CHAPITRE VI
PHOORtS OR 1.A 8TATlSni)UE DANS LA PtalODR ACTURLLI.
Noua avons vu comment les pays se rangent d’après le nombre relatif des naissances ; il n’est pas moins curieux de connaître comment ils se classent par rapport aux décès. Cette comparaison est tout aussi intéressante que la première, qu’elle sert à compléter : nous continuerons à en donner les principaux résultats dans le chapitre qui suit.
Les deux pays qui figurent en tète de ce tableau, pour ce qui concerne l’augmentation de population, sont la Suède et la Norwége ; d’une autre part, nous avons déjà vu, dans notre premier tableau pour l’époque reculée de 1832, que la fécondité y était moyenne. Il doit nécessairement résulter de là un accroissement de population, puisqu’il naît un individu sur 30 habitants (page 235) , tandis qu’il n’en meurt qu’un sur 56 environ. L’Angleterre se trouve dans une position semblable ; puis viennent la Belgique, le Portugal, la France, le Danemark, le Hanovre. Cette situation semble prouver un véritable bien-être dans le pays, puisque avec une mortalité faible on trouve un accroissement rapide de population.
La France avait la fécondité la moins forte des seize États que nous avons comparés ; cependant sa mortalité est à peu près la même que dans les pays précédents : eu moyenne, on n’y compte qu’un décès sur 45 à 46 individus.
tandis qu'il naît un enfant sur 39; de sorte que les conclusions numériques lui sont avantageuses (i).
Si nous pouvions la juger d'après les documents d'une seule année, la Grèce, comparativement, produit un nombre considérable d'enfants, et nous ferons la même remarque pour le Portugal.
Les Pays-Bas, la Prusse, l'Autriche, la Saxe-Royale, l'Espagne, la Bavière sont entre elles à peu près dans la môme relation : la fécondité y est un peu au-dessous de la moyenne, il y naît un enfant par 27 à 29 habitants, et l'on y compte un décès par 32 à 38. L'accroissement a lieu comme dans les pays précédemment indiqués, mais dans des conditions moins favorables. L'année 1859 paraît avoir été fatale aux Pays-Bas, et elle placerait ce pays dans une situation assez mauvaise, si les moyennes des dix années précédentes ne le rangeaient dans une position qui semble lui appartenir en effet suivant tous ses documents antérieurs.
D'une autre part, la moyenne des décès, en exceptant la Russie, serait de 1 pour 44 habitants à peu près ; en sorte que la population actuelle de l'Europe est sensiblement croissante ; pour 44 individus qui naissent, elle n'en perd annuellement que 30. Cet accroissement, calculé en général, d'après les observations des dix dernières années, ne doit toutefois être considéré que comme approximatif.
En classant les différents pays d'après le nombre des décès qu’ont produits les dernières années, il faut les ranger dans l’ordre suivant : Angleterre, Norvège, Suède, Danemark, Belgique, France, Hanovre, Pays-Bas, Prusse,
(1) Un accroissement de population en effet, inrtont s'il est trop rapide en égard aux ressources* de l'Etat où U a lieu, ne doit pas toujours être considéré comme un signe réel de bien-être.
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