‹ Physique sociale, ouChapitre 75 sur 238 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

lier, c’est que des économistes instruits partagent les mômes idées. Cela ne tient-il pas, chez idusieurs d’entre eux, à ce qu’ils confondent l’effet avec la cause? Quoi ([u’il en soit, quand une nation, après avoir langui, reprend un état prospère, on voit généralement une augment-uion de fécondité; mais on aurait tort de conclure (]ue cette aug-r mentation de fécondité, ipii n’est qu’une cqnséquence de l’état meilleur qu’un peuple est parvenu à se procurer, puisse au contraire en être la source.

On ne saurait ilouter que l’anéantissement des grandes corporations religieuses dans plusieurs pays, que la suppression d’iui grand nombre de fêtes consacrées anciennement pai' l’Eglise, ((u’une observation moins rigoureuse du carême, et que d’autres causes semblables n’aient modifié de nos jours ce qui se rapporte à la fécondité. 11 résulte des recherches de M. \'illermé (pie, dans presque tous les pays catholiques, le carême, tel qu’on l’observe et surtout tel qu’on l’observait autrefois, parait bien évidemment diminuer le nombre de conceptions, du moins pendant qu'il dure (i).

Nous avons déjà vu que les époques auxquelles on se marie influent sur le nombre et l’espèce des naissances que produisent les mariages. M. Villermé a recherché si, pendant les différents mois de l’année, le nombre des mariages qui se contractent a un rapport direct avec celui des conceptions, et il est parvenu à ces conclusions : 1“ que ce rapport lù^st presque point sensible; 2“ que néanmoins les mariages paraissent être un peu plus féconds, mais e.xtrêmement peu, pendant les premiers mois qu’après;

üur les fonts baptismaux. Cette liabitude ne s'est point perdue en Belgitjue, et Ton peut citer divers exemples uü le monarque s est fait représenter dans de pareilles cii'conatance.s par un magistrat ou Tun de ses officiers.

(1) Annales (Sur la distriftution, etc.)

Qt-'.VI.ITÉS PHYSIQUES.

et 3“ qu’il n’est pas prouvé, tout vraisemblable que cela est, qu’il y ait plus de chances qu’une femme deviendra enceinte dans les premiers jours ou dans les premières semaines de son mariage, quand celui-ci a lieu en avril, mai, juin et juillet, que s’il a lieu à toute autre époque de l’année (i).

Nous possédons aujourd’hui des documents qui jettent plus de lumières sur ces importantes questions ; c’est surtout en considérant la statistique sous son point de vue le plus relevé, qu’on peut le mieux juger de son inÜuence. Les listes des naissances et des décès sont les instruments les plus sûrs qui marquent l’activité et la vie des peuples. Selon la hausse ou la baisse de ces nouveaux thermomètres, on peut juger, sans crainte de se tromper, si le développement des nations s’exerce utilement ou non ; si les peuples sont dans un état prospère ou tombent en décadence. On ne saurait en douter : les listes des naissances et des décès sont de l’utilité la plus grande, mais il faut savoir y lire et comprendre leurs indications (2).

(1) (VJJygi^ne, (Sur la ilistributiont etc.)

(2) On trouvera plus loto des détails développés à cet égard.

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