‹ [Pièces de théâtre, 1820-1822]Chapitre 216 sur 453 · SCENE xr · texte numérisé non relu

SCENE xr

Mais je déclare ici , que toute ma fortune,

Ne m'appartient plus seul, et leur devient commune;

Que pour elles, s'il faut, je veux me ruiner;

Que je prétends user du droit de leur donner.

Et que nul autre enfin, ne leur rendra service,

Je t'excepte Dermon, et c'est une justice.

Mad. SAI^T-GÉRAN.

L'aspect de mon malheur n'a donc pu le changer.

DERMOIV.

Trop heureux , mon ami, lu peux les obliger,

Mais la fortune, hélas ! l'amour. . . tout m'est contraire ;

Et l'offre de mon cœur ne pourrait que déplaire. . .

Adieu.

( // s'éloigne pas h pas , en tournant sans cesse les yeux i^ers Eugénie. )

Mad. sAiiNT-GÉRAN, àyy^r^.

C'en est assez ; cédons à leur désir ! ( Haut )

Heureux qui, comme moi , se forgeant à plaisir,

Ou des revers fâcheux , ou des peines cruelles ,

Eprouve ses amis, et les trouve fidèles!

SAiNVAL.

Qu'est-ce Ji dire ?

Mad. saint-géran.

Sainval , je vous donne ma main.

{^à sa nièce )

Et toi,, de ion procès , je t'annonce le gain, Il est gagné , ma nièce.

EUGÉNIE

Ah ! quel bonheur extrême !

( D'une voix nnimée , et courant après Dermon, ) J'ai gagné mon procès. . . Eh ! Dermon, je vous aime.

42 l'amour et le procès.

»ERlMON.

Ail ! épétez encor j n'est-ce pas une erreur?

EUGÉNIE

Oui , Dermon , je vous aime , et le dis de bon cœur.

DEr.MON , a Mad. Saint-Gtran.

Madame, mes malheurs égalent ma tendresse j Mais m'accorderez»vous la main de votre nièce.

Mad. SAIN'T-OÉRAN.

Oui, j'y consens, Dermon ^ devenez son époux.

DERMON.

Et mon ami Sainval . . .

Mad. SAINT-GÉRAN,

Est chéri comme vous.

Que ces aveux, Messieurs^ n'éteignent pas vos flammes, Yous savez à présent le secret 4le nos âmes.

EUGÊNFE.

Puissiez -vous nous aimer , c'est là tout notre espoir , Gomme vous nous aimiez avant de le savoir.

FIN

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