‹ [Pièces de théâtre, 1820-1822]Chapitre 330 sur 453 · ACTE II, SCÈNE II. 3c · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE II. 3c

Mais les plaisirs qu'elle a dans son triste ermitage,

On les trouve à la ville , aussi bien qu'au village. Jcumueten.

f 1 O (/.g J\l,ne Doi '

Ju£^ez-en par ce trait que je vais vous citer. ml, qui/ait si-

, gne à Delcour

J étais dans sa retraite allé la visiter, de se taire, et

■,.--.,, . ce dernier qui

Et je la plaisantais un jour sur sa manie persisteàpar-

De mener , loin du monde , une insipide vie.

« Faite pour embellir les salons de Paris.

« Pouvez-vous, lui disais-je, habiter ce pays? ^

« Quels y sont vos plaisirs .^ « Au lieu de me répondre,

Suivez-moi, me dit-elle, et je vais vous confondre.

En achevant ces mots , elle me tend la main ;

Nous traversons le parc , et nous gagnons enfin

Un pavillon masqué d'une longue avenue.

Un spectacle enchanteur s'offre alors à ma vue.

Mes regards sont fixés sur de jeunes enfans

En silence occupés de travaux différens*.

Leur douceur me séduit ; ce sont de jeunes filles

Qu'assiégeait le besoin au sein de leurs familles.

Une femme, que dis-je? un ange de bonté

Eut pitié de leur âge et de leur pauvreté.

Depuis qu'elle a chez elle accueilli leur misère ,

Elle a pour ces enfans tous les soins d une mère j

Dirige leurs travaux ^ et partage leurs jeux.

Long-temps, sans être vus, nous les suivons des yeux.

Un mouvement léger de mon aimable guide

Trahit notre présence, et leur foule timide

Mk|s pieds aussitôt s'élance en même temps ,

Et la presse à Fenvi de ses bras caressans.

J'étais tout attendri d'une scène si belle,

Quand; se tournant vers moi : «Vous voyez , me dit-eile ,

«Que de me plaire ici j'ai trouvé le moyen? « On 5'amuse partout quand on y fait du bien. »

GERMON

Que ce trait est touchant!

LA COMTESSE

Le charmant caractère !

LA MARQUISE

Que cette femme-là doit être bonne mère !

{Madame Dorvalfait un mouvement^ Vous avez dit, Monsieur, que nous la connaissions.

BELCOUR

^Beaucoup ; mais je ne puis vous la nommer.

LA COMTESSE

Allons!

Vous riez.

BELCOUR

Impossible !

LA COMTESSE

A quoi boo-ce mystère ?

Je veux savoir....

BELCOUR

.^ Oh ! non, j'ai promis de me taire. Moi , je ne puis parler sans indiscrétion • Slais Madame a le droit de vous dire son nom. LA COMTESSE ET LA MARQUISE, ensemble a M"i« Donnai, Quoi! Madame ! .... v

u^^ ïxyKyA.1.^ jouant Pejnbarras. ^ %

Pourquoi me mettez-vous en scènej^j^ C'est, vous le savez bien, me faire de la peine. ^W

BELCOUR

Vous m'accusez à tort. Quand je cite un beau trait , Est-ce ma faute, à moi, si l'on vous reconnaît?

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