LIVRE DEUXIÈME
d’hui l’un dçs lieux les plus salubres, les plus industrieux, les plus riches des côtes de la Toscane ; et une partie des familles dont les grossiers aïeux succombaient, sans savoir s’en garantir, aux épidémies ’d’aria catliva, y offrent une santé, une vigueur, une longévité et un caractère moral qui jadis étaient inconnus. ^ De semblables épidémies régnent à des époques déterminées sur les bords de l’Escaut et produisent ce que l’on nomme dans le pays les fièvres des polders; ces fièvres viennent à la suite des grandes chaleurs et contribuent beaucoup à mettre la Zélande dans un état qui se rap[»roche de celui de Vareggio et dos pays marécageiLX cités par M. Bossi.
M. Villcrmé m’a fait remarquer un nouvel exemple de l’accroissement de mortalité, produit sous l’influence des marais (i). Ainsi, dans l’ile d’Ely, en Angleterre, et pendant la période de 1813 à 1830 inclusivement, sur 10,000 décès qui auraient eu lieu depuis la naissance jusqu’à l’âge le plus avancé, on en a compté 4,731 avant l’âge de 10 ans accomplis; tandis qu’on n’en a compté que 3,505 dans l’ensemble des autres districts agricoles du royaume. Ce serait aussi dans l’ile d’Ély qu’on aurait enregistré 3,712 décès de 10 à 48 ans, sur 1,000 qui ont eu lieu depuis l’âge de 10 ans jusqu’à l’extrême vieillesse; et seulement 3, 142 dans les autres districts agricoles, mais non marécageux comme l’ile d’Ely.
M. Villermé a fait aussi un mémoire intéressant sur la mortalité dans Paris et dans les grandes viUes (2) : les principales conclusions de ce travail montrent que la richesse, l’aisance, la misère sont, dans l’état actuel des choses et pour les habitants des divers arrondissements
(1) Voyez la lettre de M. Villermé, insérée dans lo Bulletin dâ'V Académie de Bruxelles, n*^23, pour Juin 1834.
(2) Annales cC Hygiène, laWiti 1830.
de Paris, les principales causes auxquelles il faut attribuer les grandes différences que l’on remarque dans la mortalité. L’éloignement et le rapprochement de la Seine, la nature du sol, son abaissement à l'est et à l’ouest, les hauteurs qui limitent Paris au nord et au midi, l’exposition particulière à certains quartiers, les eaux diverses dont on fait usage, toutes circonstances qui peuvent modifier en quelque sorte le climat général de la ville dans une de ses parties, n’y apportent pas de différences sensibles. Pour rendre ces conclusions plus évidentes, je rapprochei-ai dans un même tableau les principaux résultats de M. Villermé; les nombres se rapportent la période de 1822 à 1826. Mais combien tous ces nombres auraient plus de prix, si leur valeur inspirait une entière confiance!
HABIT