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INFLUENCE DES LIEUX

On possède sur les naissances moins de documents que sur les décès, parce que l’homme sans doute a moins d’intérêt à savoir la manière dont il est entré dans la vie que celle dont il peut en sortir. Ce qui tient aux lois des naissances ne semble être pour lui qu’un objet de curiosité, tandis qu’il lui importe de connaître toutes les chances qu’il a de vivre et de mourir. Néanmoins dans les recherches sur la mortalité, il convient aussi de procéder avec la plus grande réserve, et de ne pas attribuer, comme l’ont fait beaucoup d’auteurs, la même importance à tous les chiffres que l’on peut recueillir.

La mortalité s’estime en général par le rapport des décès à la population. Or, s’il est difficile de constater par les registres d’un pays le nombre exact des décès, il est bien plus difficile encore d’établir d’une manière précise le nombre d’individus dont se compose la population. Un dénombrement est une opération très-délicate, qui ne peut s’effectuer que de loin en loin, et qui doit produire des résultats bien différents selon les soins qu’on

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y apporte et les opinions plus ou moins favorables qui l’accueillent. Dans des lieux, par exemple, où l'on pourrait avoir intérêt à se soustraire au recensement, on trouvera naturellement une estimation trop faible de la population et, par suite, une estimation trop élevée de la mortalité : il faut donc être très-circonspect en comparant un pays à un autre, ou ce pays à lui-même, à des époques dilférentes.

Ce qui semble d’abord devoir attirer notre attention, c’est l’influence qu’exerce la difTérence des climats sur la mortalité de l’espèce humaine. La climatologie, prise dans la plus grande extension de ce mot, est une science encore trop peu avancée pour que nous puissions nous en occuper ici (i); quand nous voulons examiner les pays situés hors de l’Europe, ou même ceux de l’Europe où les sciences politiques ont été moins cultivées, nous manquons généralement de données, et surtout de données comparables. 11 nous serait impossible d’apprécier avec quelque exactitude les effets comparatifs des températures plus ou moins élevées dans leurs rapports avec le degré d’humidité ou de sécheresse , avec la direction des vents , le courant des eaux, etc. Nous devrons donc, dans un premier aperçu, faire abstraction de ces dernières circonstances et ne nous occuper que des résultats les plus généraux.

Si nous ne considérons en premier lieu que l’Europe et si nous partageons cette partie de la terre en trois régions

(I) Voyez, pour l'Angleterre, les recherches de M. J. Clarck, relatives à VJn/tuence du climat sur les maladies chroniques (Annales dHygiène, avril 1830); voyez aussi la Philosophie de la statistique, par Melchior Oioja, 2 vol. in-4«, 1826.

Nous essayerons de donner, A la fin de ce chapitre, les progrès faits par la statistique dans l'espace du tiers de siècle qui vient de s'écouler.

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seulement, atin d'eliininer, autant que possible, les causes accidentelles, nous pourrons avoir une première donnée pour résoudre le problème qui nous occupe. Il serait convenable aussi de ne prendre que les résultats des dernières années, afin d’avoir des termes plus comparables.

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