ACTE II, SCÈNK II
princesses de tous les cercles d'Allemagne : j'ai dans l'idée qu'il épousera tout simplement la fille d'un bon gentilhomme.
VOLBERG.
Ma sœur , je connais tel bon gentilhomme qui ne s'estime pas moins noble que le prince régnant.
LE BARON
Quoi î VOUS pensez que son altesse pourrait
VOLBERG.
Que trouvez-vous donc de si extraordinaire à cela ,• attendez donc , il me souvient d'avoir lu dans le tome iv des Mémoires de notre famille , qu'en quinze cent , le prince Rodolphe épousa en légitime mariage Catherine Belford . vnie de nos aïeules qui n'était pas princesse , mais qui était fille d'un bon gentilhomme.
LA BARONNE
Vu cet exemple , et attendu que nous sommes tous d'accord sur les conséquences qui peuvent résulter de l'envoi de la corbeille , il devient urgent de suspendre le mariage du jeune officier avec Irma.
MOLEN
Suspendre n'est pas le mot , c'est rompre qu'il faut dire.
LA BARONNE
N'allons pas si vite, s'il vous plaît Edgard pourrait
encore obtenir l'agrément du Prince.
C'est ce que je ne crois point ; mais , dans tous les cas , suspendons et ne rompons pas.
LA BARONNE
Cette ohère Irma î qui aurait pu se douter qu'elle
était appelée à une si brillante fortune ?
aa LE PRÉSENT DU PRINCE,
VOLBERG.
Ce n'est certainement pas vous , ma sœur , car vous l'auriez traitée avec plus d'égards.
LA BARONNE *
Plus d'égards ! et de quoi a-l-elle manqué depuis que son père , par testament , nous a chargés d'en avoir soin?
VOLBERG.
Vous ne lui donnez que bien rarement une parure nouvelle.
MOLEN
Vous ne la menez jamais au bal.
VOLBERG.
Enfin , vous avez l'air d'en être jalouse.
LA BARONNE
Jalouse ! moi , jalouse 1 moi qui la traite comme ma fille , tandis que vous la regardez comme une étrangère. Vous a-t-on jamais vu lui adresser une parole flatteuse ?
C'est un défaut d'être flatteur.
LA BARONNE
Mauvais cœurs , vous voudriez bien , aujourd'hui que la fortune change , avoir mieux agi avec elle j au reste , Irma saura nous juger.
MOLEN
Vous m'avez dit à moi qu'elle n'avait pas de jugement.
LA BARONNE
Son esprit
VOLBERG.
Vous m'avez répété cent fois que c'était une sotte.
LA BARONNE
Son cœur
* Ici la scène change de mouvement : elle doit être jouée avec beaucoup de vivacité'.