‹ PicabiaChapitre 6 sur 6 · COLLECTION DU D’’ LEPRINCE · texte numérisé non relu

COLLECTION DU D’’ LEPRINCE

cette petite ville de Villeneuve-sur-Yonne, dont Picabia décrit les aspects d’hiver ou d’automne eu maintes toiles accrochées aujourd’hui aux cimaises nationales.

Mais de retour de ces terres d’Espagne ou d’Afrique, d’où il vient de rapporter des images d’intensité lumineuse, sa sensibilité vivace l’incline à ces paysages de Versailles ou de Chantilly, à ces pénombres où flotte encore un peu de l’âme des ancêtres, quelques traces de l’élégance apprêtée d’autrefois. Il évoquera des féeries de couleurs, sans que le dessinateur convaincu n’abandonne rien de ces lignes nerveuses et hères par quoi se distinguent ces êtres ou ces choses disparus, ces décors évanouis, d’une splendeur attrayante, et qui nous laissent au cœur un peu de ce regret poignant qu’on éprouve devant rimage de beautés si séduisantes, qui ne sont plus.

Cependant, Picabia saura encore se préserver de tout souci d’arrangement. A son ordinaire, il évitera de nous présenter une nature embellie, rajeunie, maquillée, en vue de l’œuvre d’art.

La seule parure de ses paysages, il l’emprunte, en effet, à la réalité: c’est la joie des rayons de soleil sur les marronniers en fleurs, ce sont leurs reflets sur les nappes d’eau, c’est la tristesse lourde et angoissante du linceul de neige qui couvre la petite bourgade sous un ciel de suie. L’artiste écrit, avec son talent de peintre, la joie des êtres et la mélancolie des choses.

A travers son tableau, nous apparaît, transcrite par une âme humaine, la grandeur mystérieuse et inquiétante de la nature éternelle et inexorable...

ri

■‘ii 1

^ii

'.iÇ>‘(‘

vi ■' ' '

Page 1