‹ [Pièces de théâtre, 1820-1822]Chapitre 192 sur 453 · SCENE I'^ ij · texte numérisé non relu

SCENE I'^ ij

Mad. saint-oérAn.

C'est sans faute auiourd'hui que l'on doit le juger. Or voici mon projet qui peut tout arranger. Perdons-nous ! c'en est fait de notre mariage^ Loin de Paris, au sein d'un modeste ermitage , Oubliant nos plaisirs, notre amour, nospenchans, Nous irons toutes deux goûter la paix des cliamps. Gagnons-nous, au contraire ! il n'eu est plus de même, Je permets qu'à Dermon tu dises : Je vous aime. Et déjà je le vois, charmé de son destin, Venir à deux genoux me demander ta main. Moi , de votre bonheur pour n'èire point jalouse , Au désir de Sainval jecède, oui, je l'épouse.

EUGÉNIE

C'est arrêté ?

Mad. SAIIVT-GÉRAN.

c'est dit.

EUGÉNIE

Sainval sera content.

Mad. SAIIST-GÉRAN.

Je vais mettre un chapeau, ton procureur m^altend : Nous avons à causer, et dans la matinée j Chez les juges je veux faire aussi ma tournée j Sans adieu.

EUGÉNIE

Dis-moi donc , ma tante j, si Dermon Ce matin, par hasard, venait dans la maison, Sans cesse tu l'entends , il se plaint, il soupire, Je suis embarrassée , et ne sais que lui dire ; 11 est à tout moment à me parler d'amour.

Mad. SAINT- GÉRAN.

On use , dans ce cas , ma chère , de détour ,

lo l'amour et le procès;

On ne dit mot : Cx^aint-on de paraître impolie,

On parle du beau tems , que sais-je ? de la pluie j

On plaisante, et sachant saisir roccasiou ,

On détourne avec art la conversation :

De cette leçon-là , souviens-toi bien, ma chère.

Je ne l'oublirai pas, ma tante, jeTespère, Dermon peut avec moi causer quand il voudra, La pluie et le beau tems ! je ne sors pas de là .

Mad. SAINT-GÉRAN.

Amuse-t-en un peu, c'est très-bien, chère amie j Mais du procès surtout, pas le mot, je t'en prie,

EUGENIE.

Sois tranquille.

( Madame Saint- Géran sort. )

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