Poir. Dict. Encycl. 7. 639. Lam. Illustr. t. 787. f
Duham. Ed. Nov. 1. t. 4.
C’est un bel arbre , qui s’élève à la hauteur d’environ trente pieds , sur un tronc droit , revêtu d’une écorce . brune et gercée -, ses rameaux sont étalés , un peu pendans, d’un jaune rougeâtre, couverts de feuilles planes , imbriquées, courtes , épaisses, en forme d’écailles, verdâtres, d’une couleur plus sombre en hiver. Les fleurs mâles sont réunies , à l’extrémité des jeunes rameaux, en chatons ovales, à écailles disposées sur
quatre rangs. Les fleurs femelles forment un cône ovale, composé (T écailles oblongues, très-lisses, obtuses à leur sommet. Les semences, situées à la base des écailles, sont entourées dune aile membraneuse et éch ancrée.
On a donné à ce thuya le nom d 'arbre de vie , par allusion à sa verdure perpétuelle. Il croît sur les collines de la Virginie et du Canada; on le trouve aussi dans les forets de la Sibérie.
Il fournit, dans son pays natal, une sorte de résine jaune et transparente qui répand une odeur balsamique quand on la brûle. Le bois est liant , léger et très- résineux. Les feuilles et les jeunes rameaux ont une saveur âcre, amère, une odeur forte, pénétrante, analogue à celle de la sabine ; leur décoction concentrée est très-irritante et même vénéneuse. Les fruits sont amers, acerbes, et laissent une forte astriction dans la gorge. Kalm, Hermann, Parkinson, etc., ont présenté les divers produits de cet arbre comme des médieamens énergiques; mais nous ne voyons aucun fait qui puisse guider le praticien dans leur emploi. Au reste , Van Swieten déclare que le thuya et la sabine ont des propriétés à peu près semblables; or, ce dernier arbuste, comme nous le verrons bientôt, est un poison qu’on emploie très-rarement à l’intérieur.
D’après Kalm , les habitans du Canada préparent , avec les feuilles contuses de thuya et la graisse , un excellent topique contre les douleurs goutteuses et rhumatismales. L’essence de thuya jouit des propriétés caustiques de la sabine , et on l’emploie extérieurement pour déterger les ulcères sordides , pour détruire les
condylomes. Le docteur Léo , de Varsovie , en a obtenu de merveilleux effets : il a guéri promptement et parfaitement des condylomes qui avaient toujours repullulé, malgré toutes les médications extérieures , malgré l’excision et la cautérisation, en appliquant sur la partie, plusieurs fois par jour, de la charpie imbibée d’essence de thuya.
Hahnemann emploie intérieurement le thuya d’après la méthode homœopathique ; j’aime mieux les applications du docteur Léo : celles-là n’ont point un effet imaginaire.
Cet arbre, d’un aspect agréable, fut introduit en France, et cultivé dans le jardin royal de Fontainebleau, sous le règne de François Ier. Il est aujourd’hui très-répandu en Europe dans tous les jardins de botanique et dans les bosquets d’hiver.
Le thuya de Théophraste paraît être un arbre différent, que nous ne connaissons point , et qui croissait naturellement aux environs du temple de Jupiter Ammon et dans la Cyrénaïque. Théophraste dit qu’il ressemble au cyprès sauvage, que son bois est d’une trèslongue durée , qu’on en faisait des statues et divers ouvrages d’un grand prix. On l’employait aussi dans les sacrifices pour purifier l’intérieur des temples , infectés par les victimes que l’on y immolait.