Gallia christiana, t. VII, col. i53 et sqq
3. D. Berti, Intorno a Giovanni Pico délia Mirandola, cenni e documenti inediti, dans la Rivista contemporanea, Turin, 1859, p. 12.
tation et sa naissance le mirent en rapport avec les personnages les plus distingues de la cour et de la ville, et qu'il se créa des amitiés solides qu'il devait, deux ans après, retrouver fidèles à l'heure du danger.
Mais, sous le charme des éloges qu'on lui prodiguait, et pris, comme il l'était luimême, à sa propre séduction, il ne pouvait songer aux périls qui l'attendaient, bien que sous ses yeux se déroulât un procès qui aurait pu lui donner à réfléchir.
Un jeune licencié en théologie, nommé Jean Laillier, esprit hardi et d'une grande indépendance d'idées, aspirait au doctorat et avait soutenu sa sorbonique le 3o juillet 1484. La témérité de ses propositions qui touchaient à la hiérarchie de l'Église, aux canonisations, au mariage des prêtres, à l'obligation du jeûne en carême, à la foi due aux légendes des saints, et qu'il avait développées dans un sens hétérodoxe, avaient fortement ému la Faculté '. Une proposition
1. Du Plessis d'Argentré, Collectio judiciorum de novis erroribus, Paris, 1728, in-fol., t. I, pp. 3o8-3i7. Sur Laillier, cf. la notice qui lui est consacrée dans
relative à saint François, que Laillier plaçait au fond de l'enfer ' en réponse à celle d'un religieux qui avait avancé que la place la plus éminente du ciel d'où était déchu Lucifer « à cause de son orgueil » avait été attribuée au « seul » docteur séraphique, avait provoqué une violente indignation dans les couvents du Tiers-Ordre \ La Faculté avait refusé d'admettre Laillier au doctorat, à moins qu'il ne se rétractât. La qualification de ces propositions avait été
le ms. I02I de la bibl. de l'Arsenal, Domus et Societatis Sorbonicce Iiistoria, pp. 184-185.