‹ Phytographie médicale (volume 3)Chapitre 58 sur 75 · ANÉMONE SYLVIE. ANEMONE NEMOROSA · texte numérisé non relu

ANÉMONE SYLVIE. ANEMONE NEMOROSA

Anemone nemorosa. Linn. Spec. 762. DC. Fl. Fr. 4616.

(Planche q3.)

Sa racine , horizontale et noirâtre , pousse une ou deux feuilles péliolées, à trois folioles ovales, découpées , incisées. La tige est simple , grêle , munie , vers les deux tiers de sa longueur, d’une collerette de trois feuilles pétiolées, incisées, lobées, dentées , vertes , un peu velues sur les bords. La fleur qui termine la tige est légèrement inclinée , blanche , teinte de rose extérieurement, et formée de cinq ou six pétales ovoïdes, lancéolés. Ses semences sont velues, terminées par une pointe courte, sétacée. Cette anémone fleurit dès les premiers jours du printemps -, elle est commune dans les bois, dans les lieux incultes et couverts.

PROPRIÉTÉS DÉLÉTÈRES

Elle est généralement regardée comme une plante très-pernicieuse pour le bétail , qu’elle fait périr en

lui occasionant l’hématurie , des flux dysentériques , des inflammations violentes. L’herbe fraîche, appliquée sur la peau , y développe une action vésicante très-prompte. Quelques charlatans ont la témérité de l’appliquer sur les parties atteintes de goutte ou de rhumatisme. Dans les campagnes , on l’a également employée en topique sur les poignets, pour interrompre les accès des fièvres intermittentes. Ces applications sont dangereuses; si on les maintient trop longtemps sur les membres, elles peuvent y exciter la gangrène. Les onctions pratiquées sur la tête des teigneux avec des pommades où l’on faisait entrer la pulpe de cette plante ont été suivies de violens maux de tête , de convulsions , de syncopes alarmantes.

Anémone renoncule. Anemone ranunculoides. Elle partage les propriétés vénéneuses de l’espèce précédente : on la croit même plus délétère. Sa tige, grêle, porte à son sommet une ou deux fleurs jaunes , dont les pétales sont arrondis , et un peu velus en dehors. La collerette est composée de trois feuilles à lobes profonds , incisés ou dentés. On la rencontre dans les bois et les prés couverts. Toute la plante est très-âcre; elle cause aux bestiaux des inflammations et des hémorrhagies.

PROMENADE a SAINT-CLOUD.

Par une belle matinée, j’avais gagné le plateau de Saint-Cloud. C’était vers la mi-avril , saison d’espérance et d’amour. Une chaleur bienfaisante était répandue dans l’air , la terre souriait , l’aubépine commençait à

fleurir, l’anémone Sylvie se balançait avec grâce sur la pelouse , la violette embaumait les buissons , et la primevère inclinait çà et là sa corolle d’or encore humide des pleurs du matin.

Les coteaux qui bordent la Seine resplendissaient des feux du soleil. A travers la cime à peine colorée des arbres , on voyait le fleuve se dessiner au loin comme un lac ; et ses ondes , paisibles , presque immobiles, semblaient s’éloigner à regret de la terre classique des arts.

Délivrée du joug des vanités de la terre, plongée dans une vague rêverie , mon âme goûtait ce calme , cette paix si délicieuse des bois , au milieu du frémissement des feuilles naissantes , du parfum des fleurs et de la mélodie des oiseaux.

Charmant asile, témoin muet des plus étranges métamorphoses , tu as vu passer comme un songe des consuls, des empereurs, des rois; mais au milieu de tous ces débris des grandeurs humaines, tu as du moins conservé tes ombrages. Ah ! puissé-je, sous leur abri tutélaire, me livrer encore aux études que j’aime, admirer cette divine harmonie qui préside à la création , rapproche et unit par des liens naturels tous les êtres qui peuplent l’univers , et bénir l’auteur suprême de tant de merveilles !

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