‹ Physique socialeChapitre 191 sur 244 · HOSPICES DE PARIS. 18X · texte numérisé non relu

HOSPICES DE PARIS. 18X

Salpétrière

Bicélre

incurables, bommes

Incurables, femmes

IM

Hospice des ménages

— des orphelins

— de la Rochefoucauld

Institut de Sainte-Périnc

Il paraît que la mortalité des hôpitaux, dans le reste de la France, n'est pas aussi grande qu’à Paris. Si l’on sépare les hôpitaux des vénériens, etles maisons d’accouchements et des orphelins, on trouve que le nombre des décès devient

LIVKB DEUXIÈME.

à peu près le même que dans tout le royaume. Voici un relevé de la mortalité dans les principaux hôpitaux de l’Europe (i) ; on pourra le comparer aux données précédentes.

Mortalité.

I Mr

Berlin, hôpital de la Charité, de 1796 à 1817. ... 6 environ.

Vienne, grand hôpital 6 "

Peeth, en Hongrie, hôpital civil, 1826 6 ••

Dresde, hôpital de la ville, 1816 7

Munich, le nouvel hôpital, 1819 9

Saint-Pétersboug, hôpital impérial, 1817 ^2). . . . 4,5 *•

Genève, hôpital, 1823 1

Bruxelles, hôpital Saint-Pien*e, 1823 9 ••

Amsterdam, hôpital Saint-Pierre, 1798 à 1817. . . 8 *•

Turin et Gènes, 1821 7

Milan, grand hôpital. 1812 à 1814 6 -

Pavie, San-Matheo délia Pieté, 1823 (3] 10,7

Bologne, clinique du Tommasini, 1816 à 1819 . . . 7,7 «

Livourne, 1816 à. Iffîô 7,3 ••

Palerme, grand hôpital, 1823 8,2

Il paraîtrait, d’après tous ces documents, que la mortalité dans les principaux hôpitaux du continent était, avant 1833, généralement plus grande que dans ceux d’Angleterre. On peut s’étonner, du reste, qu’en comparant les principaux États de l’Europe, on ne trouve pas de discordances plus considérables, surtout si l’on considère combien les locaux et les ressources dont les hôpitaux peuvent disposer doiventavoird’influence, sans parler des différents systèmes médicaux que l’on y suit. M. Ilawkinsa fait, sous ce dernier rapport, une remarque assez curieuse. « On doit rarement attribuer la mortalité, dit-il, à finfluence d’un mauvais traitement, qui peu fréquemment détruit la vie. Un ami prit des notes particulières sur la mortalité comparative

{\) Eléments of medical Statistics.

(2) A l'égard des hôpitaux généraux de la Russie, en 1811, la mortalité, dans les établissements qui contenaient plus de 30 malades, était de 1 sur 9 j et de 1 sur 10, dans ceux qui avaient moins de 30 malades.

(3) On y i*cçoit les femmes pour faire leurs couches.

SOUS trois médecins, dans un même hôpital. L'un était éclectique, le second penchait pour le système expectant, et le troisième pour le régime tonique. La mortalité était la même, mais la durée de l'indisposition, le caractère de la convalescence et les chances de rechute étaient bien différents. »

Ce n’est point ici le lieu de parler des hospices pour l'aliénation mentale, sur la mortalité desquels nous avons encore peu de données sûres; j’aurai d’ailleurs occasion d'en parler plus tard quand il s’agira du développement des facultés morales et intellectuelles do l'homme et des maladies auxquelles ces facultés sont sujettes. Je ne m’arrêterai pas non plus à examiner la mortalité dans les dépôts de mendicité, ces établissements étant peu répandus en Europe, et établis dans des formes trop différentes pour permettre des comparaisons. Néanmoins je ne dois pas négliger de faire connaitre la grande mortalité qu’on a remarquée dans ceux de l’ancien royaume des Pays- Bas : elle est bien propre à mettre en évidence la condition misérable du pauvre. Dans les sept dépôts qui étaient distribués sur différents points du royaume, et pendant les années de 1811 à 1822, il mourait annuellement 1 individu sur 8,9 de la population moyenne, c’est-à-dire autant que dans les hôpitaux ; tandis que pour tout le royaume le rapport s’élevait environ à 1 sur 43,8. “ La mortalité dans les dépôts de mendicité est en effet d’autant plus effrayante, que la population de ces établissements exclut de son sein les premiers âges de la vie. Il faut ne pas perdre de vue qu’une grande quantité de vieillards et d’infirmes de toute espèce peuplent ces maisons, et que l’état d’exténuation absolue auquel ils se trouvent le plus souvent réduits, en y arrivant, porte déjà le germe avancé d’une dissolution prochaine, et doit sans contredit être

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