‹ [Pièces de théâtre, 1820-1822]Chapitre 33 sur 453 · ACTE II, SCENE VIIl. /[r · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE VIIl. /[r

Et qui craignais souvent d'ajouter une fleur Au modeste tissu donné par mon tuteur.

CHARLES, a^fec un peu d'humeur.

Ah! sous ce simple habit, vous étiez bien plus belle!

EMMA, piquée.

Je ne le suisdonc plus?

CHARLES

Pardon , mademoiselle.

EMMA

Monsieur, vous n'êtes pas avec moi très-galant,

EDMOND , a Charles.

Pourquoi donc chagriner cette jolie enfant ?

EMMA^ ai^ec une colère contrainte.

Est-il donc singulier que l'écrin qu'on m'envoie, Que ces riches présents me donnent de la joie : Et fais -je donc un crime en montrant le plaisir Que fait naître en mon cœur un heureux avenir ?

EDMOND

Mon cher fils est un fou , qui suppose peut-être Que Ton va vous aimer en vous voyant paraître.

fbas à Emma , en passant auprès d'elle.J

Je crains, ma chère enfant, qu'il ne soit très-jaloux. Tous nos jeunes seigneurs

EMMA

Doivent être des fous.

E DMOND.

Mais il en est pourtant qui sont très-agréables.

EMMA

Je ne les connais pas. Parmi les plus aimables,

Pas un seul n'obtiendra le quart de l'intérêt Que j'ai pour votre fils , pour ce mauvais sujet.

CHARLES

Ah î obère Emma ! mon cœur. ...

EMMA

' Il veut qu'on me présente

Vêtue en jeune fille et sans robe traînante.

CHARLES

Pardon !

EMMA, a Edmond.

Pour le punir , j'ordonne que ce soir , Quand je serai parée, il vienne ici me voir , Et que sur ma beauté même il me complimente

(en riant. J

Dût-il ce soir aussi complimenter ma tante.

EDMOND

Nous ne vous quittons plus, morbleu! de tout le jour. Nous rirons avec vous.. . . comme on rit à la cour.

EMMA , elle pose son écrin sur un fauteuil. A propos des plaisirs qu'on a chez la princesse , Je sais comment on doit aborder son altesse; Voilà comme on m'a dit qu'il fallait me tenir.

felle se redresse.)

Il faut bien m'essayer avant d'y parvenir;

Dans ma démarche aussi je dois chercher la grâce ;

Et faire aux assistants une aimable grimace.

CHARLES

Quoi! VOUS.... ?

EMMA

Monsieur croit donc que l'on arrive là Comme chez tout le monde , en disant : Me voilà !

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