ACTE I, SCÈNE IIJ. aC
Des progrès étonnans en musique?
JULIE
Moi? Non.
CLAIRETTE
Non! c'est aussi trop loin pousser la modestie.
( a Jules. ) Etonnans, oui , monsieur, je vous le certifie.
( a part. ) Il faut l'aider un peu.
JULIE
Mais pour parler ainsi , Vous croyez donc pouvoir en juger?
CLAIRETTE
Dieu merci!
Pour sentir les beaux arts et leur céleste flamme, Vos maîtres disent tous qu'il ne faut que de lame ; Et, sans blesser personne , en fait d'ame, je croi Qu'il est fort peu de gens mieux partagés que moi. J'ignore ce qu'ici monsieur en veut conclure; Mais ce que vous niez est la vérité pure. Chantez; on verra bien...
JULIE
Es-tu folle ?
Pardon.
Je suis persuadé que Clairette a raison , Et, si je ne craignais que votre complaisance...
nô LES QUATRE AGES.
CLAIRETTE
Allons, mademoiselle, une simple romance. Ah ! vous chantez si bien la romance !...
JULIE
Voyons.
C'est trop donner les mains à vos préventions ; Pour les faire cesser il faut vous satisfaire.
CLAIRETTE
Eh bien! la modestie est vraiment exemplaire.
JULIE, au pupitre.
Qu'avez-vous donc ici?... Je connais ce rondeau Et cet air si touchant de l'opéra nouveau. Ceci...?
JULES
C'est un essai de musique naïve , Un chant simple et sans art, obscure tentative.
JULIE
Ce n'est pas connu?
JULES
Non.
Il me semble... En tout (;as, Je n'entreprendrai point, ne le connaissant pas...
IULES
C'est facile.
JULIE
De qui cette musique esr-elle?