I.IVRK DKUXIKME
duculueuts plus avuut. Un conçoit que le retour des mêmes effets dépend de la permanence des mêmes causes, et que plus nous nous éloignons du moment actuel, plus l'état social peut changer et faire varier les circonstances qui produisent les mariages (i). » Nous vivons à une époque ou les changements sociaux, de même que la vie intérieure des individus, subissent les fluctuations les plus grandes, et cependant nous voyons ce qui arrive par rapport à l'un des événements les plus dépendants, en apparence, du libre arbitre de l'homme : nous trouvons une régularité plus grande même que dans l'ordre des produits de la terre et dans les lois physiques, où le libre arbitre de l'homme n'exerce aucune action. A la même époque et dans un autre ouvrage, j'écrivais les mots suivants que je ne puis que répéter avec la même conviction, après vingtcinq ans d'études sur ce sujet important : ** Nous ne connaissons certes aucun document statistique plus curieux, ni plus instructif à la fois, que celui qui précède. A voir d'année en année la reproduction à peu près identique des mêmes nombres, on ne croira jamais que le hasard ait présidé à de pareils arrangements; il se passe là quelque chose de mystérieux qui confond notre intelligence. Non sans doute, le jeune homme de moins de trente ans qui épousait une femme plus que sexagénaire n'était point poussé à cette union par une fatalité, ni par une aveugle passion ; il était mieux qu'aucun autre en position de raisonner et d'exercer son libre arbitre dans toute sa plénitude ; cependant il est venu payer son tribut à cet autre budget réglé d'après les usages et les besoins de notre organisation sociale; et ici, encore une fuis, ce budget a
( 1 ) Dans loUTrage : Du systimt social et des lois qui le régissent ^ pagaa 7Ô et suivantes, in 8°. Paris, 1848. chez OuUlaumin.
été payé avec plus de régularité que celui qu’on paye au trésor de l’État (i). » Il est curieux de voir l’homme, qui s’intitule avec orgueil le Roi de la nature et qui croit régler tout par son libre arbitre, subir à son insu, plus rigoureusement qu’aucun autre être de la création, les lois auxquelles il est soumis. Ces lois sont si sagement coordonnées, quelles échappent môme à son attention.
(1) De Tinfluence du libre arbitre de l'homme sur le* fait* *oeiaux, etc. Bulletin dp. la Commission centrale de statistique, tome III, pige 143, in-4*; 1847.