SCENE xr
Mais je déclare ici , que toute ma fortune,
Ne m'appartient plus seul, et leur devient commune;
Que pour elles, s'il faut, je veux me ruiner;
Que je prétends user du droit de leur donner.
Et que nul autre enfin, ne leur rendra service,
Je t'excepte Dermon, et c'est une justice.
Mad. SAI^T-GÉRAN.
L'aspect de mon malheur n'a donc pu le changer.
DERMOIV.
Trop heureux , mon ami, lu peux les obliger,
Mais la fortune, hélas ! l'amour. . . tout m'est contraire ;
Et l'offre de mon cœur ne pourrait que déplaire. . .
Adieu.
( // s'éloigne pas h pas , en tournant sans cesse les yeux i^ers Eugénie. )
Mad. sAiiNT-GÉRAN, àyy^r^.
C'en est assez ; cédons à leur désir ! ( Haut )
Heureux qui, comme moi , se forgeant à plaisir,
Ou des revers fâcheux , ou des peines cruelles ,
Eprouve ses amis, et les trouve fidèles!
SAiNVAL.
Qu'est-ce Ji dire ?
Mad. saint-géran.
Sainval , je vous donne ma main.
{^à sa nièce )
Et toi,, de ion procès , je t'annonce le gain, Il est gagné , ma nièce.
EUGÉNIE
Ah ! quel bonheur extrême !
( D'une voix nnimée , et courant après Dermon, ) J'ai gagné mon procès. . . Eh ! Dermon, je vous aime.
42 l'amour et le procès.
»ERlMON.
Ail ! épétez encor j n'est-ce pas une erreur?
EUGÉNIE
Oui , Dermon , je vous aime , et le dis de bon cœur.
DEr.MON , a Mad. Saint-Gtran.
Madame, mes malheurs égalent ma tendresse j Mais m'accorderez»vous la main de votre nièce.
Mad. SAIN'T-OÉRAN.
Oui, j'y consens, Dermon ^ devenez son époux.
DERMON.
Et mon ami Sainval . . .
Mad. SAINT-GÉRAN,
Est chéri comme vous.
Que ces aveux, Messieurs^ n'éteignent pas vos flammes, Yous savez à présent le secret 4le nos âmes.
EUGÊNFE.
Puissiez -vous nous aimer , c'est là tout notre espoir , Gomme vous nous aimiez avant de le savoir.
FIN