ACTE III, SCÈNE V
LE PRINCE
Je VOUS ai dit que je n'étais ici que le professeur Meinau.
EDGARD
Le professeur Meinau , mon parent , a droit à ma défe'lence.
LE PRINCE
Terminons ce débat.... Je renonce à mes avantages.
EDGARD
Puisque son altesse me cède si gracieusement son droit, je vais en faire usage. Prince , le nom et la qualité que vous avez pris en entrant dans ce château sont sur le point de vous attirer quelques légers désagrémens : le professeur est un criminel d'état pi a , dit-on , écrit contre votre altesse, et la justice est à sa poursuite.
Eh bien! que craignez- vous ?
EDGARD
Je suis obligé de vous avertir qu'on est déjà venu pour s'emparer de votre personne.... Si vous tenez à ne pas vous découvrir, il est urgent pour vous de vous échapper à l'instant.
LE PRINCE
Je vous suis obligé , Edgard.
EDGARD
Je sens qu'il vous en coule d'abandonner ces lieux , où votre cœur se livrait aux plus douces espérances j mais le professeur Meinau qui a de la philosophie pour tout le inonde, en conserve sans doute un peu pour lui , et ira se consoler dans un palais des disgrâces qui lui arrivent dans un château. ^
LE PRINCE
Edgard , je veux reconnaître sur-le-champ vos bons procédés envers le malheureux Meinau.... Comme le Prince doit bientôt venir, on vous prie de quitter ces lieux où son
cœur se livre aux plus douces espérances 5 vous avez trop d'esprit pour ne pas sentir qu'il serait peu convenable qu'il vous trouvât sur son chemin.... Le baron vous donne congé.
EDGARD, vivement.
Et moi , je vous donne ma démission. Prince , voilà mon brevet de capitaine.
LE PRINCE
Comment, vous renoncez à votre état? {Il prend le brevet.) Eh bien ! soit , «^ compter de demain , vous n'êtes plus capitaine de mes gardes.
Vous n'avez plus d'humiliation à me faire supporter ?
LE PRINCE
Edgard , vous serez de la suite du Prince , quand il paraîtra dans ce château.
( Edgard se retire respectueusement. )