LISERON SOLDANELLE. CONFOLFULVS S O LD A N ELLA
Convolvulus soldanellci. Linn. Spec. 226. Scop. Fl. Carn. t. 1. n* 222. DC. Fl. Fr. 2748.
Ses tiges sont grêles, rameuses, couchées sur la terre , garnies de feuilles pétiolées , réniformes ou un peu écliancrées au sommet et d’un vert luisant. Les fleurs, portées sur des pédicelles axillaires , ont un calice entouré par deux bractées ovales , et une corolle grande , évasée , de couleur purpurine : elles forment une sorte de cloche presque quadrangulaire , s’ouvrent le matin, et se referment dans l’après-midi, pour s’épanouir de nouveau le lendemain.
Cette plante , qui porte le nom vulgaire de chou marin, croît dans les lieux sablonneux, le long des côtes, ' depuis Nice jusqu’en Belgique. Toutes ses parties épanchent un suc résineux , acre et amer, qui a beaucoup d’analogie avec celui du liseron scammonée , et qui purge vivement. La racine a fourni à M. Planche un extrait gommeux , une résine verte , des substances salines et une matière ligneuse.
Le suc de la plante fraîche est un puissant hydrago-
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gue qu’on peut administrer par petites cuillerées dans du bouillon aux herbes ou du bouillon gras. La racine desséchée perd en grande partie sa saveur, mais elle conserve son action purgative. La dose est de vingt à trente grains, qu’on mêle avec du miel. Suivant Murray , quelques auteurs la prescrivent depuis un gros jusqu’à quatre. Ces doses sont évidemment trop fortes, si la racine a été desséchée avec soin, car elles pourraient enflammer les tuniques digestives. Au reste , on a tort de négliger cette plante indigène , et elle doit être replacée parmi les médicamens héroïques. On devrait même la multiplier dans les sites où elle croît spontanément.
Il est peu de genres qui montrent autant d’analogie entre leurs propriétés physiques et leurs vertus médicamenteuses que le genre Liseron. Outre les espèces que nous avons décrites , on en compte beaucoup d’autres qui sont également douées de propriétés purgatives. Nous nous contenterons de citer le liseron maritime {convolvulus maritimus ), qui croît dans les Indes et au Brésil ; le liseron à gros fruit ( convolvulus macrocarpus ), qu’on emploie comme purgatif à la Martinique ; le liseron panduriforme ( convolvulus panduratus ), espèce usuelle aux État-Unis ; le liseron à grosse racine {convolvulus macrorhizos), qui sert également de purgatif à Saint - Doiningue ; enfin le liseron des rives (< convolvulus littoralis ), espèce à suc laiteux qui croît aux Antilles. Ces divers liserons et quelques autres que nous passons sous silence , contiennent une matière gommo-résineuse qui excite vivement les tuniques digestives , et produit dans certains cas les
bons et les mauvais effets des remèdes hydragogues.
Toutes ces espèces exotiques peuvent se remplacer par nos liserons, surtout par ceux qui naissent dans nos provinces méridionales. C’est là , sous l’influence du soleil , que les propriétés des plantes se perfectionnent , que leurs principes deviennent plus actifs , leurs sucs plus résineux.
Je le revois enfin ce ciel du Midi ; je respire les parfums de ces rians coteaux que je parcourais dans mes jeunes années. Au milieu des beaux paysages qui charment ma vue, mon sang se réchauffe, mon cœur se ranime , mes vieux souvenirs se réveillent. Je reconnais ce vallon si étroit, mais si joli, d’où s’échappe un air pur et suave , et ce ruisseau et ce bois touffu qui le suivent dans ses gracieux détours en répandant partout une fraîcheur vivifiante.
In vnlle reducla
Seclusum nemus et virgulta sonantia syluis.
Quelle ineffable harmonie entre ce frémissement de l’air, et ce vallon , et ce bocage et ce ruisseau ! O douce paix! c’est ici ton asile. Lorsque, après une course botanique , j’observe les richesses que j’ai amassées • que sous l’abri d’un bouquet de chênes , tout près d’une onde qui murmure , je repose mon corps fatigué et livre mon âme aux délices de la rêverie , que peut-il manquer à mon bonheur ?
Les fleurs printanières ont perdu leur éclat 5 des gousses naissantes, des corolles flétries, annoncent l’accomplissement de leur destinée *, mais la nature ne h. 3
peut se lasser de produire , elle ouvre son sein , une infinité d’herbes aromatiques jonchent la terre. C’est l’ivette musquée, c’est la sarriette des montagnes, c’est la camomille valentine avec sa tige empourprée , le romarin avec son petit feuillage demi-vert. Ici, le grand plantain m’offre sa tige toute nue et sa charmante aigrette , composée d’un faisceau d’étamines de la plus douce nuance. Là, au milieu d’un groupe d’arbrisseaux divers, une belle plante étale ses corolles de neige : c’est le liseron des haies , indolent parasite qui se fait balancer par les brises dans un berceau de verdure. Plus loin , faible et sans appui , le petit liseron rampe sur la pelouse où il épanche son doux parfum. Le vulgaire méprise et foule aux pieds cette herbe modeste , qui est pourtant un chef-d’œuvre sorti des mains de la nature. Qu’il est joli, ce petit entonnoir blanc qu’elle a nuancé de rose et plissé avec grâce, pour qu’il se ferme le soir, et se rouvre le matin aux premiers rayons du jour! Le monde végétal a aussi ses heures de repos ; mais c’est le sommeil des champs , sommeil paisible et doux qui n’a point de mauvais réveil.
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Gentiane œ. Juss.