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Des Parhélies , des Couronnes et des Paraselènes

Les parhélies présentent à l’observateur une ou plusieurs images du soleil, et les paraselènes une ou plusieurs images de la lune. Les couronnes offrent le spectacle de divers anneaux lumineux que l’on voit quelquefois pendant le jour autour du soleil, et pendant la nuit autour de la lune. Le 29 mars 1629 , Scheinerus observa 'a Home cinq

Ân6

soleils, et en 1G61 Hevelius vit à Dantzick îe soleil accompagné dû six images solaires qui le ravirent d'admiration et de surprise. Le meme Hevelius observa à Dantzick, le 3o mars 1660, deux fausses lunes aux deux cotés de la lune. Lorsqu’il se trouve entre notre œil et un corps lumineux, un amas de globules d’eau, comme du brouillard qui n’est pas assez intense pour nous cacher ce corps, nous le vojrons entouré d’une auréole lumineuse quelquefois colorée: c’est ce dont on s’assure facilement, en regardant une bougie allumée à travers le nuage de vapeur qui se forme au-dessus d’un vase rempli d’eau bouillante : cet effet est encore dû aux réflexions et réfractions que subissent les rayons lumineux en traversant les petites gouttes d’eau. On croit que c'est ainsi que sont produites les couronnes : à la vue de ces phénomènes, beaucoup de cultivateurs prédisent la pluie qui arrive assez souvent. Les couronnes et les parhélies se nomment communément Halos. Sur l’histoire et l’explication de ces météores, on pourra consulter les chapitres X et XI du Traité d’Optique de Robert Smith , et l’Histoire phil. des progrès de la Physique, par Libes , 2.e vol.

Nous rangerons sous ce titre la description de quelques phénomènes atmosphériques observés en 1824, à Lcilh, en Ecosse (Journ. of scicnc. Edimb. 1825, pag. 49)* i-° Le 21 janvier, environ 9 heures du soir, une faible lumière blanche apparut vers le nord, élevée de 4°°? à-peu-près, au-dessus de l’horison, occupant un trèsgrand espace et traversant le zénith ; ce n’était pas une aurore boréale ; (voyez 9,0) mais elle formait des lignes divergentes vers le sud, qui s’affaiblirent de plus en plus et disparurent. La lumière était fixe, très-pâle et dura long-temps, sans éprouver aucun changement. 2.0 Le 6 avril au coucher du soleil, parut un halo brillant ; le ciel était légèrement voilé, le soleil en partie obscurci par un nuage épais de même apparence : le halo était simple et d’un blanc uniforme; îe diamètre vertical en était beaucoup plus grand que le diamètre horizontal, dans le rapport de 4*2° à 35° : au même instant parut une colonne verticale de lumière, s’élevant du soleil à la circonférence du halo. 3.° Le i.cr mai, après G 1/2 heures du soir, tandis que le ciel était couvert de nuages flottans, on vit à l’est, exactement en opposition avec le soleil, un grand nombre de rayons lumineux qui divergeaient d'un point situé, en apparence, un peu au-dessous de i horizon, et qui s’étendaient autour de ce point de

manière à occuper une moitié du ciel; ces rayons étaient trèsdéliés, mais parfaitement distincts. Très-peu de temps après leur apparition , ils disparurent lorsque le nuage qui voilait le soleil durant cette apparition, eut un peu changé de place : mais lorsque ce nuage fut arrivé près du zénith, un autre phénomène du même genre apparut; c’était un large rayon conique partant horizontalement de 1 intervalle compris entre deux proéminences du nuage, et s’étendant fort au loin : ces phénomènes sont du genre de celui dont M. Brewster attribue la cause à une convergence des rayons solaires (*). 4*° Le 3 août entre 5 et 6 heures du soir, après une journée très-pluvieuse, les nuages flottaient dans plusieurs directions, sous l’apparence de larges cumulostrati : l’un de ces nuages marchant vers le sud-ouest, parut tomber en morceaux, et se dissoudre a la surface inférieure, et lorsqu'il eut beaucoup diminué, il s’éleva graduellement dans les plus hautes régions de l’atmosphère, offrant Tagréabîe image d’une rose qui s’épanouit : lorsqu’il eut atteint la même hauteur que d’autres masses de nuages accumulés, il s’étala et disparut vers le crépuscule : l'ascension de ce nuage dura environ cinq minutes. Dans la même soirée, un autre nuage plus éloigné présenta des phénomènes semblables et dans le même ordre. Ce ciel de roses est assez rare en Ecosse, quoique les phénomènes météorologiques y soient très-communs.

On trouve (American Journ. of Seien, and Arts, tom. VII, p. 337) la description d’un halo, par Th. Kendall , ( Extr. d’une lettre de New-Lebanon., le i.er janvier 18*24).

Le 2 juillet, on fut témoin dans les environs de ce lieu, du phénomène extraordinaire de plusieurs halos situés autour et dans le voisinage du soleil. Depuis -deux ou trois semaines, le temps était

(*) M. Brewster a observé le 9 octobre 1824, un phénomène curieux déjà décrit dans l’optique de Smith , et qui consiste en ce que les rayons partis du soleil clans toutes les directions , semblent se réunir vers un point opposé du ciel, comme le feraient les méridiens de la terre, et, en général, une suite de cercles passant par le rayon visuel mené de l’observateur à l’astre. Ces rayons convergens ne peuvent s’observer qu’autnnt qu’ils se dessinent sur des nuages noirs opposés au soleil. Dans tout autre cas, leur peu d’intensité les fait disparaître devant la lumière des rayons divergeas.

sec et chaud. Ce jour-là, l’atmosphère éta't un peu vaporeux; à une heure de l’après-midi, le soleil se montra voilé d’un mince réseau de nuages , peu dense et prenant successivement un aspect plus uniforme : cette apparence fut bientôt suivie de quelques gouttes de pluie : à deux heures, l’observateur commença à apercevoir les halos. Les nuages avaient disparu en partie, du moins étaient-ils devenus minces et uniformes, comme la vapeur qui d'ordinaire accompagne ces sortes de phénomènes. Le soleil était entouré d’un halo de grandeur commune, mais beaucoup plus brillant et ressemblant à l’arcen-ciel autant qu'aux halos ordinaires : l’intérieur de cette couronne était plus sombre que l'espace environnant. Au nord du cercle lumineux , parut un autre halo , d’un diamètre une demi-fois plus grand que celui du premier, moins brillant que celui-ci, mais cependant plus brillant que de coutume, dont la circonférence passait par le soleil : l’intérieur de ce nouveau halo, était plus obscur que l’atmosphère extérieur , mais moins que l’intérieur du premier. La partie septentrionale de la couronne, était traversée en l’un de ses points par des segmens de deux autres cercles pas tout-à-fait aussi brillans que le dernier, et dont les diamètres que l’on ne pouvait déterminer , étaient visiblement plus grands que celui du deuxième halo, et, d'après l’opinion de l’observateur, ces segmens, s’ils étaient en effet des portions de cercles parfaits, devaient, comme le précédent, correspondre et aboutir au soleil. A chacun des points d’intersection, la splendeur augmentait en proportion du nombre des cercles qui se croisaient» Un peu au sud-est et à demi-distance environ, entre le côté méridional de la première couronne et l'horizon, apparut un segment de i5 à 20 degrés, d’un autre cercle qui avait évidemment pour centre le soleil, qui jettait un éclat semblable à celui du premier cercle, et que quelques personnes prirent pour un arc-en-ciel. A un instant , l’observateur découvrit des portions du cercle qui coupait le second à l’est et à l’ouest; mais alors les intersections du côté du nord, n’étaient point visibles. Ces apparences ne furent ni de longue durée ni constantes dans leur arrangement; mais elles avaient un aspect magnifique et sublime au-delà de toute expression. L’auteur de cette description traça sur les lieux et au moment même, l’esquisse de ce singulier phénomène.

M, Ara go a observé le 11 avril, 1825, à midi, le phénomène

des halos dont les diamètres apparens sont de ii° j/2 et 45°. L’instrument qu’il a imaginé pour reconnaître la lumière polarisée, l’a mis à même de se convaincre que celle des halos, n’est point une lumière réfléchie, mais une lumière réfractée, expérience qui ajoute be aucoup de probabilité à l’explication du phénomène donnée par Mariotte : ce physicien admettait que la lumière solaire était réfractée dans son passage a travers des gouttes d’eau glacées et suspendues dans l’atmosphère. M. Arago croit que l’observation des halos, pourra faire connaître la véritable loi du décroissement delà température, à mesure qu’on s’éloigne de la surface terrestre, loi qui n’est fondée jusqu’à ce jour que sur une seule ascension aérostatique de M. Gay-Lussac,

g.° De V Aurore boréale .

Ce n’est que dans le siècle dernier qu’on a commencé à étudier ce phénomène d’après les règles d’une saine physique. Ce météore lumineux se montre ordinairement du côté du nord, en tirant un peu vers l’ouest; il apparaît ordinairement trois ou quatre heures après le coucher du soleil; il s’annonce par une espèce de brouillard qui présente peu à peu la figure d’un segment de cercle dont l’horizon forme la corde : ce segment paraît bientôt bordé d’arcs concentriques séparés par des bandes obscures; de la partie obscure du segment, partent des jets de lumière qui se renouvellent quelquefois avec tant de rapidité que tout le segment semble être en mouvement: enfin le phénomène se montre dans toute sa magnificence ; il se manifeste au zénith une couronne enflammée qui paraît être le centre vers lequel tous les mouvemens se dirigent ; il diminue graduellement, les jets de lumière et les vibrations deviennent plus rares; toute la lumière se contracte vers le nord; enfin tout disparaît. Nous ne rapporterons pas ici les explications de Mairan , d eFrancklin et d’ Euler. Nous observerons seulement avec les physiciens modernes qu’il y a une liaison intime entre les causes de l’aurore boréale et du magnétisme terrestres. En effet, outre la correspondance entre l’apparition de l’aurore (*)

(*) Voyez Bibî. univ., mars 1826, une hypothèse sur le magnétisme, par le D.r Buchner .

boréale, et les affolemens de l'aiguille aimante'e, on a reconnu i.° que les arcs concentriques reposent sur des points également éloignés du méridien magnétique ; 2.0 que le point le plus élevé de chaque arc, se trouve dans ce méridien; 3.° que le point ou les rayons lumineux partis de l’horizon, se réunissent, est celui vers lequel se dirige une aiguillé aimantée, suspendue par son centre de gravité. Les aurores boréales sont d’autant plus rares pour un spectateur qu’il est plus rapproché de l’équateur ou elles 11’apparaisscnt plus. Le capitaine Cook , dans ses "voyages vers le pôle austral, a observé de ces aurores qu’on peut nommer aurores australes» On a déjà vu que l’aiguille aimantée estsujette à des variations brusques et accidentelles qui coïncident avec les apparitions de l’aurore boréale : l’influence de ce météore sur l’aiguille, est ordinairement passagère; alors après s’ctrc vivement agitée, pendant qu'il se manifeste, elle revient à sa position première, et reprend l’ordre de ses mouvemens accoutumés : il arrive aussi, comme l’a observé Cassini j qu’elle éprouve un déplacement durable (*).

(*) Nous ajouterons ici quelques résultats sur les inclinaisons et les déclinaisons de l'aiguille aimantée, qui ne nous étaient pas encore connus, lors de la rédaction de la note (pag. 288) et les additions ( p. 285 et suiv.). Ces résultats ont été recueillis à une leçon de physique de M. douillet , professeur à la faculté des sciences de Paris.

En i58o la déclinaison était de j i° 3o' vers l’orient,

1618 8° ex.

i663 la déclinaison était nulle.

1678 elle était de i° 3o' vers l’occident.

1700 8° ex.

1817 2o° 19' (M. Pouillet ne croit pas que

1828 220 nr ce nombre soit une erreur.)

1825 220 12' /j8,; Au mois de sept, à 8 h. du mat.

A midi, le même j. 220 21' 3i" L’inclinaison a été observée beaucoup plus tard ; En 1798 l’inclinaison était de 69° 5i'

A LA PnVSIQÜE DE FISCHER» f

À CCS faits generaux, nous ajouterons l’extrait d’un article du Rev. Farquharson (Edimb. Phil. Journ. avr» 1823, pag. 3o3) 8Ur loi dre ^ l apparence et les progrès de V ciurore boréale.

L’aurore boréale se voit fréquemment dans le comté d’Aberdeen , et les faits observés par M. Farquharson sont d’autant plus intéressai, qu’ils ont une liaison évidente avec l’électro-magnétisme, A la latitude d’Alford (environ 57° 12' nord), l’aurore boréale commence a se montrer après la brune, semblable à un crépuscule brillant, mais circonscrit sur l’horison visible, dont le centre est exactement a la pointe septentrionale du méridien magnétique : 1 intensité de 1 espace brillant, varie par des accès continuels d’éclat et d’obscurité, et augmente par degré, à mesure que le météore s agrandit, en s élevant et s’étendant davantage de l’est à l’ouest : tout l’espace lumineux offre alors l’aspect de faisceaux de rayons dont la pointe est tournée vers le ciel, semblables à ceux que présente le soleil perçant à travers les nuages par un temps sombre» Les rayons qui sont sur le méridien magnétique, sont parallèles à la verticale du lieu, et ceux qui sont à une distance considérable a 1 es„ ou a 1 ouest de ce méridien, se dirigent au zénith, ou vers un point distant d’environ io°, vers le sud de cette limite. Cette lumière d un blanc-bleuatre se change ensuite en un beau vertpâle qui, lorsque le météore est tout-à-fait élevé au-dessus de l’horizon, se colore en Lieu et en violet a l’extrémité inférieure des

pinceaux de rayons , et en jaune et en orangé, à leur extrémité supérieure : tous ces rayons diffèrent dans leur intensité et leur apparence varie continuellement ; tantôt ils se brisent et disparaissent dans un espace considérable à leurs extrémités, et ils reparaissent aussitôt dans tout leur éclat et leur grandeur primitive ; tantôt ils courent de 1 ouest a l est, ou de l’est à 1 ouest, conservant exactement leur parallélisme avec les rayons voisins ou ceux dont ils s approchent ; ils restent alors stationnaires pendant une ou deux secondes, éprouvent divers changemens de vivacité et disparaissent ensuite instantanément, pour être remplacés par d’autres rayons créés aussi rapidement que les premiers ont disparu. Cette magnifique lumière s’étend par degrés vers le sud et se sépare enfin de l’horizon septentrional, à la pointe des méridiens magnétiques, eu formant un axe plat et lumineux dan$ la partie septentrionale du

4^2 SVPfLjL'âlEÏT

ciel : l’arc continue à s’avancer vers le sud ; iorsqnJil a atteint une élévation d’environ 4^°, il présente l’aspect d’une large zone occupant du nord au sud , un espace de 2,5° à 35° de largeur à sa partie la plus élevée : ses extrémités occidentale et orientale reposent sur l’horizon visible. La zone lumineuse, en s’avançant vers

le sud, se déplace parallèlement à elle-même, et après avoir dépassé l’élévation de i5®, commence à éprouver un changement remarquable dans son apparence : les pinceaux do rayons changeans, qui occupaient jusqu’alors dans la direction de leur longueur, un espace de à 3o®, se raccourcissent peu à peu, et à mesure que la zone s’approche du zénith, la ceinture ds lumière devient plus compacte et son éclat plus vif : les pinceaux d^ rayons sur le méridien magnétique, continuent encore à être dirigés vers le zénith, et conséquemment l’angle qu’ils font avec la zone, diminue graduellement. Enfin la zone lumineuse arrive au zénith, et coïncide dans toute sou étendue de l est à l'ouest, avec le plan vertical perpendiculaire au méridien magnétique : l'intensité de la lumière est alors considérablement augmentée, quoique dans un espace trèsétroit et qui n’excède pas 3o® du nord au sud, vers Test ou l’ouest du zénith; elle prend un caractère mixte qui lient de l’apparence nébuleuse et de celle des rayons parallèles : mais au zénith, on n’aperçoit plus ce parallélisme des rayons, et l’intensité variable de la lumière sans cesse changeante, présente des taches indéfinies. L’espace lumineux continue a se mouvoir vers le sud, parallèlement à lui-même., et lorsqu’il est arrivé à io° sud du zénith, il commence à augmenter de largeur par des changcmens inverses a ceux qu’il a éprouvés avant d’arriver a ce point : la lumière vers la partie élevée de l’arc, reprend l’apparence de pinceaux de rayons parallèles au méridien magnétique; ces rayons vers Ieâ extrémités orientales et occidentales, ne conservent plus leur parallélisme avec la ligne de la zone, mais forment avec elle un angle qui augmente par degrés, à mesure que la zone s’avance vers le sud : ils sontencore dirigés vers le zénith ou vers un point distant de io° vers le sud de celte limite : l’augmentation de l’espace lumineux continue toujours à mesure qu’il s’avance vers le sud ; mais, dans les observations quba faites Fauteur, le météore ne s’est jamais éloigné à plus

^ <>5« ou 38« au sud du zénith, étant devenu peu h peu insensible et ayant disparu totalement, avant d’avoir atteint cette limite. L’aurore boréale ne présente pas toujours la série des phénomènes qui viennent d’être décrits : la vitesse surtout avec laquelle le météore se meut vers l’est, varie considérablement: on l’a vue une fois passer dans l’espace d’une heure de 45* au nord à 3o° au sud. L auteur a remarqué surtout que les nuages qui passent au-dessous de lauiore boréale, dans le méridien magnétique, augmentent son éclat , et que ces nuages présentent une lumière phosphorescente, ce qui est un eflet de l’action électro-magnétique.

Dans YEdlmburgh magazine, july 1824 49, on trouve un article dans lequel on cherche à établir que les aurores polaires boréales et australes sont ducs à la combustion du gaz hydrogène aux confins de 1 atmosphère terrestre. L’auteur expose d’abord l’aspect général des aurores et les principaux phénomènes qui les accompagnent : h suivre dans celle description, ce serait nous répéter. ÎNous nous bornerons donc à en extraire deux particularités sur lesquelles il se fonde principalement pour établir son opinion. La piemieie est que les aurores boréales sont quelquefois accompagnées d un bruit semblable au sifflement du vent, ou r,u froissement de la soie 'f ce bruit serait meme Assez fort pour effrayer les chiens qui chassent les renards bleus sur les bords de la mer glaciale : cependant à des latitudes plus basses, il ne paraît pas avoir été constaté d une maniéré bien authentique. Une seconde particularité qui fournirait en effet, un argument assez fort en faveur de l’hypothèse de 1 auteur, c est le vent du sud, qui, selon lui, suit constamment l’apparition d’une aurore boréale, et qu’il attribue au vide foroié près du pôle, par la combustion du gaz hydrogène.

M. Dutertre que nous avons déjà cité, suppose que le fluide électrique s’élève dans l’air, à raison de sa moindre densité, et il cherche dans les mouvemenâ de ce fluide qu’il croit devoir se porter vers les pôles de la terre, la cause des aurores boréales et des étoiles filantes dont il sera question plus loin.

D’après les découvertes récentes de fintime relation ou de la presque identité des fluides élastique et magnétique, quelques physiciens sont portés à croire que k terre rend p*ar les pôles, à Fstmosplik^

l’excédant d’électricité dont elle est parfois chargée, de même que l’air s’en décharge par les orages (*).

On peut encore consulter l’article de M. Biot sur les aurores boréales (Journ» des savans, année 1820, pag. 34 1 et 460)«

io.° Lumière zodiacale .

Le nom de lumière zodiacale vient de ce qu’on appelle Zodiaque une zone céleste d’environ 20° de largeur, dont l’écliptique ou la route annuelle du soleil occupe le milieu, et dans laquelle on croyait autrefois que toutes les orbites des planètes étaient renfermées : cette lumière 11’est autre chose que l’auréole qui accompagne le soleil et qui est toujours comprise dans cette zone, phénomène qui tient sans doute a l’état actuel et à la nature meme de cet astre: on l’observe le soir, lorsque le soleil vient de se coucher et à l’endroit meme où cet astre a quitté l’horizon : sa forme est celle d’une lentille très-applatie, placée obliquement sur l’horizon et dont la tranche aigue se prolonge trèsloin dans le ciel : cette lumière est blanchâtre comme celle de la voie lactée. On a fait plusieurs hypothèses sur sa nature et sur sa cause : on avait pensé d’abord qu’elle émane de l’atmosphère du soleil; mais l’auteur de la Mécanique céleste a prouvé que cette origine est inadmissible : on a cru remarquer que cette lumière s’affaiblit quand le soleil a moins de taches, et qu’elle s’accroît quand il en a un plus grand nombre. Quelle que soit au reste la cause de cette lumière, il est cer-

On a cherché depuis long-temps quelle pouvait être l’origine de la prodigieuse quantité d’électricité qui se manifeste dans l’air atmosphérique, soit par un temps calme et sous un ciel serein, soit pendant la durée des orages ou des autres phénomènes naturels qui composent la météorologie électrique. MM. Lavoisier , Laplace , et Volta firent des expériences qui laissèrent la question comme indécise. M. Pouillet à lu le 3o mai i8a5 , à l’Académie des sciences, deux mémoires sur ce sujet : le principal objet du second est i°. de constater qu’à l’instant où deux corps qui étaient combinés, se séparent l’un de l’autre, il y a de l’électricité développée ; 2.0 de faire voir par des expériences directes que cette vérité générale s’applique aux phénomènes qui se produisent spontanément dans la nature, tels que les décompositions de différentes sortes, et les- évaporations soit Ù la surface de la mer, soit à la surface des végétaux, soit, en général, à la surface des liquides qui tiennent en dissolution des corps étrangers ; 3.° enfin do conclure que cet> phénomènes deviennent une nouvelle source d’électricité.

£aoi que la matière qui nous la renvoie, est extrêmement rare; car on voit les plus petites étoiles au travers.

il.0 Des Trombes .

Ce météore provient d’un nuage qui présente ordinairement la forme d’un cône renversé et dont la base adhère à d'autres nuages situés au-dessus de lui* Lorsque ce phénomène a lieu au-dessus de la mer, l’eau qui lui correspond, s’élève en formant un second cône droit dont l’axe est dans la meme direction que celui du cône supérieur et dont le sommet coïncide avec celui du premier : on aperçoit dans l’intérieur un courant rapide ascendant et descendant. Les vents impétueux qui se déchaînent autour de ces cônes, jettent au loin l’eau qui s’en échappe de tous les côtés. Les marins font tous leurs efforts pour s’en éloigner ; ils essaient de les détruire à coups de canon. Sur la terre, ce météore, à la vérité plus rare, est accompagné d éclairs et de tonnerre: il vomit de son sein la pluie, de gros arbres qu il a arraches au sol en le rasant; les meules de grain, etc. ; s’il passe au-dessus d’une ville, il renverse les toits, les cheminées, les murailles, et force quelquefois les barres de fer, qui portent les girouettes. Tantôt s’élevant et s’abaissant rapidement, la trombe va comme par bonds et par sauts, et sillonne profondément le sol : d’autres fois, elle se maintient à une grande hauteur, et voyage majestueusement dans les airs. Brisson explique ainsi ce phénomène. Lorsqu’un nuage, fortement électrisé, se trouve a une petite distance de ia terre, la partie la plus voisine est fortement attirée, et s’alonge en descendant vers le sol. Si le phénomène se passe sur mer, l’eau de la mer, étant aussi fortement attirée, s’élève sous la forme d’un second cône. A l’appui de cette explication, il suspendit au-dessus de la surface de l’eau, un tube métallique qu’il fît communiquer avec le conducteur d’une machine électrique; lorsque le tube se trouvait fortement électrisé , l’eau s’élevait sous la forme d’un petit cône vers le tube, jusqu’à ce qu’il en partit une étincelle qui mettait fin au phénomène.

Pour mieux fixer les idées sur les effets de ce terrible phénomène, nous placerons ici la description d’une trombe qui a dévasté plusieurs communes du département de Calais, par M. Demcirquoy , médecin à Sd-Omer, communiquée le 2q septembre 1823, à l’Académie des sciences de Paris, par M. DumériL

486 «trPPLEMEST

Le 6 juillet 1622, à r heure 35' de l'après-midi, dans la plaine

d’Assonval, village situé à six lieues ouest-sud-ouest de Sd-Omer, des laboureurs durent quitter leur charrue à cause de l’obscurité, et par la crainte d’un orage dont ils étaient menacés : des nuages venant de différais points, se rassemblaient rapidement au-dessus de la plaine; bientôt ils n’en formèrent qu’un qui seul couvrait entièrement 1 horizon. Un instant après, on vit descendre de ce nuage une vapeur épaisse, ayant la couleur bleuâtre du soufre en combustion, elle formait un cône renversé dont la base s’appuyait sur la nue : la partie inférieure du cône qui descendait sur la terre, offrit bientôt, en tournoyant avec une vitesse considérable, une masse oblongue de 3o pieds environ, détachée du nuage : clic s’éleva en faisant le bruit d’une bombe de gros calibre qui éclate, laissant sur la terre un enfoncement en forme de bassin circulaire, de 20 à 25 pieds de circonférence, et de 3 â l\ pieds de profondeur à son milieu. A peine éloignée de cent pas du point de départ, et dirigeant sa route de 1 ouest à l’est, la trombe franchit la baie d’un manoir, y abat une grange, et donne à la maison plus solidement bâtie, une secousse semblable à celle qui résulterait d’un tremblement de terre : elle avait, en franchissant la baie, déchiré et emporté la couronne des arbres les plus forts; 25 â 3o arbres étaient renversés et couchés en sens divers, de manière à prouver que la trombe cheminait en tournoyant; d’autres furent enlevés et. accrochés ainsi que plusieurs couronnes aux somsnets des plus grands arbres (de 6o à <-o pieds). Après ces premiers effets, la trombe parcourut une distance de deux lieues, sans toucher â terre, en emportant de très-grosses branches d'arbres qu’elle vomissait à droite cl à gauche avec bruit : arrivée à la pointe du bois de Fi ancjuembergue , elle y arracha de nouveau la tele de plusieurs ebenes que l’on vit passer avec elle au-dessus du village de Vendôme, situé au pied de la colline du côté est de la foret : la trombe ne fit dans celte commune d’autres ravages que celui d’enlever avec sa racine un sycomore très-gros qui fut retrouvé â la distance de Goo pas. Continuant sa route à la manière d’un boulet qui frappe la terre et se relève en ricochant, la trombe se porta au village d’Audinctum, ou elle abattit la toiture de trois maisons et enleva plusieurs arbres, entre autres cinq ormes de trèsgrande hauteur, sortant d’une môme souche. Au sortir de la vallée

ou sont situes cos deux derniers villages, la trombe «'dleva sur une montagne dite de Capelle \ plusieurs paysans qui labouraient, virent avec effroi ce phénomène extraordinaire traverser leurs habitations et n eurent pour échapcr au danger, que le temps de se coucher* en se tenant fortement à leurs instrumens aratoires : ils "remarquéient^ avec étonnement que leurs chevaux étaient tristes, mais qu’ils ne s effrayaient pas. Le soc d'une de leurs charrues fut enfoncé dans la terre assez fortement pour résister aux efforts de trois chevaux. La forme de la trombe était alors ovale; l’un des diamètres parut de 3o pieds, et Lamie de 20 : elle tournait dans sa marche, de manière à présenter chacune de scs faces à tous les points de LI10rizon : il sortait de temps en temps de son centre des glohes de feu, et souvent aussi des globes de vapeurs comme soufrées: les uns et les autres rejetaient dans divers sens des branches que le météore îecélait dans son sein. Le bruit qu’il faisait dans sa marche rapide ressemblait a celui d une voiture pesante courant au galop sur un chemin pavé : à chaque jet d'un globe de feu ou de vapeur, on entendait une explosion semblable à celle d’un fusil, à ce bruit se joignait le sifflement terrible du vent impétueux qui régnait alors. Après avoir déchiré la terre, et dépouillé sa surface, la trombe s'éleva au-dessus du sol pour aller a une ou deux lieues de distance exercer d autres ravages : elle pénétra enfin dans la vallée de Witerrtestre et de Lambre : dans le premier de ces villages, composé de 4o habitations, elle n’en laissa que huit intactes; trente-deux maisons avec leurs granges renversées, une énorme quantité d’arbres abattus, décimés et emportes a une grande distance, signalèrent son passage. A Lambre, plusieurs personnes distinguèrent parfaitement la marche tournoyante du météore, sa couleur d’un brun soufré et le foyer du feu ardent d’où sortaient des éclats de vaneurs bitumineuses : d’ailleurs les arbres furent cassés et déracinés; le mur et le toit de la maison du curé enlevés; dix-huit maisons, la plupart en briques, sapées à leur fondation. Heureusement dans ce grand désastre, personne n’a péri.

Le 26 août 1823, il se manifesta près du village de Concourt (conton d’Anet), une trombe dont la hase était appuyée sur Je sol et dont le sommet sc perdait dans les nues; elle était formée d’une

vapeur épaisse et noirâtre au milieu de laquelle on appercevait souvent des flammes.

Le 16 septembre, meme année, vers cinq heures du matin, la pluie commença dans les communes de Quigliano et de Valeggia, province de Savone, et bientôt elle devint considérable : vers midi on vit sortir d’une montagne située dans la paroisse de Valeggia, un épouvantable tourbillon de fumée noire et de feu : cette trombe se portant du côté opposé à la montagne dite Maglioîo, traversa la rivière dont elle absorba les eaux en un instant.

Le ig mars, meme année, dit un voyageur parti de New-York, nous étions en calme complet , lorsque nous entendîmes le bruit d’une trombe d’eau qui montait vers un gros nuage qui se trouvait précisément au-dessus de sa base ; elle approchait de nous avec une grande rapidité, lorsque des coups de fusils tirés en l’air, rompirent subitement la colonne au-dessous de son centre ; alors la partie inférieure retomba dans la cavité qu’elle avait formée en s'élevant, tandis que l’autre moitié continua de monter vers le nuage : on croit qu’elle était éloignée d’un mille et qu’elle avait cinquante pieds de diamètre.

Suivant M. Dutertre , les trombes sont formées par la rencontre de deux courans électriques de fluides dilférens.

I2.° Le Mirage .

Les marins avaient observé depuis long-temps que, dans certaines circonstances, les objets tels qu’un vaisseau apperçu dans le lointain, offrent deux images : l’une les représente dans leur situation naturelle ; l’autre dans une situation renversée. Le même phénomène s’observe encore dans les plaines très-étendues, à peu près de niveau, qui s’étendent jusqu’à l’horizon apparent et dont la surface est considérablement échauffée parles rayons du soleil, comme il arrive en plusieurs endroits des côtes de l’Océan et de la Méditerranée, et surtout dans les plaines sablonneuses de la Basse-Egypte. Le soir et le matin, l’aspect du pays y est tel que le comportent et la disposition réelle des objets et leur éloignement : mais lorsque la surface du sol s'est échauffée par la présence du soleil, le terrain semble terminé à une certaine distance par une inondation générale; les villages qui se trouvent au-delà, paraissent comme des îles situées au milieu d'un grand lac : sous chaque

■village, on voit son image renversée, comme elle paraîtrait effectivement dans l’eau : à mesure que l’on approche , les limites de cette inondation apparente s'éloignent, le lac imaginaire se retire, enfin il disparaît entièrement et l'illusion se reproduit pour un autre village plus éloigné. Ce phénomène du doublement et du renversement des images, a été nommé mirage . 3Icmge l’a expliqué d’une manière trèssatisfaisante dans le i.er volume de la Décade Egyptienne, et, dans le meme temps, M. TEollaston a donné la meme explication dans les Transactions philosophiques. Ce dernier physicien a produit le même phénomène artificiellement sur une plaque de fer rouge, et l’a aussi observé sur des corps qui étaient vus à travers deux fluides de réfringences différentes, superposés dans un vase transparent. M. J urine a observé le même phénomène, mais produit par le réchauffement de l’air sur les pentes des montagnes : on lui a donné le nom de suspension . La lune se lève quelquefois après-midi, et par conséquent dans un moment oh les circonstances sont encore favorables nu mirage : si alors on peut l’appercevoir à son lever, on verra deux images de cet astre. On observe sur mer un phénomène semblable à l’égard du soleil. On retrouve donc ici les paraselènes et les périhélies dont il a été question précédemment.

Un jour M. Ramond , se trouvant sur le Pic du midi, au sommet des Py rénées, fut témoin d’un singulier spectacle ; son ombre et celles de deux personnes qui l’accompagnaient , se dessinèrent sur un nuage situé à peu de distance au-dessus d’eux, avec une netteté et une correction de contours surprenons; et, ce qui est plus extraordinaire, ces ombres étaient entourées d’auréoles resplendissantes des plus "vives couleurs. Témoin de ce magnifique spectacle, dit M. Ramond, on

aurait cru assister à son apothéose. Plusieurs naturalistes, entre autres Rouguer et les fils de Saussure, ont joui de la vue de ce phénomène ; mais aucun n’avait observé cette netteté de forme qui ne peut s’expliquer que par le poli de la surface du nuage, sur laquelle 1 ombie se projetait. Ce phénomène comme plusieurs autres, est inexpliqué jusqu’ici. M. Ramond a encore remarqué qu’à cette élévation, une lentille d’un très-petit diamètre, suffit pour enflammer des corps qu’une lentille d’un diamètre double , échaufferait a peine dans les lieux bas. Enfin le même physicien a reconnu que les couleurs avaient sur le

sommet des hautes montagnes, beaucoup plus de vivacité que dans

les plaines. (Mémoire de M. Ramond, lu à l’Acad. des sciences de Paris, le 16 janvier 1826.)

i3.° Des Aërolithes •

Le nom d ' A'èrolithe signifie -pierre de V air : on a doute long-temps de leur cliute, parce qu’on regardait comme un préjugé populaire, l’opinion qui en attestait la réalité; mais le fait a été constaté de manière à ne laisser aucun doute sur son existence. Ces masses sont amenées sur la terre par des météores que l’on nomme Bolides ou globes de feu, qui paraissent tout-à-coup dans l’atmosphère, et s’y meuvent avec une extrême rapidité; car leur vitesse y est quelquefois égale à celle de la terre dans son orbite: après avoir brillé d’un éclat trèsvif pendant quelques instans, ils éclatent avec un très-grand bruit, à une très-grande hauteur; du reste, ils ne paraissent affecter aucune direction déterminée. L’analyse chimique de ces pierres donne toujours les mêmes substances et presque dans les mêmes proportions : elles sont composées de silice , de magnésie , de soufre , de fer à l état métallique, de nickel et de quelques parcelles de chrome. On observe que le fer ne se rencontre jamais ou presque jamais à l’état métallique dans les corps terrestres , que le nickel est très-rare, qu’il ne se trouve jamais à la surface de la terre et que le chrome est plus rare encore. On a cru d’après cela que ces météores n’ont pas une origine tellurique. L’auteur de la Mécanique céleste a pensé que ces masses pouvaient être jetées sur la terre par des volcans lunaires : celui de la Mécanique analytique suppose que les aè’rolilhes sont lancés principalement par des volcans situés dans les régions polaires, et qui produisent en même-temps les aurores boréales, lesquelles, suivant les observations consignées dans les Mémoires de l’Académie de Stockholm, sont souvent accompagnées de tremblemens de terre dans le nord. Le fer natif renfermé dans l’intérieur des aérolithes, indiquerait qu’ils viennent de l’intérieur de la terre ou les minéraux peuvent conserver leur état primitif. D’autres physiciens pensent que ces acroli-. thes ne sont que de petites planètes ou de6 fragmens de planètes qui circulent dans l’espace, à la manière des autres corps célestes , et qui se trouvant engagées dans 1 atmosphère de la terre, s’y enflamment par le frottement qu’ils éprouvent, y perdent peu à peu leur vitesse, et tombent enfin vois la terre par le fait de leur pesanteur : sous ce point

de vue, ces météores auraient une origine cosmique; ils entreraient dans notre atmosphère à de très-grandes hauteurs, mais avec une vitesse sufïisante pour la traverser, en sorte qu'ils ne feraient que s'en-* Hammer en passant.

Chute de pierres ou de fer, avant le commencement de notre Ère (*).

? 1478 ans avant notre ère, en Crète, la pierre de foudre dont parle Malchus, probablement regardée comme symbole de Cybèle. Chronique de Paros, lignes 18 et 19.

(La pluie de pierres dont parle Josuê, n'était peut-être que de la grêle).

1200. Pierres conservées a Orchomenos . Pausanias .

• 1 168. Une masse de fer sur le mont Ida, en Crète. Chronique de

Paros , ligne 22.

? 705 ou 704. L’ Ancyle , probablement une masse de fer, à peu près de la même forme que celle du Cap d’Agram. Plutarque» 654. Pierres sur le mont Alban. Liv. I, 3o.

644* En Chine. De Guignes,

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