ACTE IV, SCÈNE VI. ,,t
BRLVAL.
Les conseils de monsieur ne sont plus de saison ; Vous m'avez outragé , j'en demande raison.
S AINT-CLAIK , regardant Valcour.
En effet... je le sens... oui , l'honneur doit prescrire... Quoi, Valcour , à monsieur n'avez-vous rien à dire?
VALCOUR, à part.
^Haut.) Il va parler. Monsieur , Saint-Clair est mon ami j A ce cartel , c'est moi qui répondrai pour lui.
SAINT-CLAIR
Pour moi ?. .
BELVAL
Non , c'est à lui de vider sa querelle ; Vous n'êtes pas , monsieur , l'auteur de ce libelle ?
( Passant entre Valcour et Saint-Clair. ) VALCOUR.
Eli messieurs , tout ceci peutencor s'arranger. Pour un pareil sujet faut-il donc s'égorger ? Quand Saint- Clair a tracé l'écrit qui vous offense , 11 n'en a pas senti toute la conséquence 5 Ne voyez là qu'un trait de jeune homme.
SAINT-CLAIR
Arrêtez.
Épargnez-moi , monsieur , de telles lâchetés. Oui 5 je vous désavoue. On peut à la jeunesse Pardonner une erreur , et non une bassesse. Mon cœur est indigné , mais n'est pas incertain.
(A Belval.)
Ce libelle odieux est écrit de ma main ;
Il outrnge un vieillard qui vous servit de père;
Vous me voyez , monsieur , prêt à vous satisfaire.
Bien , mon neveu.
Saint-Clair, vous voulez
SAINT-CLAIR-
C'est assez.
Je vous connais enfin mieux que vous ne pensez. Je vois tout maintenant , le voile se déchire.
VALCOUR
Je ne souffrirai pas....
DORMEUIL
Parle , que veux-tu dire ?
VALCOUR
Saint-Clair
BELVAL
Expliquez- vous.
SAINT-CLAIR
Ce n'est plus le moment.
Quand je vais expier mon triste aveuglement , ' Toute explication serait lâche et honteuse ; Ma loyauté toujours vous paraîtrait douteuse.... Non, monsieur , non^ d'abord je vous satisferai , Et si j'existe après je me justifîrai.
VALCOUR, à part.
S'il sort , j'ai tout à craindre.
(Haut.)
Ah ! ce combat....
De grâce...
VALCOUR
Non > je dois l'empêcher ou prendre votre place.