‹ [Pièces de théâtre, 1820-1822]Chapitre 125 sur 453 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

VALCOUR, seul.

Bien ! je suis seul 5 voyons ce que dit Roberville. (Il lit.)

« J\lon cher Valcour , j'ai lu le pamphlet avant de » l'envoyer à l'imprimeur , et je m'empresse de vous » en témoigner ma reconnaissance -, il servira parfaitey) ment mes desseins. Tous les faits que vous imputez à )) Solange sont vrais au fond , ce qui était fort impor- » tant 5 mais vous les avez présentés avec tant d'adresse, )) qu'ils devierment , sous votre plume , les imputations )) les plus graves : Solange ne s'en relèvera jamais.

44 I>E t'OLLICULAIRE.

» J'ai vu avec plaisir que vous avez suivi mon con- » seîl , et que vous vous êtes servi d'une main inconw nue pour faire copier le manuscrit. Votre e'criture » ou la mienne ne doivent point paraître. L'imprimeur » est sûr , mais cette précaution pouvait seule me » tranquilliser. »

Oui , la main de Saint-Clair nous était fort utile ^ Il est discret , soumis , et voit comme je veux.

« Ainsi , mon cher Valcour , je vais , grâce à vous , » être délivré d'un concurrent redoutable, et parvenir r> au but de mes désirs. Alors je pourrai tout pour » vous 5 alors , j'aurai le bonheur de vous arracher » à des travaux qui sont au-dessous de vos talens , et » de vous frayer la route aux honneurs que vous mé- )) ritez.

» Adieu , comptez sur un ami dont le crédit sera » votre ouvrage . et qui veut surtout l'employer à » vous servir. » Roberville.

Enfin je louche an but où tendaient tous mes vœux î Obstacles à ma gloire , enfin je vous surmonte I Assez de n'être rien j'ai dévoré la honte 5 Assez pour parvenir j'ai courbé mon orgueil : Du temple des honneurs je vais franchir le seuil ! Ainsi de toutes parts la fortune me flatte , Je n'ai qu'à dire un mot, j'obtiens la main d'Agathe ^ J'assure mon bonheur par ce riche lien — Attendons , cependant , ne précipitons rien. Mes vœux sont un secret qu'ici chacun ignore j Et puisque sans danger je peux me taire encore , Pour disposer Agathe à serrer de tels nœuds , Perdons d'abord près d'elle un rival dangereux.

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