jaune, v«rt, bleu, indigo, violet, il faut re-

I marquer que deux de ces couleurs, distantes

I d'uD rang, doiment toujours par leur mélange

la- coialeor qui les sépare.

Aurores boréales et australes. — Dans les coïKferées qui avoisinent les pôles de la terre, les météores lumineux qu'on appelle des aurores boréales sont pour ainsi dire

permanents et réguliers; ils remplacent en quelque sorte le soleil. Ce phénomène présente toujours à peu t rès le même aspect ; il débute par des jets brillants de lumière qui jaillissent au-dessus de Thorizon ; deux grandes colonnes lumineuses s'élèvent peu à peu, à droite et h gauche, à une grande distance ; elles semblent monter vers le ciel en changeant sans cesse de couleur et en passant du jaune au vert, puis au rouge. Elles se réunissent ensuite par leurs sommets, à une ^ande hauteur, eu formant une immense voûte de feu, qui subsiste des heures entières. De cet arc, s'élancent des traits de feu, des fusées étincelantes qui vont se réunir dans un petit cercle qui forme la couronne de l'aurore boréale. Une fois cette couronne formée, le phénomène a déployé toute sa magnificence, et son éclat diminue pçu à peu.

©ans nos climats, ces météores sont tpèapeu fréquents et ils n'ont jamais un aspect aussi splendide qu'aux pôles, où, sur deux cents jours, cent cinquante ont des aurores boréales.

Ces aurores paraissent le résultat de courants électriques qui se dégagent des pôles vers les hautes régions de l'atmosphère. Des décharges se produisent entre l'électricité positive de l'atmosphère et l'électricité négative du globe ; ces décharges se déroulent en espèces de replis comme un vaste manteau de feu, dont la base est rouge, le milieu vert, le reste jaune. Dans les régions plus rapprochées de l'Equateur Taction du

soleil sépare et maintient séparées les deux électricités de la terre et de l'atmosphère, et empêche la formation de ces courants constants qui se développent aux pôles, e% Qui donnent aux étincelles, aux éclairs et à la lumière électrique , une étendue , une puissance et une durée incoiuparables.

A.PPENDICE

Applications des forces et des moteurs physioues à la mécanique, — Nous avons vu déjà de nombreuses applications des forces physiques, telles que la chaleur, Télectricité, la pesanteur, pour produire du travail mécanique dans les machines. Il en est d'autres encore qui se rapportent surtout à l'action de la pesanteur, aux mouvements de l'eau et du vent, dont nous devons dire un mot

Mais, dans ces diverses machines, on peut tout réduire en définitive à trois conditions principales : un point d'appui, une résistance à vaincre, et une force ou une puissance capable de vaincre cette résistance.

Levier. — Ainsi, lorsqu'on place sous une lourde pierre une barre de fer ou de bois, que l'on soulève pour remuer la pierre plus aisément, on a : 1° une puissance représentée par notre bras et la barre de fer; 2P un point d'appui qui permet à cette puissance d'agir, c'est la terre sur laquelle s'appuie la barre ; 3^ enfin une résistance à vaincre, c'est le bloc de pierre. — Les machines les plus compliquées présentent toujours ces trois éléments indispensables, que nous venons de voir réduits à leur plus simple expression dans le levier.

Danaaa bateau à vapear, la puissance, c'est raetion de Im vapeur, le point d^àppai, c*mt l'eau frappée par les roues du bateau, la résistance, c^est enoore Teauet le bateau, oar quelquefois le point d^appuî et la résistance ^ sont réunisf dans un même objet. D^ob les «heminB de fer,' ce point d'appui, c'est-râdM^ rence des roues sur les rails; lorsque ce point d'appui manque,- les roues tournent, la puissance de la vapeur agit toujours mais le convoi n'avance pas. On voit par là combien le point d'appui a d'importance en mécanique. Aussi Archimède disait4I': Donnez^ moi un point d'appui et je soulèverai le monde.

Tantôt le point d'appui est placé entre 1* puissance et la résistance comme dans les ciseaux, les tenailleSj les barres de» pompes; tantôt la résistance est entre le point d'appui et le point d'application de la puissance, comme dans les casse-noisettes, les couteaux^ à chapeler le paio, les bateaux à- rames-, les' brouettes. Tantôt, enfin, là puissance est entre le point d'appui et la résistance, comme dans les pincettes, les ciseaux à tondre les bêtes à laine, et les muscles des animaux ; ro9 est ici la résistance^ le muscle qui s^ttache à IV» et qui se contracte pour le remuer est la puissance,' et l'èmbohure de l'bs est le point d'appui.

Les cordes^ les poulies, les moufles, les tours, les roues dentées, les cabestans, les grues, les crics, sont des applications variéesdes divers genres de leviers que nous venons de signaler ; tous ont pourpoint d'appui des

corps solides ; la puissance varie de nature, selon le caractère du moteur qui met ces machines en mouvement.

Mais en dehors de la vapeur et des autres IDOtieurs dont nous avons déjà parlé, on se Ètti encore fréquemment de Teau et du vent soit pour produire un mouvement, soit pour produire une pression.

Tout courant d'eau peut, en effet, donner un travail mécanique utile, si Ton a soin d'utiliser le mouvement du courant pour faire marcher des machines. On se sert de différentes formes de roues pour arriver à ce résultat; les unes sont à palettes ou à aubes verticales ou horizontales, d'autres sont à augets ou à pots, et elles reçoivent l'eau dans les cavités spéciales, où celle-ci exerce une pression qui fait tourner la roue.

Effets dus aux pressions dans tous les sens.

— Dans les liquides, et grâce à leur mobilité, toute pression qui s'exerce dans un sens se transmet immédiatement dans tous les sens.

Ainsi les liquides exercent d'abord des pressions de haut en bas sur les vases qui les renferment; mais ces pressions ne s'exercent que «omme si un poids était attaché à la base seule du vase ; les pressions qui ont lieu sur les parois sont insensibles dans ce cas, et des vases de formes différentes, l'un égal en haut e^n baâ, Tautre dont le bas sera plus grand que le haut ou que le goulot, le dernier dont le bas sera plus petit que le haut, mais qui auront tous une base ou un fond d'égale surface, supporteront des pressions égales, bien qu'ils contiennent des quantités très-

inégales de liquides : cette pression étant représentée par un cylindre ayant pour base le fond du vase et pour hauteur la hauteur même du vase.

Il est ainsi possible d'exereer des presslDCte très-grandes avec peu de liquide. On peut faire rompre le fond d'un tonneau en adaptant à ce tonneau un tube très-long et trèsétroit qu'on remplit d'eau. Le fond du tonneau supporte alors une pression égale au poids énorme d'une colonne d'eau ayant pour base le fond du tonneau, et pour hauteur la hauteur du liquide contenu dans le tube.

Quand on perce une ouverture dans les parois de côté d'un tonneau plein d'eau, l'eau s'écoule ; il y a donc une pression latérale qui s'exerçait avant s\ir la paroi du tonneau et qui produit l'écoulement de l'eau.

Il y a de même des pressions de bas en haut, et c'est pour cela que l'eau se précipite dans un bateau percé par le fond.

Presse hydraulique, — On utilise cette force de pression de l'eau dans la presse hydraulique, qui produit des effets considérables. Elle consiste en un piston que presse l'eau de bas en haut dans un tube résistant en fonte. Le liquide arrive dans ce tube après avoir traversé un autre tube beaucoup plus élevé qui communique avec lui. La pression est alors égale à celle d'une colonne d'eau qui aurait pour base la surface du piston , et pour hauteur celle du second tube.

Plus le piston est large et le second tube élevé, plus la pression est grande. On fait appuyer contre un obstacle très-résistant ce

piston, et entre lui et l'obstacle on pose les objets à comprimer, qui supportent ainà uacâbrt très^considôrable.

Capillarité. — Lorsque Ton pr^d un tabe dhm très-petit diamètre, à peu près de la grosseur d'un fil, et qu'on le plonge dan&des liquides; eau, alcool , acide ou antres^ qui mouillent le verre, on voit Peau s-él^er dans le tube, au-dessus du niveau du vase où on a plongé le tube, et se terminer par une surface concave. Si on plonge ce même tube dans un liquide qui n'en mouille pas^ les parois et qui n'y adhère pas, on voit le liquide rester au-dessous du niveau qu'il a dans le vase extérieur et présenter à la parUe supérieure une surface convexe. Ces différentes courbures s'observent déjà .dans tons les vases^mals elles sont infiniment plussen-sibles dans les tubes de plus en plus étroits. C'est ce qu'on appelle les- phénomènes cs^pillaires, qui ont lieu dans des espaces très*resserrés, de la largeur d'un cheveu.

Dès qu'il se trouve entre les molécule^descorps des intervalles assez petits pour jouer» le rôle de tube capillaire, on observe des résultats analogues. Ainsi, dans les plantes, la sève circule par de petits canaux très-étroits, et monte jusqu'à leur partie supérieure par un phénomène semblable. lien est demême!

dans les mèches des lampes^ des bougres, où les petits intervalles qui se trouvent entre les ^ fils qui les composent servent de tubes capillaires, qui favorisent l'ascension de l'huile, dé la graisse ou de la cire qui doivent brûler; On voit aussi souvent l'humidité se propager

depuis les fondations jusqu'au sommet d'une maison qui reçoit plus ou moins les infiltrations de cours d'eau voisins, par des raisons analogues, dont l'explication se rattache aux phénomènes de la pesanteur.

Emploi du vent, — Le vent n'est plus guère employé comme moteur, depuis que la vapeur Ta remplacé dans la marine comme dans l'industrie, et qu'on a substitué les navires à vapeur et les moulins mécaniques aux vaisseaux à voiles et aux moulins «à vent. Ces moulins recevaient leur impulsion du vent soufflant avec une vitesse qui ne devait pas dépasser 7 à 8 mètres par seconde. Quatre grandes ailes ou volants à surface légèrement obliques, ou, comme on dit, à surface gauche, recevaient l'action du vent, et devaient tourner sur un pivot, pour pouvoir. toujours se présenter verticalement aux souffles aériens, dont la direction varie si fréquemment.

Malgré l'abandon de plus ' en plus général de ce genre de machines, la force du vent pourrait être plus souvent utilisée qu'elle ne l'est.

Le tableau suivant donne l'indication des vitesses que peuvent prendre en une seconde les différents vents ; nous y avons joint les chiffres qui représentent la vitesse des autres forces physiques, afin qu'on se rende mieux compte des variations qui se présentent sous ce rapport dans la nature :

En une seconde

Un vent calme parcourt. ... 4 m.

Légère brise 2 m.

Petite brise 4 m.

Jolie briFC, vent dt^s moulins. 7 m.

Un chemin de îer, 8 m. 04

Bonne brise, vent des navires

à voiles 11m.

Train express ». 14m.

Grand frais, vent fort 16 m.

Grand vent 22 m.

Coup de vent 25 m.

Tempête 27 m.

Ouragan ^ . . . 36 m.

Ouragan renversant arbres et

maisons 46 m.

Le son dans l'air à 15*^ 341 m.

Rotation de la terre à T Equateur (force cenrrifuge)..-. 465m.

Un boulet de 12 kilog. chassé

par 6 kilog. de poudre .... 500 m.

Le son dans Teau, 1 kil. 430 mètres.

Le son dans les bf»is et les métaux, 3 kil. 500 à 5 kil. 600 mètres.

Vitesse de la translation de la terre autour du soleil, 30 kiJ. 3:52 mèires.

Vitesse de la chaleur, 308,000 kilomètres.

Vitesse de la lumière, 308,000 kilomètres.

Vitesse de Télectricité, 460,000 kilomètres.

Vitesse de la force attractive entre les

corps célestes, 50 millions de fois la vitesse

de la lumière, ou 16 trillions de kil. ou 16 quatrillions de mètres, 16,000,000,000,000,000 de kilomètres.

D'après ces vitesses, pour faire le tour de la terre, un soldat, marchant nuit et jour, au pas déroute, emploierait un an et 63 jours.

En chemin de fer, 30 à 40 jours.

Le son dans l'air mettrait 32 heures 1/2.

Un boulet de canon, 21 heures 3/i.

La lumière un peu plus de l/iO® de seconde. ,

L'électricité moins de 1/10® de seconde, .

PBTSTOUB, — EU

CONCLUSIOH.

Tou( esi eru mouvtm'BiUd^ns 2^ .monde/ — -r Arrivé au terme de ces pages, résumons «d quelque» mots , qù qu^ nous^: avonsD ditii -

Nous avons vu la matière se diviser à Tinfini, prendre tour à tour toutes les formes et tous les aspects; nous l'avons vue toujours en mouvement et mise en mouvement par une foule de causes. Nous avons vu la lumière, la chaleur, la pesanteur, l'électricité, le magnétisme se transformer les unes dans les autres, se produire mutuellement et nous apparaître tout simplement comme des mouvements en sens divers et doués de vitesses différentes , d'une même matière appelée éther, très-subtile et répandue partout Il n'y a donc pas autre chose dans le monde J physique que nous avons examiné que de la I matière tantôt en mouvement, tantôt en I repos, tantôt en grande masse, tantôt en atomes infiniment petits, et il n'y a rien autre l|que les lois qui régissent cette matière.

*1 La matière est indestructible et impénë^ trahie. — En effet, on pevit bien changer l'aspect, rétat, les propriétés des corps, mais on ne peut détruire la matière elle-même ; on sépare les molécules les unes d'avec les

«atres, on divise les corps à riofini, mais»

réunies ou séparées, les parties de matière .existent toujours, soit que nous les voyions, sDit qu'elles soient invisibles à nos yeux* Rien/ ne se perd donc dans la nature; le bois que' -QOus avons brûlé. Peau qui s'est vaporisée, le fer qui s^est volatilisé ont changé d'état, imais 41s ne sont pas anéantis ; leurs parties . ies plus ténues subsistent toujours ; elles ont 4oviours subsisté sous une forme ou sous une . lautre. Telle pierre solide a pu tour à tour^ ôtré dissoute dans les eaux, volatilisée par le V if&a cientral, se combiner à Toxygène et former une matière terreuse, puis séparée é&s matières qui s'étaient mêlées avec elles, nous appstraître sous Taspect d'un métal, passer par nos fourneaux, êtrâ volatilisée par eux, et rester en particules très-petites sua* pendue dans l'air. L'analyse nous montre iunsi que le sodium qui forme la soude, qui . est la base du sel marin, forme une grande papUe des -minéraux terrestres lorsqu'il est combiné au carbone sous forme de carbonate de soude, et (}u'il est réuni à d'autres corps ;^ ce sodium volatilisé existe dans Tair, qw .grandes quantités invisible^, et en particules infiniment ténues, que les analyses les , plus délicates de la lumière peuvent seules nous montrer. Eh bien, ce corps, comme tous les autres, s*est transformé, a subi mille et • mUle modifications, mais jamais la matière qui le c(Mnpose n'a été détruite, et ne peut l'être-Elle peut se diviser à l'iûfini, se raré- / fier considérablement, c'est-êi-dire que ses

iparties peuvent être trèst^lsolées les unes des

autres, très-séparées, comme on croit eycie cela existe dans les immenses ' ïdspaces qfui r« séparent les planètes entre elles; maisja- ^ mais elles ne peuvent être anéanties.

Mais si rien ne se perd et si tout se transforme, il faut bien remarquer qée cela n'est vrai que de la matière même, c'est-à^^iire de Fessencc des corps ; mais, au contraire, cette matière s-agrége , s'accumule, forme des substances diverses ',' des amas, qifi varient coirtinuellément'de qualïtés^ de formes^ de poids, et qui sont ^détruits, reformés, changés- et modifiés perpétuellement par- une foule de forces et de ciauses- extérieures. . ■ ' ^ - * '

Le sel marin, .que nouiei citions "tout; à rheure, est tantôt dissous dans l'eaûi'etil disparaît à nos yextx ; tantôt, par révapbrâtîon de reau,'ll nous appafraît en^ cristaux, accumulés; Iquelquefoiat ces cristauîç réunis forment des masses considérables et des grottes de, .sel gemme î d'i^tres fois, 'le sel est décompose en ses "'éléments constituants, le chlore (un gaz) et 1« sodium (un 'métal) ; alors ce der^i^ a*uhit â^ d'autres Oôrtis,'Toxygène, JB carbone, et forrfie d^ nouvelles sulistances '^|ue la chaleur et l'électricité {Jeuvent décomposer et quî peu ve^t* .'ensuite se prêtera d'autres cbnibinaiions.: Eh bien tous ces corps, tous ces agrégats tl^nsitoires et mul-

composaient sont désassociés par Taction des

forces extérieures et du milieu nouveau où

' Us sont transportés. Il naît à leur place'de

* nouvelles personnes phyéîques, de nouvèâilix corp9taëfn semblables auxprefmiers. A la^l2t<;e a'un»'ll(]uide/un gafe;' & la place d'un gaz, on soUde^ià Itt' place d^unë pierre, ^eUx' tnétaœî'; pttiS'<;leô> eircondtanees changent encore, et

' reprôdfrïseût'leé cahdttioD^daDS leâquelleist le préfaier 'corps s'était produitj^ une nbiivelle

• traUéftk'iiÉJatiôn s'opère, et netos reyoyonjs apparaître du'^l^mfarîIi^"sU]^ IfêVL'dti carbonate

' d»lëo«dey-eté/- '^ ' ' ='• 'i-î' '•' '•Le ki6nde et' lai' toatfere sont dond dans un éta« perpétuel de' 'transformation; la ïnatiêre indestructible s'èigt^é^ de «ifîlle lifànières différentes pour fermer des corps variés ; ces ôOrpë'nîlissent, soiit'fiéti^uits, se séparent ou Sô "reproduisent par Toétiôn de forces plus ^u moins pHissai*tfes;'rafAi5j^aL letik» personnalité éphémère ne dure qu'autant que riep ne

■ la décompose, il «st 'quelque chose de Stable qui. dure? toujours 'et 'Subsiste éternellement au milieu de toutes -ces^ tran«forraatibns*iguc-

« cessives^'c^est la matière et' les forcer qui la mettent en mouvement, et surtout les lois d'après lesqaelHês ces mouvements s'acéomplissent

Le monde, la terre, les astres tels que nous les voyons, peuvent donc avoir commencé et finir j'mals la matière qui les compose ne peut être anéantie, et le néant est un mot vide de sens. "* ...•..-

Rien, du reste, dans la nature, nés' accomplit sa^ns qu'une loi préside à cett-e action. Il ' y a des conditîons nécessaires,' qiii ' sont les ' conditions mêmes de l'existence de la^ matière, ' auxq^eàles celle-ci ne se peut soustraire. De

m6me que rien ne peut empêcher* deui lignes d'égale longueur d'è^*er.égale8|>rieQ n^empô-

chera une balle élastique de rebondir* '^ieUt sinon une<^utre loiqui dendra^modiâer celle

^n vertu de laquelle «ces eoirpg^coiiipliflsent cds4ifférente& actioB£u Aiosip, of^>ttne*auU*e ioi qui;, en 'diminuant Télnmcité^e la bâUe, i>u en détruisant la résistance f<hiftBiar»-6ai« pôcll6ra^la première de rel^ndir.

Mais, tant qu*une loi n*e§ti pas mocUûée par une autre loi, elle agit to^jours -de mè* •me, les mêmes effets se reproduisit lops<|«e les conditions sont idendques, et* jkiies'âè- -cles de distance, le sel mapln peut ' être > reproduit comme il le fut il y a dîx-h\Ut cents ans, en plaçant dans des condillona 4âentl« ques le chlore et le sodium qui- le-Goii^»* sent €es lois sont donc également 4iiHnuables

-comme la matière qu'elles, régissent JËties 4>euvent se combiner ensemble, <se modifier^ et par suite donner naissance à des «corps ioutà fait différents; elles n*en subsistent pas moins indestructibles aussi ^t • nôoessai* res.

Nous en dirons autant du -mouvement; tout dans la nature est en mouv^nent, dans une sorte de mouvement p^ppétuel; ce qui nous paraît en repos est tout=«u pkis ^a équilibre comme les deux fléaux d'une balance, mais le moindre choc fait renaître le

-mouvemest, et sauvent, dans Fintérieur ^oème de ces corps qui nous semblent en r^>06^ il y a des mouvements continuels qui s'exéou* ^nt; ainsi un carreau de verre iKHif sttftbto

bien ep pepew; «t cependant lorsquHjû rnypr

de^lumlère^frappe à sa surface, il se fait dàûs;.

soÉ intérieur "des mourêments ^ondulatOireSr:

i trè3-nombreux dont léë vibrations nous trany-'

i mêtteat-'à' twMas'-uîiêmes^le mouvisment» liimiT,

' neox; UÉ(»bartôn.s0idte de soufré? fk'ottô àvêcite;

la^lalBiO iie^oe^e pas- d'être «olîd^;' et cepenv?

daïrt^^ pulis^'il iattîre les féuille$ de papier^ l\ \

s'eôt produit dans» son* intérieur des vibra^^

tiotis*éledtriqtïes"! assez intenses, et;des monr^

veraeûts'-qiie nousme voyonspas;

Tôttt ' dans* là' tiature ' est, ainsi susceptible âe prendre^ du'^îuouvement' et de causer du mouvement; mal»' 'encore ici aucun moure-.

menit ne«se^^er^ 'tjDut mouvement se transmfjftt* et ise triansfoi^me' visiblement ou noipt, Léfrsqu^îa^'porf^ dMùe maison nous, tirons* lec>ordo»^*ône'soiinette,' nous ne voyons pas . le n^ouvement de la sonnette, et quelquefois ' ncfîis «'ënteÉdoHs pasie bruit qu'Ole' f^it en vitttorti; ; lé ^tocmrement visible de notre bfas qul'^isomie-' s'est 'Communiqué' à la sonnette^ qui, en» tibriant, a faît osci»er Faîr tjui félfr- , toure^iderBiaïiièfre'à'frapper de ces osc{tiàUGfnâ' roïeillè de nos âmfetEe-Fiiitépîettp; éhtiiejti't ' daôs'hi natttre, il se produit' san? cesse nje.t cesT communlciïtidtis^de mouvement qui ■ nous^; échappent ouquenousjw^^percevonirqtfaprès beatœoup d'études. Li cbàlear se transfetnie ^ en lumlèîre;; nous^le voyons, mais .elle se transfôlrme aussi' en électricité, nous ne le' voyons' pas 'toujours; elle Ibnd les corps et; les fait ^ vibt^ dififigremmenf à l'état liquidé., qu'à l'état* solide, nous voyons le résultat, maifil nous ne* voyons "plus sa présence^ lors-

qu'elle se répand d'un foyer où eljle o^i concentrée dans l'air où elle est à peu près insensible, nous ne la sentons plus» ;et cependant elle existe toujours.

Lôrsqu^'ij y a équilibre ou repos, c'est-à-. dttre lorsque deux forces appliquées au ^lô^le point se compensent, comme des poids é^gaux t placés dans les deux plateaux d'une balance, les mouvements sont en équilibre, î)p ne sont pas détruits, il suffît d'augmenter on de diminuer l'un d'eux, comme d'ajouter ou d'ôter un gramme aux poids de la balance, pour détruire i'équilibre, remettre tout en, mouvement et laiie osciller de nouveau les forces, comme le font les enfants dans le jeu de la bascule, l'un enlevant ^a^t^e par, son. poids, l'autre abaissant l'un par sa légèreté • volontaire ou l'élasticité qu'il donne à ses , jambe^ ., , . ,; ^,; ^, ,

La conclusion que nous devons , tirer, de cette étudej c'est,' ^nc que la matière pfcysi- • que, toujours en, mouvement, ou accidentellement en repos ou ptutôt.en équilibra,.. est,, indestructible; que les mouvenjients qui la môdifîëj^t, quoiqu'ils 'puissent se tran^oç^ér, . sont également indestructibles, que ' les[ lois : quij régissent le^ uns et les autres, bi^^ qu*eljës . se modj^^ent .réciproquement, pont stables, permanentes et générales, etqu^ellesrégjs-,, sent également le mouvement et la vie,* la matière inerte comme la matière viyaî^te ou animée, les plantes ; comme les animaux, , l'homme physirjue comme l'homme 'moral..

Il faut ajouter enfin qu'à ces divers àe* grés, et avec les différences naturelles qui

découlent de la diversité des conditions d^exlstence, tous ces êtres si divers, produits d'une seule et unique matière et de mouvements différemment combinés, ne sont que des groupes d'atomes, sans personnalité durable et sans stabilité permanente, dont les éléments, une fois de»associés, pourront continuer d'exister, et ii)ême, si les circonstances sont semblables, former de nouveaux êtres identiques, mais des êtres aussi passagers que les premiers, car il n'y a de durable et d'éternel que la matière, le mouvement et les lois qui les régissent.

TABLE DES HATIËfiBS

TOIK FREWERt pBTSIQim.... »i,-*»*r 3 !

lletiéres. — Corps divers. — SoUdep^^^ir •

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