‹ Physique sociale, ouChapitre 201 sur 238 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

port avec toutes les facilités que pouvait présenter le pays pour son développement pendant les périodes antérieures.

En adoptant cette mesure de force productive, dans une première approximation, il peut être intéressant do connaitre la population spécifique de chaque pays, c’està-dire le nombre d’habitants par lieue carrée ; je prendrai, à cet effet, les nombres donnés par M. Balbi, dans le Précis de la Géographie universelle de Maltebrun, liv. 116. J’ai cru devoir omettre les petits États ayant moins d’un million d’âmes (i).

HabiUDU p«r lieue auré«* de IS lu d.

Pays-Das 1^829

Royaume Lombardo-Vénitien 1,711

Wurtemberg 1,502

Angleterre propre 1,457

Royaume de Saxe 1 ^52

ÈtaU de Sardaigne 1,122

France. 1,062

États de l'Eglise 1,043

Bavière 968

Monarchie prussienne 792

Suisse 783

Hongrie 750

Royaume de Naples et Sicile 747

Espagne 641

Danemark 616

Portugal 446

Turquie 324

Russie .... 161

Suède et Norwége 82

Les Pays-Bas, la Lombardie, le Wurtemberg et l’Angleterre étaient donc les pays qui nourrissaient alors les populations les plus denses de l’Europe, et celles par conséquent qui, toutes choses égales, devaient produire le

(1) L’eatimation est prise avant 1834.

plus pour les soutenir convenablement. Le Portugal, la Turquie, la Russie, la Suède et la Norw'ége ont au contraire les populations les moins denses. Or, comme les populations qui couvrent ces pays ont pu croître, depuis plusieurs siècles, avec toutes les facilités que comportaient les localités et les institutions, il est à présumer que si elles ne sont pas les mêmes que dans les différentes parties de l’Europe, il s’est trouvé des obstacles à leur propagation, soit parce que les terres n’y étaient pas également fertiles, soit parce qu’il y était difficile de donner du développement au commerce et à l’industrie des hommes, soit parce qu’on n’y trouvait pas assez de garanties dans les institutions sociales, soit enfin par dos causes morales et par d’autres motifs dont j’ai examiné les iniluences sur le nombre des nais.sances et des décès.

Il est, du reste, une distinction importante à établir, et qui, faute d’avoir été observée, a souvent jeté une confusion étrange dans toutes les questions relatives à la population : c’est qu’il est nécessaire do connaître non-seulement de combien d’individus une population se compose, mais encore de quelle manière chaque individu parvient à pourvoir à ses moyens d’existence. Il se trouve une infinité de nuances entre les peuples : les uns ont l’esprit plus cultivé, plus d’industrie et des besoins plus grands; un individu consomme à lui seul ce qui, ailleurs, pourrait en faire vivre trois ou môme davantage ; mais ces trois hommes végéteront tristement et grossiront une population misérable comme eux. Il serait donc inexact de dire que, parce que la dernière nation a une population trois fois aussi dense que la première, elle produit trois fois autant. Pour que les chiffres du tableau précédent pussent devenir comparables, il faudrait les multiplier individuellement par un coefficient constant, dépendant de ce qui est

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