‹ Pie VI à Valence, recueil de documents authentiques et inédits sur le séjour et la mort àChapitre 20 sur 20 · ANNO A DEO HOMINE · texte numérisé non relu

ANNO A DEO HOMINE

MDCGGXLTII.

Pie VI était mort martyr, Pie VII avait eu à dévorer les plus pénibles angoisses, et la Providence réservait à leur successeur les mêmes épreuves. Pie IX semblait en avoir le pressentiment dans le choix qu'il fit de son nom pontifical.

Les menées d'hommes irréligieux, qui toujours ont compromis la cause du vrai libéralisme, cons-

ti tuaient en Italie un état de crise permanent. Les yeux fixés sur la France, les révolutionnaires d'Italie semblaient en attendre un signal.

Malgré toutes les concessions possibles, malgré les plus grands efforts tentés pour réprimer cette fatale effervescence, Pie IX vit Tannée 1848 s'ouvrir sous les plus sinistres auspices.

Nous ne voulons point ici reprendre les événements qui amenèrent le départ de Pie IX pour Gaëte^ mais seulement rappeler un fait qui, par sa coïncidence et l'analogie des circonstances, fit une profonde impression sur notre très saint-père, et lui parut comme un avertissement du Ciel.

Le 22 novembre 1848, Pie IX était dans cette même chambre du palais Quirinal où Pie VI fut arrêté, lorsqu'on lui remit un message de W Chartrouse, évêque de Valence.

C'était l'envoi d'une pyxide ayant appartenu à Pie VI, et que M**" Chartrouse faisait accompagner de la lettre suivante :

<c Très saint-père,

» Pendant les pérégrinations de son exil en France, et surtout à Valence , où il est mort et où reposent son cœur et ses entrailles, le grand Pie VI portait la très sainte Eucharistie sur sa poitrine, ou sur celle des prélats domestiques qui étaient dans sa voiture. Il puisait dans cet auguste sacrement une

lumière pour sa conduite, une force pour ses souffrances, une consolation pour ses douleurs, en attendant qu'il y trouvât le viatique pour son éternité. Je suis possesseur, d'une manière certaine et authentique, de la petite pyxide qui servait à un si religieux, si touchant, si mémorable usage. J'ose en faire hommage à Votre Sainteté. Héritier du nom, du siège, des vertus, du courage et presque des tribulations du grand Pie VI, vous attacherez peut-être quelque prix à cette modeste, mais intéressaçie relique, qui, je l'espère bien, ne recevra plus la même destination. Cependant, qui connaît les desseins de Dieu dans les épreuves que sa Providence ménage à Votre Sainteté ? Je prie pour elle avec amour et foi. Je laisse la pyxide dans le petit sac de soie qui la contenait et qui servait à Pie VI : il est absolument dans le même état que lorsqu'il était suspendu à la poitrine de l'immortel pontife.

» Je garde un précieux souvenir et une profonde reconnaissance des bontés de Votre Sainteté à l'époque de mon voyage à Rome, l'année dernière. Daignez encore y ajouter votre bénédiction apostolique; je l'attends, prosterné à vos pieds.

» f Pierre , évêque de Valence.

» Valence, 15 octobre 1848. »

Comment cette lettre, écrite le 1 5 octobre, ne parvint-elle au saint père que le 22 novembre ? Etait-

il dans les desseins de Dieu qu'elle fût remise à Pie IX au moment même où il hésitait à quitter Rome?

Le souverain pontife prit cet envoi pour un signe de la volonté suprême, et se décida à fuir pour préserver peut-être Rome d'un sacrilège ; mais , plus heureux que Pie VI, il ne tarda pas à être rendu à Tamour de son peuple (^).

Le monument élevé dans la cathédrale de Valence et destiné à renfermer le cœur et les entrailles de Pie VI, soit économie de la part du gouvernement d alors, soit négligence et mauvais goût de la part de ceux qui présidèrent à sa disposition, manquait d'ampleur et de majesté (2). Adossé à un des piliers du chœur et entouré de grilles, il était à peine vu.

Il appartenait aux prélats qui se succédèrent sur le trône épiscopal de Valence de remédier à cet état de choses, et d'honorer par d'importantes restaurations les précieuses reliques qui étaient échues à leur cathédrale.

(i) M. Alphonse Balleydicr^ Histoire de la révolution de Rome.

(2) Ce monument, haut seulement de un mètre cinquante centimètres environ, et de la forme d'une pierre turaulaire, est en marbre blanc. 11 sert de piédestal au buste de Pie VI. Dans sa partie inférieure, un bas-relief à peine en saillie représente la Religion affligée, pleurant sur le tombeau de Pie VI, avec cette inscription :

SANCTI PH SEXTl REDEONT PR^CORDIA GAIXIS ;

ROMA TENET CORPUS, NOMEN CBIQUE SOIIAT.

VALBMTliB OBIIT DIB 29 AUGUSTI, AANO 1799.

Le premier, M*' Chartrouse , eut cette noble initiative.

Plus tard, M»' Lyonnet, aujourd'hui archevêque d'Albi, continua cojirageusement cette restauration.

Une lettre en forme de mandement sous le titre : Quelques pensées de M^' Vévêque de Valence y à propos de V agrandissement et de l'embellissement du cénotaphe de Pie VI (25 octobre 1854), fait appel à la générosité des fidèles, et indique les projets de Tillustre prélat, projets dont l'exécution ne se fît pas attendre.

Nous extrayons de cette lettre le passage suivant :

« Ayant eu nous- même l'occasion d'entendre exprimer des regrets au sujet du peu de majesté du cénotaphe de Pie VI, nous nous étions bien promis, dès que la Providence nous en fournirait les moyens, de leur donner une certaine satisfaction ; car nous souffrions trop des observations plus ou moins judicieuses que se permettaient des hommes aussi éclairés qu'impartiaux. Seulement nous aurions voulu, pour ne pas trop condamner l'œuvre en elle-même, qu'on eût tenu compte, dans les diverses appréciations qu'on émettait, du mauvais goût du temps et de la pénurie des ressources à l'époque où le mausolée avait été élevé. Mais aujourd'hui que le goût s'est épuré dans les arts comme dans les lettres, qu'on est revenu aux saines

traditions, qu'on s'efforce d'harmoniser les monuments avec ridée qu'ils représentent, nous avons cru que le moment était favorable pour profiter des conseils qui nous avaient été suggérés. Il nous semblait surtout qu'on pouvait, sans toucher au caractère principal du monument, qui est celui d'une noble simplicité, lui donner quelque chose de ce qui lui manquait; en ce cas, il s'agissait moins de le rectifier que de le compléter par des accessoires plus dignes que les plâtres qui naguère l'encadraient.

» C'est, au fond, ce que nous avons fait ou ce que nous cherchons à faire. Que reprochait-on, en résumé, au cénotaphe en question ? D'être attaché à un pilier qui l'étreignait et le rendait un peu raide; d'être placé dans un lieu fermé par des grilles qui ne s'ouvraient qu'à l'heure des offices et, par là, empêchaient les fidèles de l'aborder pendant le reste de la journée; d'être trop grêle et, pour trancher le mot, trop étriqué dans son ensemble. Or, dans le plan de restauration que nous nous proposons de suivre, nous avons tâché de répondre aux trois besoins qu'on nous a indiqués.

» Avant tout, pour donner au cénotaphe plus de dégagement, et lui ôter cet air de raideur qu'on lui reprochait, nous Tavons débarrassé du pilier qui l'étreignait et le resserrait, en le plaçant au chevet même de l'abside, entre la chapelle de la sainte

Vierge et celle de saint Joseph, sous un arceau qui lui laisse à droite et à gauche assez d'espace pour y établir avec des urnes funéraires des statues en rapport avec le sujet du monument.

» Placé à cet endroit, le monument, à présent que Tabside est dégagée des murs et des boiseries qui Tobstruaient, sera abordable du matin au soir ; on pourra , sans crainte de troubler Toffice ni de déranger les serviteurs de l'église pour faire ouvrir les grilles, s'en approcher, à toute heure du jour, pour le voir et l'examiner; on pourra, surtout, venir en toute liberté prier sur la pierre de marbre qui servira de première assise au cénotaphe.

» Nous avons, enfin, pour tâcher de répondre au dernier reproche que des artistes tout à fait désintéressés ont fréquemment signalé, groupé autour du socle qui porte le buste de Pie VI, deux anges en marbre blanc de Carrare, de 1 mètre 50 de hauteur : l'un de ces anges est celui de la douleur, l'autre celui de la consolation ; chacun de ces anges aura des attributs correspondant à l'office qu'il remplit; le premier, celui de la douleur, portera en légende sur un des plis de sa robe, ces dernières paroles du pape mourant : Rome! l'Eglise f ah! que vont-elles devenir ? Le second, celui de l'espérance ou de la consolation, nous montrera de sa main droite le ciel, et de l'autre ces paroles du prophète Michée, qui seront inscrites sur un écusson : Ne Iseteris, ini-

mica mea, super me, quia cecidi; consurgamW.

» J'ajoute, pour donner une idée plus complète de ce que nous avons dessein de faire, que le vitrail à trois compartiments qui éclaire le mausolée sera remplacé par des verrières à personnages dont les sujets seront tirés de la circonstance. Dans le premier, Pie VI sera représenté avec sa robe blanche, se promenant sous les arbres de la citadelle de Valence, bénissant la foule des nombreux fidèles qui se mettaient a genoux lorsqu'il apparaissait sur les remparts. Dans la deuxième, Tauguste prisonnier sera représenté au milieu des prélats de sa suite, sur la belle terrasse qui domine le Rhône , avec le magnifique panorama qui lui arracha, la première fois qu'il le vit, ces enthousiastes paroles: Bellissima veduta ! Dans le troisième, qui sera le plus petit, on mettra, avec la tiare et les clefs qui sont les attributs de la papauté, les armes de la famille de Pie VI. A droite et à gauche, sur les murailles qui semblent former , par leur encadrement , une chapelle funèbre, seront des fresques et des inscriptions qui , grâce au jour mystérieux qui descendra

(1) « Sur les conseils d'un prélat aussi distingué dans les arts que dans les lettres, M'' TéTèque de Nîmes, nous avons c(5hiié ce travail à un statuaire de Montpellier, M. Ribier, dont le ciseau est connu et apprécié dans tout le midi de la France ; il %st venu lui-même sur les lieux pour bien prendre ses dimensions et s'inspirer de son sujet. »

de la coupole pour éclairer tout le monument, produiront le meilleur effet. »

Sans parler des objets ayant appartenu à Pie VI , et qui se conservent encore comme un pieux héritage dans plusieurs familles de la Drôme (^), sans parler des vieillards qui ont été témoins, à la fin du

(i) Le fauteuil sur lequel Pie VI expira, appartenait aux dames de Sucy, de Valence, et leur fut rendu après la mort du pontife. La famille de Macxîarthy le reçut en héritage des dames de Sucy et l'a possédé jusqu'en 1849. A cette époque eut lieu la vente du château que la famille de Ma'ccarthy possédait près de Valence. Parmi les meubles qui furent vendus, se trouvait le fauteuil de Pie VI. M. Tabbé de Barjac, chanoine honoraire, voulut à tout prix en faire l'acquisition, et il l'a placé dans une des chambres de son château de Fontlosiep.

Parmi les objets ayant appartenu ou ayant servi au saint-père pendant son séjour à Valence, nous pouvons encore citer :

Une calotte en cuir blanc, cannelée, conservée dans la sacristie du séminaire de Romans.

Une mule en soie blanche , recouverte de broderies d'or , qui fut donnée comme honoraires à M. Arbod, avocat, aujourd'hui juge au tribunal de Valence, par le iils de l'ancien concierge de la citadelle , et que M. Arbod s'est empressé d'otïrir à Sou Em. M*' Donnet, cardinal archevêque jle Bordeaux, son parent.

Une paire de gants qui avaient servi au pape pendant son voyage de Briançon à Valence. Ces gants, en peau de couleur blanche, portent des incisions au pouce et à l'index de la main droite. Us ont été donnés par fif Spina à la famille Lacroix-Saint- Pierre, comme souvenir du pontife, et ils appartiennent aujourd'hui à M"« veuve Boveron , née Lacroix-Saint-Pierre , belle-ûlle de Gabriel Boveron, dont nous avons exposé plus haut la noble conduite.

La calotte offerte par M**' Spina, comme présent de noces, à la fille

siècle dernier, du grand événement accompli à Valence, et dont le récit fidèle, conservé par la tradition, permet d'assister, en quelque sorte, à toutes les péripéties du drame que nous avons essayé de reproduire, nous avons retrouvé une pièce de vers, qui , si elle ne se recommande pas par une versification épurée,, a du moins, à nos yeux le mérite de sentiments profonds.

de Gabriel Boveron, dont il avait lui-même célébré le mariage avec M. François Guignet, de Montélimar. Cette calotte , à buit cannelures ou demi-cotes, est eu peau blaticbe doublée de moire de même couleur, et se termine au sommet par un botiton en soie. Elle est précieusement conservée dans la famille Guignet.

Enfin la famille Lacroix-Saint-Pierre conserve dans la chapelle de son château à Chabeuil, près Valence, les draperies en damas ronge qui ornaient le lit du pape à la citadelle, et qui furent prêtées par cette famille, au moment où Ton dut recourir à la générosité des fidèles pour meubler l'appartement qu'on destinait à Pie VI.

Quant aux appartements occupés par le saint-père, ils reçoivent encore de nombreux visiteurs, et nous-méme nous avons voulu voir la salle où Pie VI a rendu le dernier soupir. Notre surprise et notre indignation ont été grandes^ quand, après avoir pénétré dans rhôtel du Gouvernement, transformé en caserne, on nous a conduit dans cette chambre encombrée de peaux et de chaussures.

La chambre où Pie VI est mort est devenue un atelier de cordonniers !

Associons-nous aux regrets manifestés par M«' Lyonnet, qui aurait Youlu à tout prix placer un établissement religieux dans Thôtel du Gouvernement. Les intérêts matériels de la ville de Valence , lui a-t-il été dit, ont exigé que la vente de ces bâtiments fut faite au génie militaire. Aujourd'hui la démolition a commencé sou œuvre, et bientôt il ne restera plus pierre sur pierre des murs qui ont vu s'éteindre l'auguste prisonnier.

Cette ode inédite, dédiée à U^ Tarchevêque de Corinthe , paraît être l'ouvrage d'un curé des environs de Valence , nommé Appoi. Elle fut adressée par Tauteur à M. G. Boveron, le 25 nivôse an xi. (Papiers de M. Boveron , président du tribunal de Nyons.)

PIE VI

ODE DÉDIÉE A M*» l'aRCHEVÊQUE DE CORINTHE

Eloigne-toi , muse profane , Trop indigne de mon sujet 1 Vérité sainte , sois Torgane Et de réloge et du regret.

Plein d'une douleur si juste , Je chante le pontife auguste , Réservé par les destinées Aux travaux ainsi qu'aux années De son premier prédécesseur (i).

Combien lui doivent plus d'homm^^es Ceux qui naquirent ses sujets , Gouvernés par des lois si sages Et comblés de tant de bienfaits.

Présage du courroux céleste , Lorsqu'une disette funeste Nous fit sentir ses maux cuisants , Jouets d'une horde étrangère ,

(i) Pie VI a gouverné l'Eglise pendant la même période que saint Pierre. ( Non videlfu annoi Pétri,)

Nous méconnaissions notre père Lorsqu'il nourrissait ses enfants.

Le régicide et l'athéisme Ont sapé le trône et l'autel ; L'impie oppose au fanatisme Un fanatisme plus cruel.

Du vice on fait l'apothéose ; Rien n'arrête, rien ne s'oppose A ce torrent dévastateur.

Aux vertus on dit analhème ; Dans le sein de l'Eglise même L'Eglise a des persécuteurs.

Toi , que le plus saint ministère Place entre la terre et le ciel , Que feras-tu?, que peux-tu faire?

Dans le désordre universel , Iras-tu , contre tant d'audace , Des Grégoire , des Boniface , Rallumer les foudres vengeurs?

Non. Les conseils, les vœux , les larmes , Sont désormais les seules armes Qu'il oppose à tant de fureurs.

De ton alliance promise , Dieu puissant, est-ce là l'effet?

Tu disais que contre l'Eglise En vain Tenfer conspirerait; Et ton Eglise , fugitive , Dispersée, errante, captive, N'a plus ni culte ni pasteurs.

Devant ces horreurs triomphantes .

La foi , la piété , tremblantes , N'ont d'autre asile que nos cœurs.

Terrible et brillant météore , Jeune héros , dont les exploits Sont plus admirables encore Et plus immortels que les lois , En vain la gloire, ton idole, T'attend aux murs du Capitole , Armé du drapeau tricolor; Ton respect pour Pie et pour Rome, Du caractère d'un grand homme Me paraît le dernier effort.

Par cet effort grand et sublime Le pontife même est soumis.

Son triomphe c'est son estime ;

Il t'aime il t'appelle son fils ;

Toi qui, niant la Providence, Crois soumettre à ta prévoyance

Et les succès et les revers

Contemple, orgueilleux pohtique.

Le héros aux sables d'Afrique Et le pontife dans les fers

Jadis, une horde effrénée Des barbares enfants du Nord, De son saint respect étonnée, Au pape obéit sans effort.

saint Léon! si ta prudence.

Ta majesté, ton éloquence, D'Attila trouvèrent le cœur.

Devant des hordes plus barbares.

C'est en vain que des dons si rares Revivent dans ton successeur.

Le voilà , sans trouble et sans crainte, Au pouvoir des républicains.

Telle on vit jadis l'arche sainte Entre les mains des Philistins.

En vain l'impiété farouche Accourt, le blasphème à la bouche, Pour insulter à son malheur ; Des vertus vivant sanctuaire, Par un respect involontaire Il enchaîne encor sa fureur.

Privé de la triple couronne

Qui ceignait tes cheveux blanchis.

Loin de l'autel et loin du trône

Où si longtemps tu fus assis,

pontife ! ô captif auguste,

Aux yeux du sage, aux yeux du juste.

Tu parais mille fois plus grand.

Ton mérite, sublime et rare,

N'a pas besoin de la tiare

Ni du faste du Vatican.

Ainsi qu'une vertu suprême Donne du lustre à la splendeur, Et le rang et la vertu même Sont ennobUs par le malheur.

Du respectable BéUsaire L'oubli, l'abandon, la misère.

Furent les premières grandeurs ; Ainsi le pontife de Rome Aux yeux du sage était un homme; Il devint dieu par ses malheurs.

Mais le dieu chancelle; il succombe A ses chagrins plus qu'à ses ans.

Il doit au bienfait de la tombe L'oubli du bonheur dès méchants.

Couvert des palmes du martyre 11 meurt. ... et le méchant respire, De prospérité enivré.

Il meurt. Sa bouche sainte et pure Prononce l'oubli de l'injure Qu'il reçut d'un peuple égaré.

ville célèbre 1 ô Valence I Séjour d'immortel souvenir, Qu'honora son dernier soupir.

Nous en avons la confiance, Dans le plus saint pèlerinage Les chrétiens viendront d'âge en âge Baiser ton sol sanctifié.

Puisse ton outrage coupable Envers ce martyr vénérable, De nos neveux être oublié !

Objet sacré de notre hommage.

De nos vœux et de nos regrets , Tes soufirances t'ont fait l'image Du Dieu que tu représentais.

Puisse, à ta voix médiatrice.

Du bonheur et de la justice Refleurir l'emblème abattu ; Puisse enfin ajouter la France Un culte de reconnaissance Au culte qui t'est déjà dû.

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