LEGER
(^Madame de Saini-Leger est un peu en aç>ant du seuil de la porte de son appartement , en vue du public; elle a jeté son voile de côté .^ de Jaçon que Saint- Léger avancerait la tête ^ qu 'il lui serait impossible de voir son visage. Lisette est enWelle et Ernest. )
LISETTE, bas à Madame de Saint-Léger.
.Yotre mari est là.
ERNEST, à part.
Quel trouble! {Bas à Saint-Léger), Mon
ami.... voilà que mon mal me reprend.... je ne peux plus parler.
SCENEXXVI. ;45
SAINT-IEGER, bas.
Tâche de te remettre.
LISETTE, à Ernest.
Ma maîtresse espère que vous n'abuserez pas d'une démarche à laquelle la nécessite l'a forcée. Elle a besoin d'un ami , d'un protecteur....
SAINT- LEGER, has à Ernest, Pars. { Soufflant Ernest ) « Charmante Adèle»!
ERNEST, répétant ce que Saint- Léger lui souffle (i)»
« Charmante Adèle !....
SAINT-LEGER, le souf fiant,
« Un moment a suffi....
( On ¥oity au mouoemeni des lèore» de Saint-Leger^ quil continue de soufjler Ernest. )
ERNEST , repétant.
« Un moment a suffi pour embraser mon cœur de tous les feux de l'amour. »
SAIMT-LÉGER.
Bon ! ( Il continue de souffler bas).
ERNEST
^ « Je vous chéris... je vous adore.... Cette grâce » enchanteresse, ces yeux charmans..., tout vous » est garant de ma fidélité... Oui... je veux être }> pendu, si.iV»
(Se reprenant ^ et joignant les mains. )
Ahî pardon! pardon! je m'égare..;. Le respect...
SAINT- LEGER , à part.
Le respect !... Allons, il ne sait plus ce qu'il dit.'
ERNEST, de lui-même.
Je suis timide, sans expérience... j'aime pour
(i) Tout ce que répète Ernest est guillemeté.
.ir^ LE MARI ET L' A M A N 1%
la première fois... nan , pour la seconde ; il ne faut pas mentir... Ma petite cousine était si jolie !...
SAINT- LEGER, bas à Emest, en le tirant par son
habit.
Qu'est-ce que la petite cousine a affaire là ?
ERNF-^T, de hd-niême.
Mais vous, Mademoiselle, vous étesbelle ; vous 'étesbonne aussi , j'en suis sûr... vous pardonnerez à tna témérité... je n'ai pu résister à ta^it de charmes, à tant de grâces, au sonde cette voix si douce qui retentit encore au fond de mon cœur.
SAINT-LEGER 5 à part.
Pas mal. i . .-vv j
c » f.rNest, s' animant^ et toujours de lui-même.
Ah ! que je l'entende, qu'elle me rîiib^sure.... Ditesmoi que vous acceptez mes services, que je suis •votre chevalier.
M*"'. DE SAINT- LEGER à Lisette^ ai déguisant sa Ma bonne.... je ne sais si je dois...
( £//e pasie à C oreille de Lisette, )
SMNï-LEGER, à part Je crois qu'elle a dit : Ma bonnt..*.'X-^^^^' ) Comme elle joue l'innocente !
Ktj ERNiST, ^«5 à Saint-Léger.
Mon ami 7 elles se consultent.
SAINT-LEGER, bas, '^ •
P!es»e , presse. ( Le soufflant. ) « Charmante ^ Adèle , j'attends mon arrêt.
•' ERNEST
» Charmante Adèk, j^attends lïiôn arrêt.
LISETTE, à Mudarne de Saint-Léger ^ en jouant
t' émotion.
Quoi l vous èit^ sûre ?... ISous sommes perdaesf
EBNïfsr.
Que vQiileE-vous dire i*
LISKTTE.
Madcnioisello a vu passer sous ses fenêtres son tuteur et son prétendu; ils cherclient, ils s'informent ; ils vont découvrir notre retraite.
ERNEST, viçemerU,
Mademoiselle î Mademoiselle !... une grâce,... une seule grâce L., Permettez-moi, s'il vous plaît , de me battre avec votre futur et votre tuteur.
LISETTE
Non ; mais il faut fuir, il faut nous retirer che?: cette respectable parente.... Comment échapper?... m"" . DE SAiNT-LEGEii, à demi~volx, Ernest. ...
EUNEST, has à Saini'Leger.
Mon ami ! elU a dit Ernest , tout court.
SAINT-LEGER
Bon! mais... {Le soufjîant.) « Fiez-vouç à ma foi ; je ne vous quitte pas.
ERNEST
« Je ne vous quitte pas. » Je vous conduis chez Totre parente , et malheur à qui oserait s'y opposer.
y pcnsiE-vous? Si jeune ! cela ne se peut.
SAiNT-LiGER, bas à Ernest.
Dis que tu as un ami, un homme respectable.
ERNEST
««^ J'ai un ami, un homme respectable...
SAINT-LEGER, le SOufJlaut,
Un viçyx garçon de vingt-six ans...
48 LEMARIE L* AMANT,
ERNEST , répétant, « Un vieux garçon de vingt-six ans... »
SAINT-LEGER, à part.
Je me fais garçon parce qu'on ne sait pas ce (Jui peut arriver.
ERNEST
C'est mon ami, mon Mentor; il nous aecompagnera. Un moment suffit pour préparer la chaise, et nous vous conduirons au bout du monde.
iilSETTE.
Acceptez, mademoiselle ; son çieil ami àoii vous rassurer, (i)
SAINT-LEGER, à part.
Allons, elle se moque....
M™% DE SAINT-LEGER, d'une volx faible.
Non... je ne puis...
SAINT- LEGER, has à Ernest»
Insiste donc. A genoux, ferme !
ERNESTj se jetant aux genoux de Madame de
Saint-Léger.
Je tombe à vos pieds: ne me refusez pas, songez qu'il y va de la vie du tuteur et du futur ... Je tue tout le monde d'abord, si vous ne consentez....
SAINT-LEGER, à part., en se frottant les mainsi Comme un ange ! il ne faut que le lancer.
M"% DE SAINT-LEGER
Que faire '^,
LISETTE
Cédez, mademoiselle, par pitié pour votre futur et votre tuteur.
», (i) LiseUe, madame de Saint-Léger, Ernesi, Saint- Léger.
M™". DE SAINT-LEGEÏU
Eh bien!... je...
SAINT-LEGER, à Emest.
Baise la main, el puis, vivement. {Le soufflant.) « Ah! mademoiselle. »
ERNEST, répétant^ en hnisant la main de Madame de Saint-Léger, « Ah! mademoiselle!... »
SAINT' LEGER, à part.
Bien! bien!
ERNEST
Je suis le plus heureux des hommes ! Mon amour, mon respect... Permettez encore... (7/ veirt baiser la main denoiweau.)
(i) LISETTE, laiTeiant.
Doucement ! assez d'amour et de respect comme cela. (^A Madame de St.-Leger, ) Rentrez, madenloisdle. ( Madame de St.- Léger rentre virement, Lisette pousse la porte. Saint-Léger qui s'est jette sur le canapé , se pâme de rire. )