‹ [Pièces de théâtre, 1820-1822]Chapitre 119 sur 453 · ACTE II, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE I

Naguère vous vantiez ses talens , sa justice ;

Maintenant

VALCOUR

Quoi , Marcel , es-tu donc si novice?

Ma foi , je te croyais plus d'esprit que cela.

MARCEL

Que trouvez- vous de sot à ce que je dis là ?

VALCOUR

Hé d'où diable sors-tu ? ma conduite est fort sage : C'est le train d'à présent, la coutume, l'usage. D'ailleurs , en nous servant , soyons de bonne foi , On ne fait rien pour nous , on n'agit que pour soi : Tout est calcul. Ainsi de faveur, de louange Entre nous et les grands il sa fait un échange -, Et tu conçois alors qu'un bienfaiteur n'est rien , S'il n'est plus en état de nous faire du bien. Valbonne me servit, il me tira de peine, J'en conviens-, mais veux-tu que , nouveau Lafontaine, J'aille en une élégie exprimer mes regrets , Célébrer ses vertus et cbanter ses bienfaits ? Non , sa clmte , Marcel , me dégage et m'acquitte ; Perdant le portefeuille , il perd tout son mérite 5 J'ai dû l'abandonner puisqu'il est sans pouvoir, Et vers son successeur détourner l'encensoir.

Ab î vous avez raison. Fi d'un bomme inutile !

Pour moi

VALCOUR

Mais revenons , as-tu vu Roberville?

MARCEL

Je l'ai trouvé , monsieur , enchanté du pamphlet.

VALCOUR

Vraiment ?

MARCEL

Il en attend un triomplie complet.

Vous avez su , dit-il , si bien noircir la vie Du fâclieux concurrent objet de son envie , Que des droits de Solange il n'est plus alarmé , Et le compte déjà pour un homme abîmé. Eh! mais il vous écrit... j'oubliais cette lettre.

YALCOUR , vivement.

Comment!... il eût fallu d'abord mêla remettre.

( Se radoucissant. )

Bien. L'ouvrage s'imprime ?

-MARCEL

Oui , j'y viens d'aller voir.

YALCOUR.

Les épreuves , sais-tu

MARCEL

Vous les aurez ce soir ; On les enverra.

A^ALCOUR.

Non , va les chercher toi-même :

Cet objet est pour moi d'une importance extrême. Je puis être en atraire , ou n'être pas ici Quand on apportera

MARCEL

J'irai.

VALCOUR

Sur tout ceci ,

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