LOBÉLIE BRULANTE. LOBELIA U RE NS
Lobelia urens. Linn. Spec. 1321. DC. Fl. Fr. 2870.
Engl. Bot. 953.
(Planche 640
Cette plante a une tige droite, simple, quelquefois un peu rameuse, haute d’environ un pied et demi. Ses feuilles radicales sont ovoïdes , en forme de spatule ; celles de la tige, lancéolées , sessiles, un peu écartées les unes des autres. Toutes sont glabres, légèrement dentées, et d’un joli vert. Ses fleurs, attachées à de courts pédoncules , èt disposées en grappe terminale , ont une corolle d’un bleu tendre , comme labiée , avec deux taches blanchâtres à son orifice. On trouve cette lobélie dans les bois , dans les landes , dans les terrains
marécageux ; elle croît dans plusieurs départemens de la France, aux environs de Paris, de Fontainebleau, de Nantes, etc.
Ainsi que les euphorbes , elle contient un suc laiteux dune acreté extrême. Toutes ses parties , et particulièrement la racine, irritent et enflamment les voies alimentaires. L’infusion des tiges et des feuilles produit une espèce de choie ra-morbus accompagné d’une anxiété douloureuse et de convulsions. On combat ces accidens par des boissons mucilagineuses , le lait pris en abondance, des lavemens émolliens et l’opium. Malgré l’opinion du docteur Bodard, nous pensons que cette plante est peu propre à remplacer l’espèce suivante.
LOBE LIE SYPHILITIQUE. LQBEUA S YPH1LÎTICA.
Lobelia sjphilitica . Linn. Amçn. Acad. 4. 527. Jacq.
Ic. Plant, rar. t. 597.
(Planche 65.)
Cultivée dans quelques jardins , la lobélie syphilitique se fait remarquer par l’élégance de son port et par les jolies fleurs dont elle est couverte. Sa tige simple , anguleuse -, chargée de poils , s’élève à la hauteur d’environ deux pieds. Sesfeuilles sont alternes , ovales, lancéolées , sessiles , vertes , un peu rudes et légèrement dentées. Les fleurs sont axillaires, solitaires, d’un bleu transparent , et portées sur des pédoncules très-courts. La corolle est velue en dehors-, sa lèvre
inférieure offre un palais à deux gibbosités. Cette espèce croît sur les bords des rivières , et dans les bois de l’Amérique septentrionale.
La lobélie syphilitique est beaucoup moins âcre que l’espèce précédente ; cependant sa décoction , prise à haute dose , produit des évacuations douloureuses et peut enflammer les organes gastriques.
D’après Kalm et Bartram , elle est employée dans l’Amérique septentrionale comme un puissant remède contre la syphilis. On fait bouillir une poignée de la racine sèche dans douze livres d’eau , jusqu’à réduction d’un tiers, et l’on prend chaque jour deux ou trois verres de cette décoction. On augmente ensuite progressivement les doses-, et, lorsque le remède excite une trop forte purgation , on le suspend pendant deux ou trois jours; on prend en même temps des bains chauds , et l’on s’impose un régime sévère. On dit que la lobélie syphilitique est aussi efficace dans ce pays que le mercure l’est en Europe ; ce dont il est permis de douter. Cependant , lorsque la maladie vénérienne est rebelle aux préparations mercurielles , il est possible que cette plante produise de bons effets.