‹ [Pièces de théâtre, 1820-1822]Chapitre 176 sur 453 · ACTE V, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE I

Voilà pourquoi mon frère , au moment de m'instruire ,

(1 irani la brochure do sa poche.)

IVi 'adresse ce pamphlet et m'invite à le lire :

Ajoutant que lui-même il viendra ce malin

Me découvrir l'auteur... Oui , rien n'est plu* certain...

Tout s'explique... Voyons que sais-tu davantage ?

Poursuis.

JUSTINE

Belval jaloux de venger cet outrage , Reprochant à Saint-Clair sa lâche trahison , De ce funeste écrit a demandé raison.

DUBUISSON

Il ne mérite pas les craintes qu'il me coûte, L'ingrat!... Dis-moi, Valcour était présent?

JUSTINE

Sans doute* DUBUISSON.

Qu'a- t-il fait? parle donc , et ne me cache rien. Dis.

JUSTINE

Quoique de Valcour je pense peu de bien, En cette occasion je dois être sincère , Il oiïrait de se battre oli d'arrar)ger l'alfaire.

DUBUISSON

Je le reconnais là.

JUSTINE

Mais Saint-Clair a d'abord Comme une lâcheté repoussé tout accord.

Eh quoi ! pour soutenir une telle infamie , Le malheureux encor court exposer sa vie!

m6 le folliculaire,

JUSTINE

Hé ! monsieur , si je puis m'expliquer librement ^ C'est votre faute aussi.

DUBUISSON

C'est ma faute ? Comment ?

Parle.

JUSTINE

Oui 5 vous méritez les chagrins qu'il vous cause > C'est vous dont l'imprudence à ce péril l'expose. Vous souffrez qu'à vos yeux Valcour et ses pareils Corrompent votre fils par leurs mauvais conseils : par eux , n'en doutez pas, sa jeunesse est séduite. Au lieu de surveiller ses mœurs et sa conduite. Vous êtes le premier à flatter ses travers ! Eh! qu'importe, monsieur, qu'il compose des vers? Parmi les beaux esprits qu'importe qu'on le nomme ? Il fallait avant tout en faire un honnête homme : Mieux vaut moins de jargon et plus de probité.

DUBUISSON

Insolente î

JUSTINE

Monsieur, je dis la vérité.

DUBUISSON

Moi 5 je te le défends,

JUSTINE

Votre intérêt l'emporte.

Si tu dis un seul mot , je te mets à la porte.

Page 1