‹ Phytographie médicale (volume 2)Chapitre 2 sur 64 · LISERON DES HAIES. C ON FOL FU LUS SEPJUM · texte numérisé non relu

LISERON DES HAIES. C ON FOL FU LUS SEPJUM

Convolvulus sepium. Linn. Spec. 218. DC. Fl. Fr. 2744.

Fl. Dan. t. 458.

Cette espèce , qu’on rencontre partout dans la campagne, surtout au milieu des haies et des buissons, charme les regards par ses belles corolles du blanc le plus pur. Ses tiges , grêles , cannelées , sarmenteuses , garnies de feuilles cordiformes ethastées, s’entrelacent dans les épines , se roulent autour des arbustes , dont elles embrassent étroitement les rameaux , ou montent en grimpant sur la cime des arbres. Les fleurs sont grandes, blanches, portées sur des pédoncules tétragones , solitaires , et munies , à peu de distance de leur calice , de deux bractées opposées , en forme de cœur.

Ce grand liseron couvre la rive droite de l’Oise , prèsdeL’Ile-Adam. C’est un charmant spectacle devoir ses blanches corolles se fermer peu à peu , aussitôt que le soleil quitte l’horizon.

Lorsqu’on blesse les tiges de ces deux liserons , il en

découle un suc d’abord douceâtre , puis âcre et amer. Ce suc contient un principe gommo-résineux qui exerce une action spéciale sur les organes digestifs. Haller, Coste , Willemet, Burtin , Gilibert, Bodard, pensent qu’on «peut substituer ces plantes indigènes, et surtout le grand liseron, à la scammonée d’Orient. Le suc des racines , des tiges et des feuilles , réduit en extrait et pris à la dose d’un scrupule , produit un effet cathartique assez intense. Les auteurs de la Matière médicale indigène l’ont prescrit avec avantage à plusieurs hydropiques. Le docteur Bodard , qui lui donne le nom de scammonée d’Europe , l’a également administré à la dose de dix , quinze , vingt et trente grains, selon l’âge et la constitution du malade, et il a presque toujours obtenu un effet purgatif sans irritation. Une forte décoction de feuilles fraîches manifeste la même propriété. A la campagne , où l’on manque souvent des secours ordinaires , on pourrait employer utilement ces plantes, qu’on trouve partout dans la belle saison. Séchées à l’ombre, elles conservent encore leurs vertus.

Décoction purgative. Prenez une ou deux poignées de tiges, feuilles et fleurs du liseron des haies ; faites bouillir pendant un quart d’heure dans huit ou dix onces d’eau, et ajoutez une bonne cuillerée de miel. C’est un purgatif assez doux qui peut figurer utilement dans la médecine domestique. On peut employer de la même manière le liseron des champs. Les feuilles séchées à l’ombre conservent leurs propriétés et purgent très-bien -, on les donne en décoction à la dose de deux ou trois gros dans une tasse de bouillon aux herbes.

Les feuilles fraîches de ces deux liserons , pilées et appliquées en cataplasme sur les tumeurs indolentes , sur les plaies , sur les vieux ulcères , les raniment et les disposent à la guérison.

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