‹ [Pièces de théâtre, 1820-1822]Chapitre 31 sur 453 · ACTE II, SCÈNE Vil · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE Vil

EDMOND

On assure que non.

Si sa femme intrigua, c'est pendant son absence 5 A son retour, il trouve et faveur, et puissance; Mais qu'il n'a cru devoir qu'à d'illustres amis ; Et , dès qu'à cette cour il est encor admis , Il doit trouver tout simple aujourd'hui que sa nièce Soit de même appelée auprès de la princesse : Enfin , à cette intrigue on le croit étranger.

CHARLES

Quoi.... !

EDMOND

C'est un chevalier qui sut tout arranger ; Un intrigant bouffon , qui se dit gentilhomme , Et qui, pour le prouver, veut vous mener à Rome. Je veux l'y renvoyer ; et je vais aujourd'hui Lui prouver qu'on peut être aussi plaisant que lui.

CHARLES

A ma cousine, au moins, le public rend justice ?

EDMOND

Vit-on jamais du mal l'innocence complice ! Mais on doit redouter le piège qu'on lui tend. Je veux voir notre Emma, l'éclairer doucement. Pour préparer mon plan , je te demande une heure : Songeons à m'installer d'abord dans ta demeure.

CHARLES

On ne peut être mieux installé désormais ; On a sur votre bien les plus nobles projets : Le baron qui vous aime et me chérit en père , Se réjouit du prêt que vous allez lui faire.

4o LA FILLE D'HONNEUR.

EDMOND

Bien ! il me fait plaisir d'avoir compté sur moi. O métal séducteur! je vais, grâces à toi , Pénétrer aujourd'hui le secret de famille, Et ravir au péril ma jeune et noble fille.

CHARLES

Oui , c'est bien votre fille ! Elle accourt en chantant.

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