‹ [Pièces de théâtre, 1820-1822]Chapitre 300 sur 453 · ACTE III, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE V

LE PRINCE

Je VOUS ai dit que je n'étais ici que le professeur Meinau.

EDGARD

Le professeur Meinau , mon parent , a droit à ma défe'lence.

LE PRINCE

Terminons ce débat.... Je renonce à mes avantages.

EDGARD

Puisque son altesse me cède si gracieusement son droit, je vais en faire usage. Prince , le nom et la qualité que vous avez pris en entrant dans ce château sont sur le point de vous attirer quelques légers désagrémens : le professeur est un criminel d'état pi a , dit-on , écrit contre votre altesse, et la justice est à sa poursuite.

Eh bien! que craignez- vous ?

EDGARD

Je suis obligé de vous avertir qu'on est déjà venu pour s'emparer de votre personne.... Si vous tenez à ne pas vous découvrir, il est urgent pour vous de vous échapper à l'instant.

LE PRINCE

Je vous suis obligé , Edgard.

EDGARD

Je sens qu'il vous en coule d'abandonner ces lieux , où votre cœur se livrait aux plus douces espérances j mais le professeur Meinau qui a de la philosophie pour tout le inonde, en conserve sans doute un peu pour lui , et ira se consoler dans un palais des disgrâces qui lui arrivent dans un château. ^

LE PRINCE

Edgard , je veux reconnaître sur-le-champ vos bons procédés envers le malheureux Meinau.... Comme le Prince doit bientôt venir, on vous prie de quitter ces lieux où son

cœur se livre aux plus douces espérances 5 vous avez trop d'esprit pour ne pas sentir qu'il serait peu convenable qu'il vous trouvât sur son chemin.... Le baron vous donne congé.

EDGARD, vivement.

Et moi , je vous donne ma démission. Prince , voilà mon brevet de capitaine.

LE PRINCE

Comment, vous renoncez à votre état? {Il prend le brevet.) Eh bien ! soit , «^ compter de demain , vous n'êtes plus capitaine de mes gardes.

Vous n'avez plus d'humiliation à me faire supporter ?

LE PRINCE

Edgard , vous serez de la suite du Prince , quand il paraîtra dans ce château.

( Edgard se retire respectueusement. )

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