PRODUITE PAR LES ÊTRES VIVANTS
Les êtres vivants sont soumis aux lois générales des échanges de chaleur entre corps voishis, soit au contact ou par conductibihté, soit à distance ou par voie de rayonnement. Cependant, tant quils vivent, quelque place qu'ils occupent dans l'échelle des êtres, ils jouissent de la faculté remarquable de ne se mettre nécessairement en équilibre de température, ni avec les corps inorganiques, ni avec les autres êtres vivants placés dans leur voisinage, nimêaieavec le milieu gazeux ou liijuide qui les enveloppe de toutes parts. Dans les conditions normales ôe leur développement et de leur existence, les êtres organisés ont et conservent une température supérieure à celle du milieu ambiant; l'observation la plus vulgaire le démontre pour les oiseaux et les mammifères. Il est nécessaire de recourir à des procédés d'investigation plus délicats, et surtout de se garantir avec soin de l'action réfrigérante de Y évaporât ion, pour vérifier l'exactitude de cette proposition dans le reste du règne animal et dans toute l'étendue du règne végétal ; mais le fait n'en est pas moins général et aujourd'hui incontestable.
Lorsque, exceptionnellement, la température, autour d'eux, dépasse à 45% les êtres vivants résistent à ré chauffement et se maintiennent au-dessous de la température extérieure, pourvu toutefois que l'influence ne soit ni assez intense ni assez prolongée pour compromettre définitivement leur existence.
La recherche des causes qui, dans des limites variables selon les espèces et les classes, rendent la température des êtres organisés indépendante des oscillations de celle du milieu ambiant, a de tout temps beaucoup préoccupé les physiologistes. Grâce aux importants travaux des physiciens et des chimistes, ces causes sont aujourd'hui bien connues; Hiistoire de la calorifîcation est une des parties les plus avancées de la physiologie générale. Au milieu des efforts tentés pour élucider ce point de la science, bien des matériaux précieux ont été recueillis, bien des théories ont été proposées; avant d'aborder l'exposition des uns et la discussion des autres, il nous paraît utile de passer rapidement en revue les principaux procédés thermométrigues et d'exposer les notions fonda^ mentales de calorimétrie. Cette double étude préliminaire nous permettra de fixer la véritable signification des expressions empruntées à la physique, et d'introduire dans notre langage un degré de précision indispensable pour apprécier à leur juste valeur les conquêtes de la science moderne, et les objections encore adressées par quelques physiologistes à la doctrine qui place dans les phénomènes physico-chimiques de la respiration et de la nutrition la source de la chaleur produite par les êtres vivants;
THERMOMÉTRIE.