‹ [Pièces de théâtre, 1820-1822]Chapitre 245 sur 453 · SETTE · texte numérisé non relu

SETTE

Elle craint de rougir devant vous.

SAINT LEGER

La pauvre pelite ! Mais je la verrai : sa niaîa

elle-même sou lèvera ce voile jaloux J'aurai l'air

de croire qu'elle n'est pas Jolie. La voici.

LISETTE

l'n air grave!

SAINT LEGER

Sois tranquille.

LISETTE

Je cours chercher les cartons.

( El/e rentre dans l' appartement. )

SCENEXXXIL

S/VINT-LEGER, Madame DE SAINÏ-LEGER. {Son

voile est baissé.')

SAINT-LEGER, se composant^ et faussant à plusieurs reprises pour cacher son rire.

Mademoiselle ( Il fait un grand salut. ) que

la gravité de mon caractère, ce nom de philosophe et de moraliste qu'on se plaît à me donner, ne vous effraient pas , je vous en supplie. Si je suis partisan de l'autorité paternelle , si j'aime à re-

connaître les droits sacrés d'un père sur ses enfans. .. {^ part. ) Elle a le pied plus joli que celui de ma femme. ( Haut) En revanche, je hais les tuteurs, et surtout les prétendus qui veulent épouser les jeunes personnes malgré elles. ( Toussant , et s' efforçant de s empêcher de rire, ) Je professe le respect le plus profond pour les vieilles parentes qui donnent asile à l'innocence et à la beauté persécutées. {A part.) Voyons la main. {Haut^ en lui prenant la mam. ) C'est donc dans les bras de cette grande maman, ou tante, comme vous voudrez , qu'Ernest et moi allons nous empresser de vous conduire. ( A part , regardant la main, ) Charmante! {Haut.) J'approuve Tamour de ce jeune homme ; et, si les convenances de fortune et de famille s'accordent avec le sentiment sympathique qui s'est emparé de vos cœurs, je vous unis, et j'appelle sur ce lien fortuné la bénédiction de la respectable parente.

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