‹ [Pièces de théâtre, 1820-1822]Chapitre 240 sur 453 · LEGER · texte numérisé non relu

LEGER

(^Madame de Saini-Leger est un peu en aç>ant du seuil de la porte de son appartement , en vue du public; elle a jeté son voile de côté .^ de Jaçon que Saint- Léger avancerait la tête ^ qu 'il lui serait impossible de voir son visage. Lisette est enWelle et Ernest. )

LISETTE, bas à Madame de Saint-Léger.

.Yotre mari est là.

ERNEST, à part.

Quel trouble! {Bas à Saint-Léger), Mon

ami.... voilà que mon mal me reprend.... je ne peux plus parler.

SCENEXXVI. ;45

SAINT-IEGER, bas.

Tâche de te remettre.

LISETTE, à Ernest.

Ma maîtresse espère que vous n'abuserez pas d'une démarche à laquelle la nécessite l'a forcée. Elle a besoin d'un ami , d'un protecteur....

SAINT- LEGER, has à Ernest, Pars. { Soufflant Ernest ) « Charmante Adèle»!

ERNEST, répétant ce que Saint- Léger lui souffle (i)»

« Charmante Adèle !....

SAINT-LEGER, le souf fiant,

« Un moment a suffi....

( On ¥oity au mouoemeni des lèore» de Saint-Leger^ quil continue de soufjler Ernest. )

ERNEST , repétant.

« Un moment a suffi pour embraser mon cœur de tous les feux de l'amour. »

SAIMT-LÉGER.

Bon ! ( Il continue de souffler bas).

ERNEST

^ « Je vous chéris... je vous adore.... Cette grâce » enchanteresse, ces yeux charmans..., tout vous » est garant de ma fidélité... Oui... je veux être }> pendu, si.iV»

(Se reprenant ^ et joignant les mains. )

Ahî pardon! pardon! je m'égare..;. Le respect...

SAINT- LEGER , à part.

Le respect !... Allons, il ne sait plus ce qu'il dit.'

ERNEST, de lui-même.

Je suis timide, sans expérience... j'aime pour

(i) Tout ce que répète Ernest est guillemeté.

.ir^ LE MARI ET L' A M A N 1%

la première fois... nan , pour la seconde ; il ne faut pas mentir... Ma petite cousine était si jolie !...

SAINT- LEGER, bas à Emest, en le tirant par son

habit.

Qu'est-ce que la petite cousine a affaire là ?

ERNF-^T, de hd-niême.

Mais vous, Mademoiselle, vous étesbelle ; vous 'étesbonne aussi , j'en suis sûr... vous pardonnerez à tna témérité... je n'ai pu résister à ta^it de charmes, à tant de grâces, au sonde cette voix si douce qui retentit encore au fond de mon cœur.

SAINT-LEGER 5 à part.

Pas mal. i . .-vv j

c » f.rNest, s' animant^ et toujours de lui-même.

Ah ! que je l'entende, qu'elle me rîiib^sure.... Ditesmoi que vous acceptez mes services, que je suis •votre chevalier.

M*"'. DE SAINT- LEGER à Lisette^ ai déguisant sa Ma bonne.... je ne sais si je dois...

( £//e pasie à C oreille de Lisette, )

SMNï-LEGER, à part Je crois qu'elle a dit : Ma bonnt..*.'X-^^^^' ) Comme elle joue l'innocente !

Ktj ERNiST, ^«5 à Saint-Léger.

Mon ami 7 elles se consultent.

SAINT-LEGER, bas, '^ •

P!es»e , presse. ( Le soufflant. ) « Charmante ^ Adèle , j'attends mon arrêt.

•' ERNEST

» Charmante Adèk, j^attends lïiôn arrêt.

LISETTE, à Mudarne de Saint-Léger ^ en jouant

t' émotion.

Quoi l vous èit^ sûre ?... ISous sommes perdaesf

EBNïfsr.

Que vQiileE-vous dire i*

LISKTTE.

Madcnioisello a vu passer sous ses fenêtres son tuteur et son prétendu; ils cherclient, ils s'informent ; ils vont découvrir notre retraite.

ERNEST, viçemerU,

Mademoiselle î Mademoiselle !... une grâce,... une seule grâce L., Permettez-moi, s'il vous plaît , de me battre avec votre futur et votre tuteur.

LISETTE

Non ; mais il faut fuir, il faut nous retirer che?: cette respectable parente.... Comment échapper?... m"" . DE SAiNT-LEGEii, à demi~volx, Ernest. ...

EUNEST, has à Saini'Leger.

Mon ami ! elU a dit Ernest , tout court.

SAINT-LEGER

Bon! mais... {Le soufjîant.) « Fiez-vouç à ma foi ; je ne vous quitte pas.

ERNEST

« Je ne vous quitte pas. » Je vous conduis chez Totre parente , et malheur à qui oserait s'y opposer.

y pcnsiE-vous? Si jeune ! cela ne se peut.

SAiNT-LiGER, bas à Ernest.

Dis que tu as un ami, un homme respectable.

ERNEST

««^ J'ai un ami, un homme respectable...

SAINT-LEGER, le SOufJlaut,

Un viçyx garçon de vingt-six ans...

48 LEMARIE L* AMANT,

ERNEST , répétant, « Un vieux garçon de vingt-six ans... »

SAINT-LEGER, à part.

Je me fais garçon parce qu'on ne sait pas ce (Jui peut arriver.

ERNEST

C'est mon ami, mon Mentor; il nous aecompagnera. Un moment suffit pour préparer la chaise, et nous vous conduirons au bout du monde.

iilSETTE.

Acceptez, mademoiselle ; son çieil ami àoii vous rassurer, (i)

SAINT-LEGER, à part.

Allons, elle se moque....

M™% DE SAINT-LEGER, d'une volx faible.

Non... je ne puis...

SAINT- LEGER, has à Ernest»

Insiste donc. A genoux, ferme !

ERNESTj se jetant aux genoux de Madame de

Saint-Léger.

Je tombe à vos pieds: ne me refusez pas, songez qu'il y va de la vie du tuteur et du futur ... Je tue tout le monde d'abord, si vous ne consentez....

SAINT-LEGER, à part., en se frottant les mainsi Comme un ange ! il ne faut que le lancer.

M"% DE SAINT-LEGER

Que faire '^,

LISETTE

Cédez, mademoiselle, par pitié pour votre futur et votre tuteur.

», (i) LiseUe, madame de Saint-Léger, Ernesi, Saint- Léger.

M™". DE SAINT-LEGEÏU

Eh bien!... je...

SAINT-LEGER, à Emest.

Baise la main, el puis, vivement. {Le soufflant.) « Ah! mademoiselle. »

ERNEST, répétant^ en hnisant la main de Madame de Saint-Léger, « Ah! mademoiselle!... »

SAINT' LEGER, à part.

Bien! bien!

ERNEST

Je suis le plus heureux des hommes ! Mon amour, mon respect... Permettez encore... (7/ veirt baiser la main denoiweau.)

(i) LISETTE, laiTeiant.

Doucement ! assez d'amour et de respect comme cela. (^A Madame de St.-Leger, ) Rentrez, madenloisdle. ( Madame de St.- Léger rentre virement, Lisette pousse la porte. Saint-Léger qui s'est jette sur le canapé , se pâme de rire. )

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