ACTE II, SCÈNE II. 3c
Mais les plaisirs qu'elle a dans son triste ermitage,
On les trouve à la ville , aussi bien qu'au village. Jcumueten.
f 1 O (/.g J\l,ne Doi '
Ju£^ez-en par ce trait que je vais vous citer. ml, qui/ait si-
, gne à Delcour
J étais dans sa retraite allé la visiter, de se taire, et
■,.--.,, . ce dernier qui
Et je la plaisantais un jour sur sa manie persisteàpar-
De mener , loin du monde , une insipide vie.
« Faite pour embellir les salons de Paris.
« Pouvez-vous, lui disais-je, habiter ce pays? ^
« Quels y sont vos plaisirs .^ « Au lieu de me répondre,
Suivez-moi, me dit-elle, et je vais vous confondre.
En achevant ces mots , elle me tend la main ;
Nous traversons le parc , et nous gagnons enfin
Un pavillon masqué d'une longue avenue.
Un spectacle enchanteur s'offre alors à ma vue.
Mes regards sont fixés sur de jeunes enfans
En silence occupés de travaux différens*.
Leur douceur me séduit ; ce sont de jeunes filles
Qu'assiégeait le besoin au sein de leurs familles.
Une femme, que dis-je? un ange de bonté
Eut pitié de leur âge et de leur pauvreté.
Depuis qu'elle a chez elle accueilli leur misère ,
Elle a pour ces enfans tous les soins d une mère j
Dirige leurs travaux ^ et partage leurs jeux.
Long-temps, sans être vus, nous les suivons des yeux.
Un mouvement léger de mon aimable guide
Trahit notre présence, et leur foule timide
Mk|s pieds aussitôt s'élance en même temps ,
Et la presse à Fenvi de ses bras caressans.
J'étais tout attendri d'une scène si belle,
Quand; se tournant vers moi : «Vous voyez , me dit-eile ,
«Que de me plaire ici j'ai trouvé le moyen? « On 5'amuse partout quand on y fait du bien. »
GERMON
Que ce trait est touchant!
LA COMTESSE
Le charmant caractère !
LA MARQUISE
Que cette femme-là doit être bonne mère !
{Madame Dorvalfait un mouvement^ Vous avez dit, Monsieur, que nous la connaissions.
BELCOUR
^Beaucoup ; mais je ne puis vous la nommer.
LA COMTESSE
Allons!
Vous riez.
BELCOUR
Impossible !
LA COMTESSE
A quoi boo-ce mystère ?
Je veux savoir....
BELCOUR
.^ Oh ! non, j'ai promis de me taire. Moi , je ne puis parler sans indiscrétion • Slais Madame a le droit de vous dire son nom. LA COMTESSE ET LA MARQUISE, ensemble a M"i« Donnai, Quoi! Madame ! .... v
u^^ ïxyKyA.1.^ jouant Pejnbarras. ^ %
Pourquoi me mettez-vous en scènej^j^ C'est, vous le savez bien, me faire de la peine. ^W
BELCOUR
Vous m'accusez à tort. Quand je cite un beau trait , Est-ce ma faute, à moi, si l'on vous reconnaît?