ACTE I, SCÈNE VI
SAINT-CLAIR
Pas encor 5 mais hier nous avons fait ensemble
Un souper ! . . .
Bien !
SAINT-CLAIR
Ainsi quelquefois je rassemble Des amis de Valcour , journalistes , auteurs , Tous charmans , et surtout profonds littérateurs.
DUBUISSON
A merveille !
SAINTCLAIR.
Plusieurs enrichiraient la scène , S'ils le voulaient. L'un d'eux , qui troi«; fois par semaine Juge dans un journal le théâtre français , Obtient aux boulevarts de très-jolis succès.
DUBUISSON
Oui? ta société n'était pas mal choisie!
Un jeune homme profite en bonne compagnie :
Je suis content de toi.
SAINT-CLAIR
Vous êtes indulgent.
DUBUISSON
Non , c'est fort bien.
SAINTCLAIR.
J'aurais besoin d'un peu d'argejit.
DUBUISSON
Tu reçus cent écus la semaine passée.
SAINTCLAIR, C'est que tout est si cher.
Seconde édition. 2.
i8 LE FOLLICULAIRE.
DUBUISSON
Je te baîse les mains.
La i3omme est dépensée?
DORMEUIL
Votre fils a raison; Je blâme vos refus , ils sont Lors de saison. Songez donc que Saini-Cîair traite des journalistes, Vil avec des ar.ieiirs, fréquvute les artistes; Et vous ne Ini donnez, restreignant ses désirs, Que cinq cents francs par mois pour ses menus plaisirs ! C'est trop peu.
DUBUÎSSON.
Qu'il s'arrange.
SAINT-CLAIR
Ah ! l'aimable soirée !
Du souvenir encor mon âme est enivrée î On a parlé journaux, théâtre, nouveautés; Plusieurs points importans ont été discutes ; Chaque convive a lu quelqu'un de ses ouvrages ; Mais Valcour a surtout enlevé les sullrages.
DUBUISSON
Je le crois bien.
SAINT-CLAIR
Enfin , cédant à leurs souhaits , Moi-même à ces messieurs j ai soumis des couplets.
DUBUISSON
Quoi ! tu fais des couplets ?
SAINT-CLAIP.
Le désir de vous plaire...