ACTE II, SCÈNE III
LE BARON
Qui se font bien payer.
LE CHEVALIE R.
Puis les pièces sont prêtes.
Au prince voulez-voius que l'on fasse un rapport ? Il faut que pour ce soir vous m'apportiez votre or.
LE BARON
Que font-ils tant pour moi?... Si le prince, qui m'aime,
Le veut, j'aurai les biens par le testament même :
Certain article dit, très-positivement,
Que si le cher neveu ne vit pas noblement,
De la noble famille il faut qu'on le retranche ,
Et qu'on donne les biens, le titre à l'autre branche,
LE CHEVALIER
C'est on ne peut pas mieux ; mais il n'est pas un fait Qui montre le neveu comme un mauvais sujet,
LE BARON
Et peut-il de son rang avoir le caractère .î'
LECHEVALIER
J'en conviens; cependant c'est une preuve à faire.
LE BARON
Le testament est clair , mais en l'interprétant.
LE CHEVALIER
C'est pour l'interpréter que l'on veut de l'argent.
LE BARON
La volonté du prince est toujours la justice.
LE CHEVALIER
Pour le faire vouloir , il faut un sacrifice.
LE BARON
Supposons dans les mœurs un peu d'abjection.
La Fille dlwPMeur ^ 3^ édit, 3
LE CHEVALIER
Eh bien ! il faut payer la supposition. Ainsi , tout compte fait , pour appuyer la cause , Il faut pour l'interprète, et celui qui suppose. Et le crédit qu'auprès du prince on peut avoir , Et pour la volonté de le faire vouloir. Quatre mille ducats, sans délai ni remise, Que Ton distribuera; mais par mon entremise.
LE BARON. -
Quatre mille ducats ! je n'ai pas un écu.
LE C H E VA LIER
On trouve de l'arofent avec un bon reçu.
LE BARON
Mais, de tous nos banquiers, en est-il un qui prête
LE CHEVALIER
Nous obliger, pour eux devrait être une dette.
LE BARON
J'ai bien ici quelqu'un ; un riche commerçant.
LE CHEVALIER
Bene : ces messieurs-là sont toujours en argent.
LE BARON
C'est un original; de Charles c'est le père.
LE c HEVAL 1ER.
A cet original il faut chercher à plaire. Il peut nous avancer....
LE B A R ON , ^« riant.
Tantôt il s'est vanté D'aimer avec excès les gens de qualité. Il leur prête, dit-il, avec magnificence.