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L'utilité de rinlroduction des sciences physiques et chimiques dans les études de physiologie et de pathologie n*est plus un sujet de doute pour personne. Nous sommes bien loin de Tépoque où Bichat disait dans son Anatomie générale : « Comme les sciences physiques ont » été perfectionnées avant les physiologiques, on a cru » éclaircir celles-ci en y associant les autres; on les a » embrouillées, c'était inévitable... Laissons à la chimie »£on affinité, à la physique son élasticité, sa gravité; » n'employons pour la physiologie que la sensibilité et la » contractilité. » Les travaux modernes ont heureusement renversé , à tout jamais , cette barrière que notre grand physiologiste s'efibrçait d'élever entre les lois des corps inertes et les phénomènes des corps vivants. L'analyse a démontré que toute substance organique se compose d'un petit nombre d'éléments inorganiques, combinés sous une forme plus complexe que dans les corps purement inertes. Tout le monde comprend aujourd'hui que les agents physiques interviennent, comme cause ou comme effet, dans les fonctions de tout être vivant, et que les conditions physiques extérieures exercent une profonde influence sur son développement et son mode d'exis-
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tence, A chaque pas, dans les études médicales, surgissent des problènies dont la solution appelle impérieusement le concours des lumières fournies par les diverses branches de connaissances humaines; la vie elle-même ne peut être saisie que dans les actes de Torganisme, et ces actes, pour une grande part, relèvent des lois de la physique et de la chimie. Dans une Faculté de médecine, le cours de physique est donc un complément nécessaire des études physiologiques , et en même temps une préparation utile aux études d'hygiène, de pathologie et de thérapeutique.
En dehors des propriétés générales de la matière et deV actions moléculaires, la physique comprend la recherche des lois de production et de manifestation de la chaleur, de la lumière et de Félectricité. Chacune de ces parties de la physique fournit à Tobservateur des notions spéciales et précieuses qu'il ne doit jamais perdre de vue, soit qu'il veuille, par l'analyse, découvrir la véritable cause des fonctions, soit que, s'élevant à des considérations plus générales, il veuille étudier l'être vivant dans ses rapports avec le monde extérieur, La science est riche de faits recueillis dans cette direction, mais ces faits sont épars dans des mémoires spéciaux, dans des communications adressées aux diverses académies, dans les grandes collections nationales et étrangères : personne n'a essayé de réunir ces matériaux dans un travail d'ensemble où ils seraient discutés et méthodiquement classés par ordre de matières. Un traité de physique médicale doit comprendrel'histoirede ces diverses applications, le développement des principes qui leur servent de base,
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et l'exposition des méthodes rigoureuses propres à servir de guide aux médecins dans ces diiriciles et impor-itantes recherches.
Convaincu de Tutilité d'un ouvrage de ce genre, nous offrons aujourd'hui, aux élèves et aux médecins, une première étude de physique médicale sur les sources de la chaleur produite par les êtres vivants dans l'état physiologique. Quant aux variations de la température de l'homme dans les maladies, nous avons, à dessein, évité d'en parler ; en raison de l'étendue et de l'importance des questions qui s'y rattachent, l'histoire de la calorification dans l'état pathologique mérite d'être exposée à part avec tous les développements qu'elle comporte. Cette publication sera immédiatement suivie d'un travail semblable sur le rôle de l'électricité, considérée comme cause ou comme effet, dans les fonctions de l'économie, et sur l'emploi de cet agent en thérapeutique. Notre intention est de passer ainsi successivement en revue toutes les applications de la physique à la médecine.
Dans notre travail, nous avons adopté une unité de mesure invariable pour toutes les quantités de même espèce. Les températures sont indiquées en degrés du thermomètre centigrade ; les poids et les capacités sont rapportés au kilogramme, au litre et à leurs subdivisions. En même temps qu'elle épargne au lecteur des calculs fastidieux de transformation des mesures anciennes ou étrangères en mesures nouvelles et françaises, cette manière uniforme d'exprimer la valeur des résultats permet de présenter les déterminations numériques empruntées aux divers observateurs, sous une forme qui les reijd
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directement comparables et en laisse saisir immédiatement les vrais rapports. Ainsi, Tinterprétation des faits particuliers, et Tappréciation du degré d'exactitude de chacune des méthodes employées deviennent beaucoup plus faciles.
Paris, 20 mai 1855.