I.IVRE DEUXIÈME
Les (leux maxiimi se présentent aux mois do mai et de novembre, comme l’indique le tableau général ; le maximum de mai est celui qui se prononce surtout de la manière la plus sensible pour la Belgique. Le minimum d’été arrive en août, à l’époque marquée aussi pour les autres pays. — Mais il se présente au minimum, vers la fin de l’hiver, deux dérangements complets, qui tiennent l’un à la fin de l’année qui fait reporter sur janvier la moitié des mariages qu’il aurait fallu compter en décembre, et l’autre qui, par l’arrivée du carême, fait avancer d’un mois environ les mariages qui devraient avoir lieu en mars. Ces deux augmentations des nombres de décembre et de mars, faites en diminuant les valeurs de janvier et de février, donnent à la courbe une régularité assez remarquable.
ün verra du reste, par ce qui précède, que le nombre des mariages, dans le cours de l’année, est un des éléments statistiques qui présente les anomalies apparentes les plus irrégulières dans .sa marche. On peut répondre que c’est
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aussi un des éléments statistiques dans lesquels la volonté humaine intervient le plus. Nous admettons sans peine cette explication ; mais comment se rendre compte alors de cet autre fait (pii lui sert en quelque sorte de complément ; de Imites les causes où l'intervention humaine semble avoir le plus d'influence, c'est l'âge.
C’est ici surtout que l’on trouve, en effet, une admirable confirmation du principe que nous avons énoncé dés le commencement de cet ouvra"e, que plus le nombre des individus que l'on observe est grand, plus les particularités individuelles, soit physiques, soit morales, s'effacent et laissent prédominer la série des faits généraux en vertu desquels la société existe et se conserve (i). Nous sommes loin de prétendre sans doute que des découvertes scientifiques, que des combinaisons gouvernementales, que la mise en pratique des grands principes sociaux ne puissent avoir une influence marquée; mais ces causes d’action, bien que provenant des hommes, se trouvent placées alors en dehors de la sphère ilu libre arbitre des individus. Nous avons cité des faits remarquables (jui venaient à l’appui de nos convictions; mais ces faits, quoique nombreux, n’étaient point appuyés sur des observations assez longtemps suivies, pour pouvoir établir nos convictions avec l’assurance nécessaire.
Après vingt-cinq ans d'observation, nous prendrons un sujet où le libre arbitre de l’iiomme et ses chances d’action sont bien plus marqués que dans tout autre phénomène nous chercherons quels ont été ses effets dans l’acte du mariage (2). Il convient d’étudier ce champ de recherches
(1) Voyez plus haut, pago 93; ut la première édition de l'écrit Sur /‘/tomme et le développeme^it de ses facultés, ou Essai de physique sociale^ tome I, page 12; Paris, Bachelier, 1835. »
^ Mémoire de Viu/Uteuce du libre arbitre de r/iomtne sur les faits
UVRF, nKUXlKME.
2ff?
avec des moyens d’appréciation plus srtrs et plus directs que ceux que l’on a employés jusqu’à présent (i).
Les documents que nous avons publiés, en 1847, sur le nombre des mariapes de 1841 à 1845, en tenant compte à la fois de l’àge de l’homme et de l’àpe de la femme, au moment de leur union, étaient déjà de nature à lixer l’attention des observateurs sur l’espèce de loi qui régnait à cet égard ; toutefois ces recherches devaient être développées par de plus longues études, et plus de preuves
sociaux, tome III» page 143 du Bulletin de ia Commission centrale de STATISTIQUE DU ROYAUME, Bruxellea, chez M. Hayez.
(1} La simple expositioo des fait», quand elle est présentée avec méthode, est du plus puissant secours pour la science. Déjà, des hommes dont l'attention se porte avec la plus vive ardeur vers ces recherches, ont senti le besoin de les compléter : c'est ainsi qu'â Florence, lors de la derniere réunion générale des statisticiens des ditTérents pay^, il a été résolu, d une voix unanime, qu'on ne se bornerait plus à l’examen des documents qui doivent fixer l’attention dans les Etats, mais qu'il faut joindre encore, à l’étude des faits, un examen philosophique /'on ponn'a traiter Us ffrandes questionsde statistique dans U langage qui leur contienne mieux, c'est-à-dire en usant du calcul des jtrc^bilités, étude déjà si bien préparée par les travaux de Laplace, Fourier, Poisson, etc.
Le célébré sir Jobu Herschel, & l'exemple de Pascal et de Halley , a montré toute l'importancede cette science 4 TAe Edinburgh /Ser/eto, July, 1850, ainsi que l’ouvrage Kssags from the Edinburgh and Quarferlg revUves, \cith addresses and other pièces, by sir John F.*W. Herschel : en l vol in 8®, de 750 pages Londres : Longmann, 1857». Tout récemment eno5re,la savante Allemagne, par les écrits de MM. Wappceus, professeur R Guttîngue; Adolphe Wagner, professeur à Dorpat; B. Hildebrand, professeur à léna; le docteur Ad. Held; Th. Wittstein, professeur à Hanovre: etc., a fuit con> naître le prix qu'elle attache à la statistique, comme science, et les avan> tages qu'on peut en attendre. Je ne parle point ici du puissant concours que nos bonoral^les collègues des congrès internationaux prêtent A cette belle science, encore si négligée et qui tend A prendre une si vaste étendue dans l'état des sciences modernes. C'est avec un regret bien vif qu'on voit encore aujourd’hui cette riche et fécon le branche des sciences humaines ne pas même trouver place dans l'enseignement supérieur de quelques pays. On n’a pas même l'air de te douter des difficultés qu'elle présente ; l'exemple des plus profonds mathématiciens modernes serait bien de nature cependant A faire naître de» réfiexious Ac.*t égarj.
Î68 gt’ALITÉS PHYSIQUES.
(■taient nécessaires pour pouvoir les accepter avec toute confiance. Nous avons eu l’occasion d’y joindre ensuite les documents de la période (juinqueniiale suivante, et enfin ceux de 1850 à 1866. Voici les résultats que nous ont donnés ces diverses séries d’observations :
Mariés (hommes et femmes) classés selon les âges.
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