‹ Pie VII et Napoléon IerChapitre 11 sur 16 · DE GRÉGOIRE XVI · texte numérisé non relu

DE GRÉGOIRE XVI

longtemps la théologie à Rome, dans un monastère de son ordre. En i790, Tattention publique fut attirée sur lui par son beau livre intitulé : Le Triomphe du Saint- Siège et de rÈglîse contre tes attaques dès novateurs, cmnbattus et repousses avec leurs propres armes, Jamais livre ne vint plus à ' propos pour ranimer les courages, a Peut« être, disait Tauteur dans sa préface, pYus d*un- lecteur trouvera singulier et déraisonnable que, tandis que les âmes d'évouées à TÉglise déplorent la ruine du sanctuaire, la dispersion dfessaintsrministtres de t'àutel, l*exiî, la captivité et les outrage infligés au Souverain-Pontiftî lui-même, que Dieu a abandonné à la puissance d'ennemis sans pitié; tandis que, en un mot, le Saint- Siége vacille, et que HÉgUse gémît sous le poîAs de ses cliatnes, ^entreprenne de représentter Mfiglise et le Saint-Sîége comme tHomphant de leurs ennemis. Sî, depuis la b^arie des premiers grècles, il y a eu une époque où le triomphe du Sainf-Siége et de

rÉglise ait dû paraître éclatant, c'est.certainement Tépoque présente, que la Sagesse étemelle a prédestinée à de rudes épreuves afin que, Tenfer ayant épuisé ses forces contre TÉglise, il ne reste plus à l'impiété aucun moyen de renforcer ses coups, de redoubler ses attaques, que l'incrédulité perde l'espoir de vaincre, et que les catholiques puissent reconnaître par le fait qu'il est, comme dit saint Jean Ghrysostome, plus facile d'éteindre le soleil que d'anéantir l'Église. »

Ne croirait-on pas que ces lignes ont été écrites pour notre temps? Le triomphe de l'Église au commencement de ce siècle doit nous rassurer sur l'issue des épreuves actuelles.

A partir de la publication de son livre, Maur Capellari ne cessa de grandir. En 1800, Pie VII l'admit au nombre des membres de l'Académie de la religion catholique^ qu'il venait de fonder; en 1807, Capellari fut promu abbé du couvent de Saint-Grégoire

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sur le mont Cœlius; en 1809, forcé de quitter Rome, il retourna à Murano; en 1815, il fut rappelé à Rome, où Pie VII le fit entrer comme consulteur dans les congrégations de rinquisition, de Tlndex, de la Correction des livres, de TÉglise orientale, etc. £n 1823, il fut élevé à la dignité de général de son ordre. En i825, Léon XII, qui avait pour lui une grande estime, le créa cardinal, a Recommandable, dit le Pape dans le consistoire où il fit connaître son choix, recommandable par rinnocence et la dignité de ses mœurs, par son érudition, surtout dans les matières ecclésiastiques, il a si longtemps travaillé dans Tintérèt du Saint- Siège, que nous avons cru devoir récompenser par la dignité du cardinalat les services qu'il a rendus avec une in&tigable persévérance; car nous nous sommes fait une loi de n'élever aux dignités de TÉglise que des hommes qui brillent par une renommée bien méritée de piété et de savoir et qui se sont frayé la carrière des bon-

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irettW p«f <5ôt^ r^fe Sàifité et l^tlîliéf, et' ptfr ûHllcf aiiire. t

Aussitôt après sa prtmiôfîoû, Mtar Ca-^ peHftti fut ûûmoïé préfet de Ik GongrégaHtioïî de ïâ Propagande. Qhaaiii fl fut éïtt Pape, toute la chrétienté connaissait sem niérîte, et Fabbé de Lameniiaîg, dont il à&rsiii réprimer bientôt après les écarts^, n'était que Finterprète des sentiments de tout îe monde quand il écrivit dans son journal V Avenir : a La piété, la science, la sagesse sont replacées sur Fimmortel si%ô de saint Pierre. Le cardinal Gapellari a fait utt grand apprentissage de la Papauté en sa qualité de préfet de la Propagande ; son regafd s'est habitué à embrasser le monderaitier. La bénédiction qu'il répand, *u haut du balcon de saint Pierre, sur la ville et te monde réveillera aux extrémités de la terre les traces de sa bienfaisance, que les déserts cujt-mêmes ont connue. »

Le règne de Grégoire XVI, continuelle ment tourmenté par les entreprises des car-

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Bcnati et par les ofisessions' de la diplomatie, ne fut pas moins glorieuïpotir TÉglise qti'utrle pour ses i^jéts. Le Pontife donna unre vive impulsion aux missions, il referma les institutions, les études, là discîpKiie, et, plongeant un regard assuré dans* le^ aBîmes ténébreux des erreurs contemporaines, il proclama fermement la vérité dàtts à'immoTiéilesÊncydîÇfueêqvii dSoivent servir de guides aur chrétiens dans là vofe encombrée des sophisme? et des préjugésdans laquelle ils ont aujourd'hui à marcheir. Ces encycliquesr ont fait maudire la mémoire de Grégoire XVI par les ennemis del*Églige, qui se sont vus démasqués; on Ta accusé d*étre un esprit rétrograde, ennemi des Inmières et de ïa lîBerté, opposé à tout progrès. Nous nous contenterons de rappeler ici que ce Pontife si calomnié soutint avec une indomptable énergie la liberté des catholiques de la Pologne et fit trem- Merdevant l'a justice de Di«u Forgueilleux et despotique Nicolas, dans un moment où'

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FEurope entière se taisait devant le puissant autocrate.

Le Roi n'a pas moins été calomnié que le Pontife : les révolutionnaires, qu'il contenait d'une main ferme, ne pouvaient lui pardonner. On l'accusa de tyrannie : les témoignages les plus authentiques constatent la prospérité dont jouissaient ses Ëtats^ la popularité et la vénération qui l'entourèrent jusqu'à sa mort. Son amour pour les pauvres et pour les malheureux, les encouragements qu'il donnait aux arts et aux lettres, les immenses travaux qu'il entreprit pour l'embellissement de Rome, l'impulsion donnée aux progrès de l'agriculture, la formation des musées étrusque et égyptien, le redressement du cours de l'Anio, étaient ses titres à la reconnaissance et à l'amour de son peuple. Un écrivain qui ne peut être suspect, M. Charles Mac-Farlane, membre zélé de l'Église d'Ecosse, a été frappé de la prospérité des États romains pendant le règne de Grégoire XVI. Dans la

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relation d'un voyage qu'il fit en Italie, il écrit : a Je me réjouirais de voir dans ma patrie tous nos paysans aussi solidement vêtus que nous tes voyons ici, aussi bien nourris, aussi joyeux que nous paraissent être ces hommes, ces femmes et ces enfants ; » et il fait cet aveu remarquable :

« Ce que nous voyions ici et ce que nous continuions de voir dans les États pontificaux, nous prouvait bien que les prédécesseurs de Pie IX n'étaient ni encroûtés ni idiots, tels que Ton voudrait nous les peindre, ni que son immédiat prédécesseur, Grégoire XVI, qui laissa le pays dans une condition de prospérité sans exemple^ ait été un tyran destructeur^. »

L'histoire du Pontificat de Grégoire XVÏ demandant un volume à part, les bornes qui nous sont imposées ne nous permettent pas d'entrer dans les détails , mais nous croyons devoir faire connaître

* Mac-Farlane, cité par John MUey, dans son Histoire des États du Pape^ traduction française.

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dans s«n hitégriié la célèbre Eneydique ixt 15 août 1832, qui condamne avee tantdr'aH* topité le^ erreurs contemporaines et qui explique à elle seule les attaques auxquelles la mémoire de ©régoire XVI' est^ en balte.

Dans ces temps où toutes les vérité» socit oBscurcies, û importe d'écotiter la voix é« Saint-Sîége, qpii proclametottte vérité.PielX parle comme Grégoire XVÎ et comme les prédécesseurs d« Grégoire XVI ; c'est anix peuples d^écouter ces avertissements solennels s'ils veulent être sauvé*- Voici reney* clique dont nous parlons, et qui conunenee par ces mots : Mirari vos.

a A tous les patriarches^ prim&ts, archevêques et évêques, Grégoire XVI ^ pape, «alut et bénédiction apostolique,

« Vous êtes sans douté' élonnés, Vénérables Frères, que, depuis Ife jour où le fardeau du gouvernement de tbute l'Église a été imposé à notre faiblesse, nous ne voue ayonv pas encoire adressé nos lettres, eomme

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