ACTE DEUXIÈME
ExNSEMBLE.
FRÉDÉRIC
O divine espérance Du bonheur qui m'attend, Toi seule de l'absence Adoucis le tourment.
ELENA
O divine espérance D'un destin plus clément, Toi seule de l'absence Adoucis le tourment.
Quelle affreuse contrainte !
Quand donc viendra le jour Où nous pourrons sans crainte Avouer notre amour?...
REPRISE
O divine espérance! etc.
En ce moment, les filles de Marcassone placées en observation sur les marches signalent un danger, et Marcassone redescend vivement agitant sa serviette.
MARCASSONE, parlé.
Alerte ! le Seigneur StrOZZÎ!... (Frédéric conduit Elena vers l'auberge pour l'y cacher, mais en ce moment Marcassone prend sur une pile de linge posée sur la table une grande nappe qu'il déploie avec l'aide de l'une de ses filles, comme pour la vérifier, la dressant en l'air le plus haut possible, et pendant qu'il baragouine en italien des reproches à ses filles sur le mauvais état de cette nappe, et que Strozzi paraît en haut de l'escalier suivi de Beppo, Elena cachée par la nappa traverse la scène au fond, sans être vue de son frère, ni de Beppo.)
MARCASSONE, à ses filles.
Eh! Vedete questa tovaglia !
Corne è sporca! Como è ben palita!
Marchie di vino !... Délia salze!
Sporca!... Sporcaccione !...
Tout en grondant et peu à peu, Marcassone a gagné la gauche du théâtre, tandis que Strozzi et Beppo descendent les marches qui font face à la scène, uniquement préoccupés de Frédéric qui, à l'avant-scène, a pris son album et
semble très-attentif à dessiner l'auberge. Elena remonte vivement par les marches du fond et regagne la grille. A ce moment Strozzi et Beppo remontent la scène, et tandis que Marcassone, obséquieux, présente ses filles à Strozzi pour détourner son attention, Frédéric se tourne vers Elena et du geste lui dit adieu. Elena disparait, et Strozzi, suivi de Beppo, continue à remonter la scène regardant de tous côtés.
FRÉDÉRIC, à Marcassone.
Allons, Marcassone, à déjeuner, vite!...
MARCASSONE, à Frédéric.
E ingannato !
FRÉDÉRIC
Merci!... (Il rentre dans l'auberge avec Marcassone et ses filles.)
SCEXE V.