‹ Physique socialeChapitre 7 sur 244 · NAIS.SANCE ET PROGRÈS DE LA STATISTIQUE (l · texte numérisé non relu

NAIS.SANCE ET PROGRÈS DE LA STATISTIQUE (l

,La statistique est une science moderne, quoique les données qui lui servent de base soient anciennes. Les esprits -les plus judicieux de l’antiquité cherchaient à se rendre compte de ce qu’un paj's peut fournir en hommes et en produits matériels : ils essayaient de démêler, en dehors des aperçus grossiers qui se formulaient autour d’eux, les moyens les plus propres à se faire une idée juste de la force des Etats et des avantages qu’ils rencontraient, ou chez eux ou chez leurs voisins. Aucun écrivain cependant ne s’était avisé de calculer les chances des événements, ou la probabilité, par exemple, de continuer de vivre à tel ou tel âge, et de garantir la valeur de la vio

(1) Voyez mon Mémoire sur la statistique considérée sous le rapport du physique, du moral et de l'intelligence de l'homme, pages 433 et suivantes du Bulletin de la Commission royale de statistique, tome VI [I ; Bruxelles,

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par l’entremise des sociétés d’assurance : on doit douter même qu’ils sussent faire usage de la connaissance des moyennes.

Dans le coure des derniers siècles, les sciences politiques prirent un sensible développement ; on commença à soupçonner qu’en perdant de vue les individus, on peut démêler, à travers les phénomènes sociaux qui dominent les masses, des lois qu’on détermine de la manière la plus précise.

Ce qui arrêta d’abord, ce fut la conviction du libre arbitre de l’homme : l’on savait que sa volonté est une cause insaisissable, placée en dehors de toutes les lois ; on en concluait qu’il devenait dès lors impossible d’en déterminer les clfets. Mais l'on perdait de vue que cette volonté n'a plus d’action au delà de certaines limites où commence la science, et que les effets, si grands en apparence, comme ceux qu’on a toujours cru voir à la naissance des choses, pouvaient être estimés comme sensiblement nuis, s’ils sont considérés d’une manière collective. L’expérience, en effet, prouva bientôt aux plus clairvoyants que les volontés individuelles se neutralisent au milieu des volontés générales.

Des catastrophes physiques, de grandes nivolutions ou des actes provenant d’une puissance supérieure peuvent, à la vérité, modifier l’e-xistencc d’une nation, comme de grands incendies, de fortes commotions terrestres peuvent détruire des forêts et modifier la face d’un pays, ou bien encore comme des inondations peuvent le submerger entièrement. De pareilles calamités n’enipôchent pas une science de suivre librement son cours et n’altèrent pas les lois quelle formule d’après la généralité des faits.

11 devint bientôt impossible de méconnaître l’exactitude des principes de la statistique, dont jusque-là on avait

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