LIVRE DEUXIÈME
assez homogènes; et c’est effectivement ce que nous reconnaîtrons plus loin. Le Luxembourg et le Brabant, qui ont produit le plus de naissances eu égard à la population, sont aussi les deux provinces qui ont présenté, toutes choses égales, le plus de mariages. Les deux Flandres comptent le moins de mariages ; mais les mariages y sont plus féconds que dans le reste du royaume, ce qui expUque comment le chiffre proportionnel des naissances y est exactement égal à celui de la Belgique entière. Du reste, il de'V'iendrait difficile, à cause du peu d’étendue de ce pays, de reconnaître les effets de quelques-unes des causes influentes qui ont été signalées plus haut, et particulièrement de la différence du climat.
Il importe, ici, de faire une remarque essentielle, c'est que généralement, dans l’estimation de la fécondité des mariages en Belgique, on comparait le nombre total des naissances au nombre total des mariages, sans faire la déduction des enfants illégitimes; et j’avoue que moimême, faute de documents, je n’ai pu faire alors cette correction nécessaire. J’ai lieu de croire néanmoins, d’après des données partielles, que la proportion des naissances légitimes aux naissances illégitimes doit s’éloigner peu de celle de la France, où 100 mariages produisent 408 naissances, en les prenant indistinctement, et 379 naissances légitimes seulement, c’est-à-dire 29 de moins. En supposant donc que les enfants légitimes et illégitimes présentent le même rapport en Belgique et en France, le chiffre de la fécondité des mariages ne serait plus que 4,4 environ, ce qui lui assigne encore une valeur élevée comparativement aux autres pays.
La distinction des premières, des secondes, des troisièmes noces devient également importante, si l’on veut
faire avec quelque priicision la part de chacune des causes influentes. Dans les pays, en effet, où l’on passe facilement à de nouvelles unions, le chiffre de la fécondité doit paraître trop faible; car la fécondité de la femme n’est point illimitée, et le rapport des naissances aux mariages doit nécessairement changer, si, les naissances demeurant en meme nombre, les mariages viennent à se multiplier.
Parmi les causes influentes sur le chiffre de la fécondité, on peut ranger le séjour des villes et des campagnes. Pendant la période décennale de 1803 à 1813, pour laquelle on peut commencer à établir des calculs en Belgique, on trouve que 100 mariages ont produit dans les villes 484 naissances, et dans les campagnes 450 (i) ; mais on pourrait encore objecter avec raison que les naissances illégitimes n’ayant point été distinguées des naissances légitimes, cette différence peut n’être qu’illusoire.
Si l’on cherche à établir l’énergie de la fécondité par rapport, à la population, on trouve eu général, en prenant isolément le chiffre de la fécondité pour les grandes villes de l’Europe, qu’il a une valeur supérieure à celui des campagnes avoisinantes. On peut voir, dans le Bulletin des sciences géographiques pour avril 1831, un tableau des mouvements de la population des principales villes de l’Europe, qui, si les éléments en sont exacts, donne moyennement une naissance pour 22,4 habitants, relativement à 78 villes qui y sont indiquées. Los villes qui présentent les termes limites sontUtrecht, 19,0; Liverpool, 18,0; Oporto, 19,6; Londres, 40,8; Saint-Pétersbourg, 46,7 (2).
(l) Recherches sur la reproduction et ta mortalité. — Noua n'avona pas crn devoir altérer les expressions du texte ; on verra mieux, par les tableaux qui suivront pour l'époque actuelle, combien l'état de la statistique s’est amélioré dans nos provinces.
l2) La petitesse de ce rapport, pour Saint-Pétersbourg, tient a un état
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Quand on fait la distinction des villes et des campagnes pour la Delgii|ue, ou trouve aussi que le nombre des naissances, comparativement à la {lopulation, est plus grand dans les villes; il a dté de 1 29,1 pendant les anm^cs de
1825 à 1829. Dans les campagnes, il a été do 1 à 30,4 : de là suivrait donc effectivement <iu'il e.xiste dans les villes une cause plus active de fécondité que dans les campagnes.
■ M. Villermé, dans son travail sur les naissances par mois (i), a montré que les époques d’insalubrité, principalement celles des épidémies produites par des émanations marécageuses, sont défavorables à la fécondité. Ce savant croit en avoir trouvé une preuve directe dans le chilFre des conceptions, qui diminue aux époques de l'année où les émanations marécageuses sont le plus intenses.
M. Sadler, dans l’ouvrage sur la Loi de la population, a examiné les relations qui existent entre le nombre des mariages, le nombre des naissances et celui des décès; en étendant ses comparaisons à différents pays et particuliérement à l’Angleterre, à la Franco et à l’ancien royaume des Pays-Bas, il a trouvé ([u’en général tes lieux qui produisent annuellement le plus de mariages, sont ceux où la fécondité des mariages est la moins forte, comme par une espèce do compensation qui empêche un pays de prentlro des accroissements de population trop rapides. Le même auteur trouve que les pays où les mariages sont très-nombreux, sont aussi ceux qui ont une plus grande mortalité. Ou pourra se faire une idée de ses résultats par le tableau suivant, (|ui résume les valeurs obtenues pour la France.
particulier de U ])Opulutioa, qui renfertue uu nombre d’hommes bien supé* rieur a celui des femmes.
(I) (flIyijUne, jdûKiav 1831.
QIJALITKS l’HYSlQUES.
Tabler montrant qne l'obataolo préventif diminue la fécondité des mariages, et que la fécondité est réglée par le chiffra de la morta> Uté.
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Os faits (établis par M. 8.
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les nombres que donnent les difierentes parties de l’Angleterre (i). M. Sadler s’est aussi servi des documents que j’avais donnés pour l’ancien royaume des Pays-Bas, et il y a trouvé une confirmation nouvelle de scs résultats. Je présenterai égaleiiuint ce tableau, qui est instructif sous plus d’uii rapport .
(1) En comparant les pays entre eux, apres avoir comparé les parties dont ils se composent, et en faisant usage des données qui semblent devoir inspirer le plus de conAance, on trouve :